‹ Les Orchidées, manuel de l'amateurChapitre 58 sur 112 · II. Bois, les Orchidées · texte numérisé non relu

II. Bois, les Orchidées

LES ORCHIDÉES ORNEMENTALES

larges, d'un vert brillant. Inflorescences allongées, formées de fleurs à sépales et pétales blanc crème, tachées de pourpre ; labelle étalé, maculé d'améthyste sur les lobes latéraux et sur les côtés du lobe médian, avec partie antérieure pourpre foncé. Eperon verdâtre. Fleurit en juin-juillet.

.33. falcatum Lindl. (en forme de faux). — Syn. : JE. Larpent.e Hort. — Xen. Orchid., l,t. 92. — Inde.

Belle plante ayant l'aspect de Y M. crispum, mais à feuilles d'un vert glauque, obtuses et mucronées. Grappes pendantes formées d'un grand nombre de fleurs blanches, ponctuées de pourpre cramoisi, avec l'extrémité des sépales et des pétales rose et la partie centrale du labelle rose foncé.

JE. Fieldingii Lindl. (de Fielding).— .Bety./ioW., 1876,t. 18 et 19. — Inde.

Très belle espèce à tige d'un mètre de hauteur, munie de de feuilles larges, longues de 25 centimètres, bilobées au sommet. Hampe souvent rameuse, atteignant jusqu'à un mètre de longueur, portant de nombreuses fleurs à odeur douce, grandes pour le genre, blanches, ponctuées de rose brillant et à labelle d'un beau rose. Fleurit de mai en juillet. Dure près d'un mois.

JE. GodefroyanumRchb. f. (de Godefroy).— Orchidophile, 1887, p. 241; Revue de Vhort. belge, 1891, p. 169. — Cochinchine.

Belle plante ayant l'aspect de Y JE. affine, à fleurs produites en grappes simples, de grandes dimensions, agréablement parfumées, d'un rose tendre avec le labelle triangulaire, blanc rosé, disque d'une belle couleur améthyste. Eperon anguleux, excessivement petit, ce qui caractérise cette espèce. Longue durée.

JE. Houlletianum Rchb. f. (de Houllet)— Xen. Orchid. ,3, t. 204 ; Illuslr. horl., 3* sér., t. 455 ; Bev. horl., 1891, p. 324 ; Y Orchidophile, 1890, p. 17. — Cochinchine.

Superbe espèce, rappelant quelque peu Y JE. virens par son port. Fleurs grandes, odorantes, en grappes denses, pendantes,

VAM1ÉES. — .ERIDES.

assez analogues à celles du JE. falcatum, mais à sépales et pétales jaune cannelle plus ou moins foncé, maculés au sommet de violet pourpré et ponctués de cette môme couleur. Labelle blanc, à partie antérieure violet purpurin, avec des ponctuations de même couleur. Eperon brun pâle, conique, égalant la moitié du limbe du labelle. Fleurit en mai-juin (fig. 99).

J-"Bo,s

Fj„. gr) — Erides Houllctianum.

JE. illustre Rchb. f. — Inde.

Plante voisine de JE. maculosum, supposé être un hybride naturel dont cette espèce serait l'un des parents. Les fleurs sont plus grandes que celles de JE. maculosum, blanches, teintées de lilas avec quelques macules sur les bords des pétales. Labelle d'une belle couleur améthyste pourpre, avec une macule allongée, purpurine, à la base du lobe médian, comme dans V/E. maculosum.

LES ORCHIDÉES ORNEMENTALES

JE. japonicum Linden et Rchb. f. (du Japon). — Bot. Mag., t. 5798 ; Illust. hort., 3» sér., t. 461. — Japon.

Jolie petite espèce de serre froide. Feuilles courtes, coriaces, bilobées. Grappe pendante, formée de 6 à 8 fleurs assez grandes, d'un blanc verdâtre, avec les sépales latéraux barrés de pourpre brun et le labelle pourpre, ponctué de violet. Fleurit en juin-juillet.

JE. Lawrenciae Rchb. f. (de Lady Lawrence). — Orchid, alb., 6, 270. — Asie tropicale.

Fleurs presque aussi grandes que celles du JE. crispum, portées au nombre d'une trentaine sur une inflorescence de 40 à 50 centimètres de longueur. Sépales et pétales blancs, devenant jaunâtres en vieillissant, les extrémités rose pourpre ; labelle à lobe médian finement denté, pourpre, avec deux bandes pourpres allant du disque jusqu'à l'ouverture de l'éperon qui est conique, vert au sommet. Fleurit en automne.

JE. lepidum Rchb. f. (gracieux). — Inde.

Jolie espèce à feuilles en courroie, obtuses, bilobées. Inflorescence dressée, pouvant atteindre 40 centimètres de longueur, formée d'un grand nombre de fleurs aussi grandes que celles du JE. affine, à sépales et pétales blancs, pourpres au sommet et à partie antérieure du labelle pourpre. Eperon cylindrique, courbé, presque aussi long que l'ovaire.

JE. Lobbii Hort. (de Lob.). — Illustr. hort., t. 559; Orchid, alb., 1, t. 21. — Inde (Maulmein).

Une des plus jolies espèces du genre. Feuilles étroites, d'un vert foncé, ponctuées de pourpre, bilobées au sommet, longues de 25 centimètres et larges de 6 centimètres. Inflorescences de 25 à 30 centimètres de longueur, pendantes, denses, cylindriques, formées de nombreuses fleurs blanches, délicatement teintées de roses et lavées de violet sur les extrémités des divisions et sur la partie centrale du labelle. Fleurit en juin-juillet. Il en existe plusieurs variétés.

JE. maculosum Lindl. (maculé).— Pescal., t. 33; Bot. fteg.,

VANDKES.

,-ERIDËS.

1845, t. 58 ; Paxt., Mag. Bot., 12, t. 49 ; Lem., Jard. fl., t. 54. — Inde (environs de Bombay).

Plante compacte à feuilles coriaces, de 25 centimètres de longueur, ponctuées de pourpre noir. Grappes pendantes, parfois rameuses, formées de fleurs délicieusement parfumées, nombreuses, de 5 centimètres de largeur, à sépales et pétales rose pâle, ponctués de pourpre, et à lobe antérieur du labelle rose pourpre, blanc à la base, avec une bande pourpre vif au centre. Fleurit en juin-juillet. Dure près d'un mois. Dans la variété Schroderi, les fleurs sont blancbes, teintées de lilas et ponctuées de rose.

JE. nobile "Warn. (remarquable). — Warn., Sel Orch. pi., I, t. 11 ; Gartenfl., t. 641. — Inde.

Superbe plante qui n'est sans doute qu'une variété du JE. suavùsimum dont elle se distingue par son port plus trapu, par ses fleurs plus grandes, réunies en grappes de 50 à 60 centimètres de longueur. Ces fleurs, délicieusement parfumées, sont d'un blanc crème, teinté et ponctué de rose. L'éperon, long, courbé et ascendant est jaune. Fleurit de juin en août. Dure près d'un mois. Les fleurs et le rachis sont visqueux.

JE. odoratum Loureiro (odorant). — Syn.: M. cornutum Roxb. — Bot. Reg., t. 1485 ; Bot. Mag., t. 4139 ; Gartenfl., 8, t. 273. — Cochinchine, Inde, Philippines.

Plante d'un mètre de hauteur, à feuilles flasques, de 25 centimètres de longueur, obtuses au sommet. Grappes pendantes, longues de 50 centimètres, formées de très nombreuses petites fleurs, larges d'environ 3 centimètres, délicieusement parfumées, d'un blanc crème, teintées de rose au sommet des divisions. Eperon conique, courbé en dedans. Cette espèce, l'une des plus floribondes du genre, montre ses fleurs en juinjuillet. Dure plus de quinze jours. Il en existe plusieurs variétés.

JE. pachyphyllum Rchb. f. (à feuilles épaisses). — Birmanie.

Feuilles courtes, bilobées au sommet. Grappes formées d'un

D. Bois. Les Orchidées. 12.

LES ORCHIDEES ORNEMENTALES.

petit nombre de fleurs rouge cramoisi brillant, à éperon et gynostème blancs. Labelle pourpré, à lobes très petits, peu apparents.

JE. quinquevulnerum Lindl. (à cinq taches). — Paxt, Mag. Bot., 8, t. 241. — Philippines.

Superbe espèce. Feuilles de 30 centimètres de longueur, espacées, d'un vert brillant, obtuses au sommet et munies d'une petite pointe. Grappes pendantes, plus longues que les feuilles, formées d'un grand nombre de fleurs inodores, à sépales et pétales blancs, ponctués de pourpre ; labelle blanc, ponctué de pourpre sur les lobes latéraux et à lobe médian cramoisi foncé. Eperon vert. Fleurit en juillet-août. Dure plus de quinze jours.

.52. Roebelenii Rchb. f. (de Rœbelen). — Philippines.

Rappelle le JE. quinquevulnerum. Grappe dressée, de 30 centimètres de longueur, formée de 20 à 25 fleurs odorantes, à sépales et pétales blanc verdàtre, ponctués de blanc ; labelle rose, avec les lobes latéraux jaunes, laciniés ainsi que le lobe médian, long et infléchi. Eperon conique, court.

JE. roseum Lodd. (rose). — Syn. : H. affine Hook., non M. affine Wall. — Bot. May., t. 4049; Paxt., FI. Gard., t, 60; Illustr. hort., t. 88 ; Lem., Jard. (I., 2, t. 100 ; Garlenfl, t. 267. — Inde.

Espèce floribonde. Tige atteignant 60 à 75 centimètres, à feuilles coriaces, de 30 centimètres de longueur. Grappe pendante, dense, aussi longue que les feuilles, formée de nombreuses fleurs rose pâle, ponctuées de plus foncé. On voit quelquefois, dans les expositions, des exemplaires portant jusqu'à 30 et même 40 inflorescences. Fleurit en juin-juillet. Dure près d'un mois.

JE. suavissimum Lindl. (à odeur très suave). — Paxt., Flow. Gard., t. 66 ; Lem., Jard. fi., t. 213 ; Lindenia, pi. 307. — Java.

Feuilles de 30 centimètres de longueur, ponctuées de brun. Grappes denses, très longues, pendantes, formées de nom-

VANDÉES. — SAUCOCIllLUS.

breuses fleurs délicieusement parfumées, blanches avec le sommet des divisions teinté de rose, le labelle blanc, jaune sur le disque et l'éperon rose foncé. Fleurit de juillet en septembre. Longue durée.

iE.Veitchi Hort, (de Veitch). - Belg. hort., 1881, t. 8 et 9.

— Inde. nr

Belle espèce voisine de JE. affine, à feuilles de 25 centimètres de longueur, d'un vert foncé, couvertes de petites macules. Inflorescences longues et rameuses, formées de jolies fleurs blanches, ponctuées de rose. Fleurit en jum-juillet. Longue durée.

JE. virens Lindl. (verdâtre). - Bot. Rey., 1844, t. 41 ; Paxt., Mag. Bot., 14, 197 ; Orch. alb., 4, t. 160.

Jolie plante à feuilles de 25 centimètres de longueur, d un vert brillant, obtuses au sommet. Grappes pendantes, plus longues que les feuilles, formées de nombreuses fleurs délicieusement parfumées, blanches, teintées de vert, avec une tache pourpre à l'extrémité de chaque division. Labelle ponctue de rouge cramoisi. Eperon vert. Fleurit d'avril en juin. Longue durée II en existe plusieurs variétés, notamment VA. v. var. Ellisii (A Ellisii Rchb. f.) à fleurs plus grandes, teintées de rose, tachées d'améthyste à l'extrémité de chaque division et a lobe mébian du labelle d'une belle couleur améthyste fonce.

68 - SARCOCHILUS IL Br. (Formé des mots grecs sarx'sarkos, chair, et cheilos, lèvre : allusion au labelle qui

est charnu.)

Sépales étalés, libres, presque égaux ou les latéraux plus larges que le postérieur et un peu soudés à la base avec le pied . du gynostème. Pétales semblables au sépale postérieur. Labelle fixé au pied du gynostème, à base incombante ou légèrement adnée, et formant un petit menton, puis infléchi, étalé ; lobes latéraux dressés, pétaloïdes outrés petits et en forme de dents ; lobe médian plus ou moins charnu, muni sur le dos d'une petite bosse ou d'un éperon charnu ou spongieux, rarement creux ; base du limbe souvent un peu calleuse. Gynostème dressé,

LES ORCHIDÉES ORNEMENTALES

demi-cylindrique, sans ailes, à base dilatée en pied. Deux pollinies globuleuses, à caudicule linéaire ou oblongue.

Plantes épiphytes sans pseudo-bulbes, à tiges munies de feuilles coriaces ou charnues, oblongues ou linéaires, disposées sur deux rangs. Pédoncules latéraux, simples ou' rarement rameux. Fleurs généralement petites. Trente espèces de l'Inde, de l'archipel Malais, des îles de l'Océan Pacifique et de l'Australie.

Parmi les espèces dont ce genre est formé, on ne cultive guère que le S. Calceolus Lindl., Bot. Reg., 1846, t. 19, de Manille, à fleurs blanches, les plus grandes du genre, réunies au nombre de deux sur des pédoncules courts ; le S. falcalm R. Br. d'Australie, également à fleurs blanches et groupées par trois ou quatre; le 5. Filzgeraldi F. Muell, d'Australie, voisin du précédent, mais à fleurs blanches ponctuées de brun ; enfin le 5. Hartmanni F. Muell, du Queensland, à fleurs en grappes denses, de couleur blanc crème, ponctuées et striées de rouge cocciné, avec le lobe médian du labelle jaune.

69. — JERANTHUS. Lindl. (Formé des mots grecs : œr, air, et anthos, fleur.).

Sépales presque de même longueur, demi-étalés, libres, élargis à la base, les latéraux plus larges, soudés avec le pied du gynostème. Pétales semblables au sépale postérieur ou plus petits. Labelle fixé au pied du gynostème, formant une proéminence concave, obtuse, à sommet demi-étalô ou un menton court, en forme d'éperon obtus, horizontal. Gynostème très court, dilaté à la base en très long pied membraneux, continu avec le labelle, à sommet muni de deux ailes. Deux pollinies globuleuses, sessiles.

Plantes épiphytes, sans pseudo-bulbes, à tiges munies de feuilles disposées sur deux rangs, allongées, coriaces, à gaine persistante. Pédoncules latéraux. Fleurs généralement solitaires, grandes , 2 à 3 en grappes lâches. On en connaît quatre ou cinq espèces originaires de Madagascar et des Comores.

VASDÉES. — TRICHOGLOTTIS.

JE. arachnitis Lindl. (à forme d'araignée). — Bot. May., t. 6034. — Madagascar.

Plante plus curieuse que belle, à fleurs jaune verdàtre, portées sur de très longs pédoncules.

JE. grandiflorus Lindl. (à grandes fleurs). — Ilot. Reg., t. 817.

Fleur jaune verdàtre, grande, solitaire.

JE. Leonis Rchb. f. (de Léon Humblot). — Syn. : Angk.-ecum Leonis. — Gard Chron., n. s. 24, p. 80 et 81 ; Oroh. alb., 213. — Comores.

Plante bien distincte par ses feuilles épaisses, en forme de faux, très rapprochées. Les fleurs, aussi grandes que VAngrœcum supcrbum, sont d'un blanc nacré, munies d'un éperon très dilaté à la base, filiforme au sommet. Ces fleurs naissent par 5 à 7, en grappes à l'aisselle des feuilles. Fleurit à l'automne.

70. — TRICHOGLOTTIS Blume. (Formé des mots grecs: thrix, trichas, cheveu, et gloltis, langue, allusion au labelle muni de poils.)

Sépales étalés, libres entre eux : les latéraux à base très large, soudée avec le pied du gynostème, le postérieur oblong. Pétales semblables au sépale postérieur. Labelle à base soudée avec le pied du gynostème avec lequel elle forme un long menton en forme d'éperon horizontal; partie supérieure étalée, à lobes latéraux courts, dressés, à lobe médian très large, étalé. Gynostème court, sans ailes, à base dilatée en long pied. Deux pollinies globuleuses, à caudicule étroite.

Plantes épiphytes, sans pseudo-bulbes, à tiges munies de feuilles disposées sur deux rangs. Pédoncules latéraux, courts Fleurs solitaires en petit nombre. Fleurs petites ou médiocres. Quatre ou cinq espèces de l'archipel Malais.

La plante connue dans les jardins sous le nom de T. fasciala est le Stauropsis fasciala Rchb. f.

T. cochlearis Rchb. f. — Sumatra.

Inflorescence courte, formée de 3 ou 4 fleurs blanches, à

LES ORCHIDÉES ORNEMENTALES

sépales et pétales munis de bandes transversales purpurines. Labelle maculé de pourpre. Plante de médiocre intérêt. Fleurs plus petites que celles du Saccolabium violaceum.

71. — PHAL.ŒNOPSIS Blume. (Formé des mots grecs : phalaina, phalène (sorte de papillon), et opsis, ressemblance.)

Sépales presque égaux, libres, très étalés. Pétales semblables aux sépales ou beaucoup plus larges, rétrécis à la base, rarement étroits. Labelle continu avec le sommet du pied du gynostème, à base étalée ou à peine dressée et formant un petit angle, sans éperon : lobes latéraux étalés ou un peu ascendants, entiers ou un peu anguleux , lobe médian étalé, oblong ou large, plan ou rarement concave, à extrémité entière ou terminée par deux lobes longs et étroits ; disque de la base du limbe muni d'appendices de forme variable. Gynostème demi-cylindrique épais, dressé ou légèrement courbé, à base dilatée en pied court, à angles non ailés. Deux pollinies presque globuleuses, à caudicule étroite ou en forme de spatule.

Plantes superbes, épiphytes, sans pseudo-bulbes. Tiges munies de feuilles disposées sur deux rangs, coriaces ou charnues, oblongues, à gaine persistante. Hampes latérales, simples ou rameuses. Fleurs grandes et belles, en grappes lâches. Quinze espèces de l'archipel Malais et de l'Inde.

L'indication des synonymes est donnée ci-après d'après la revision du genre Phalœnopsis, publiée en 1886 par M. A. Rolfe, dans le Gardenefs Clironicle.

P. amabilis Blume (aimable). — Syn. : Ph. grandiflora Lindl. —Bot. Mag., t. 5184; Rev. horl., 1860, p. 238. —Archipel indien (Java, Bornéo, Célèbes, Amboine, Buru, Moluques).

Magnifique espèce. L'une des plus belles Orchidées connues. Tige épaisse, courte, munie de racines adventives nombreuses, d'un blanc bleuâtre ; feuilles au nombre de deux, radicales, oblongues, coriaces, d'un vert brillant, à l'aisselle desquelles naissent de longues inflorescences pendantes, portant de 3 à 6 fleurs larges d'un décimètre, d'un blanc pur,

VANDEKS.

phal^nopsis.

avec labelle long et étroit, de môme couleur, mais rayé à la base de jaune et de rouge, terminé par deux appendices étroits, en forme d'antennes. Longue durée. La plante généralement cultivée dans les jardins, sous le nom de Pli. amabilis, est le P. aphroiite (fig. 100).

P. amethystina Rchb. f. (de couleur améthyste). — Gard. Chron., 1870, p. 1731, fig. 209; de Puydt, les Orchid., 224,

f. 226. — Java, Sumatra.

Petite espèce à feuilles oblongues aiguës, longues d'un décimètre, d'un vert foncé. Hampe de 30 centimètres, portant de petites fleurs blanc crème, avec le centre du labelle de couleur bleu violacé. Appendices du labelle courts.

Phahenopsis amabilis.

P. antennifera Rchb. f. (à antennes). — Birmanie.

Jolie petite espèce, voisine de P. Esmeralda, mais plus vigoureuse, à feuillage entièrement vert. Les fleurs, en panicules de 50 centimètres de longueur, sont de couleur rose pâle avec le devant du labelle bleu violacé, les lobes latéraux et les appendices jaune orangé, striés de rouge. Fleurit en septembre et octobre.

LES ORCHIDÉES ORNEMENTALES

P. aphrodite Rchb. f. (aphrodite). — Syn. : P. amabilis Lindl., non Blume ; P. amdigua Rchb. f. ; P. casta Rchb. f. ; P. leucorrhoda Rchb. f. ; P. Sanderiana Rchb. f.—Bot. Beg., 1838, t. 54 ; Bot. Ma//., t. 4297 ; Paxt., Mag. of Bol., 7, t. 49 ; Flore des serres, t. 36 ; Gard. Chron., 1848, p. 39, f. 2 ; Orch. alb., t. 2; A en. Orch., 2, p. 6 ; Orclddophile, 1885, p. 18. — Philippines.

Superbe plante voisine du P. amabilis, dont elle se distingue surtout par ses feuilles plus courtes et plus larges et son labelle également plus court et plus large. On en distingue plusieurs variétés indiquées ci-dessus dans la liste des synonymes.

P. cornu cervi Blume et Rchb. f. (corne de cerf). — Bot. Mag., t. 5570. — Java, Sumatra.

Petite plante à feuilles de 20 à 25 centimètres de long, vertes. Hampe aplatie, portant de 6 à 12 fleurs, petites, à sépales et pétales jaune verdàtre, barrés de brun, et à labelle blanc crème.

P. Esmeralda Rchb. f. (Esmeralda). — Bévue hort., 1877, t. 107; Flor. Mag., n. s., t. 358; Bot. Mag., t. 7196; Lindenia, 1891, pi. 263. — Cochinchine.

Petite espèce à hampe dressée, portant de 6 à 15 fleurs de 3 centimètres de diamètre, de couleur améthyste plus ou moins foncée selon les variétés. Fleurit pendant l'été.

P. intermedia Lindl. (intermédiaire). — Syn. : P. Brymeriana Rchb. f. ; P. Porte. — Paxt., Floiv. Gard., 3, 163, f. 310; Lem., Jard. fl., 4, p. 144; Floral Mag., 2« sér., t. 263 et t. 162. — Philippines.

Hybride naturel entre P. aphrodite et P. rosea, ainsi que l'ont démontré des croisements faits dans l'établissement de M. Veitch. Les feuilles ressemblent à celles du P. aphrodite, quoique d'un vert plus pâle. Les fleurs, de dimensions moyennes, sont nombreuses, blanches, teintées de rose, avec labelle rose violacé. Il en existe plusieurs formes très belles qui ont

VANDEES. — PIIAL.ENOPSIS.

été distinguées sous les noms indiqués plus haut dans la liste des synonymes.

P. Lowii Rchb. f. (de Low). — Bot. Mag., t. 5351 ; Xcn. Orchid., 2, t. 151; FI. des serres, t. 1910; Lindenia, 1891, t. 272. — Moulmein, Bornéo.

Belle plante à feuillage caduc Hampe portant 4 ou 5 fleurs de 4 à 5 centimètres de diamètre, de couleur rose pâle, avec le labelle jaune à la base, pourpre au sommet. Gynostème à rostellum très allongé, en forme de trompe. Fleurit en été. Cette espèce est bien distincte.

P. Luddemarmiana Rchb. f. (de Luddemann). — Flore des serres, t. 1636 ; Bot. Mag., t. 5223; Bévue hort., 1873, p. 390 et 1872, p. 391. — Philippines.

Jolie petite espèce voisine du P. sumatrana. Inflorescence courte, portant un petit nombre de fleurs de dimensions moyennes, à sépales et pétales blancs, munis de bandes transversales pourpre violacé ; labelle purpurin avec lobe médian violet foncé. Fleurit à diverses époques de l'année. Dure plus de deux mois. Il en existe plusieurs variétés.

P. Mannii Rchb. f. (de Mann). — Assam.

Voisine de P. cornu cervi. Hampe rameuse, portant de nombreuses fleurs, larges de 6 centimètres, à sépales et pétales maculés de brun cinabre et à labelle blanc strié et ponctué de pourpre.

P. Marias Burbidge (de Mary Burbidge). — Orch. alb., t. 80. — Bornéo.

Feuilles oblongues, vert foncé, retombantes. Inflorescences pendantes, formées de fleurs de 4 à 5 centimètres de largeur, à sépales et pétales blancs, rayés transversalement de brun et munis à la base de une ou deux macules rouge pourpre. Labelle rose violacé, bordé de blanc.

P. Parisbii Rchb. f. (de Parish). — Xen. Orchid., 2, 144, t. 156; Bol. Mag., t. 5815. — Birmanie, Moulmein. - Petite espèce à fleurs blanc crème et à labelle pourpre, réunies en épis courts.

D. Bois. Lus Orchidées.

LES ORCHIDEES ORNEMENTALES.

P. Reichenbachiana Rchb. f. et Sander (de Reichenbach).

Rappelle quelque peu le P. Luddemanniana. Feuilles de 30 centimètres de longueur sur un décimètre de largeur. Hampe portant une vingtaine de fleurs d'un blanc verdâtre, maculées et rayées transversalement de pourpre brun, à lobes latéraux du labelle blanc e> jaune orangé, à lobe médian bleu mauve.

P. rosea Lindl. (rose). — Gard. Chron., 18Ï8, p. 671 ; Bot. Mag., t. 5212; Paxt., Flow. Gard., 2, p. 72; Flore des serres, t. 1645. — Philippines.

Jolie espèce, floribonde. Feuilles oblongues, de 20 centimètres de longueur, d'un vert brillant. Hampe de 30 centimètres de longueur, rameuse, portant une douzaine de fleurs mesurant 3 ou 4 centimètres de diamètre, d'un rose pâle, avec labelle à lobe médian d'un beau violet. Il ne faut pas couper les vieilles tiges florales qui donnent naissance à de nouvelles fleurs. On a cité des exemplaires ayant porté une douzaine d'inflorescences dans le même temps. Fleurit à diverses époques de l'année. Longue durée.

P. Schilleriana Rchb. f. (de Schiller). — Xen. Orchid., 2, t. 101; Bot. Mag., t. 5530; Flor. Mag., n. sér., t. 257; Gartenfl., t. 581; Flore des serres, t. 1559; Gard. Chron., n. s., 12, p. 301, f. 41; Warn., Sel. Orch. pi., 3» sér., t. 5; Illust. horl., t. 348; L'Horticull. français, 1863, t. 11; de Puydt, Les Orchid., t. 35. — Philippines.

Superbe espèce. L'une des plus belles Orchidées connues. Tige très courte, émettant des racines charnues, aplaties aux extrémités, d'un brun verdâtre. Feuilles au nombre de 3 à 5, oblongues obtuses, longues de 25 à 50 centimètres, à face supérieure d'un vert foncé, richement marbrées de blanc mat et à face inférieure rouge brun. Hampe grêle, pouvant atteindre un mètre de longueur, ramifiée, portant un grand nombre de fleurs (de 40 à 60 et même jusqu'à 100), larges de 8 centimètres et d'un beau rose. Cette magnifique plante peut donner plusieurs inflorescences à la fois. Elle fleurit au printemps

VANDÉËS.

riIAL.KN'OI'SIS.

et au commencement de l'été. Dure près de deux mois. Il en existe plusieurs variétés : l'une à fleurs grandes et pâles (var. major) ; une autre à fleurs blanches (var. veslalis); une troisième à fleurs roses, sans taches (var. immaarfala).

P. speciosa Rchb. f. (remarquable). — Gard. Chron., n. s. 18, p. 745, fig. 130 et 132; Orch. alb., 4, t. 158; Lindenia, 1891, t. 283. — Iles Andaman.

Belle espèce, voisine des P. tetraspiseï Luddemanniana, à fleurs odorantes, blanches, ponctuées et munies sur les divisions de bandes transversales rose pourpré. Lobe médian du labelle en forme do massue, muni de papilles à la pointe.

P. Stuartiana Rchb. f. (de Mr. Stuart Lowe). — Gard. Chron., n. s. 16, p. 748 et 753, fig. 149; Bot. Mag., t. 6622; Illuslr. hort., 1884, t. 540; Gartenfl., 1. 1130; Orch. alb., t. 39; Lindenia, t, 8. — Philippines.

Supposé être un hybride naturel issu des P. Aphrodite et Schilleriana. Par son port, il ressemble à cette dernière espèce dont il a les feuilles marbrées. Les fleurs sont nombreuses, en panicules rameuses de 60 centimètres de longueur. Elles sont d'un blanc crème, sauf l'extrémité supérieure des sépales latéraux et le labelle, maculés de rouge brun. Fleurit en hiver. Il en existe plusieurs variétés: l'une à sépales et pétales pourpres à la base, bordés de blanc (var. Ilrubiana) : l'autre à macules de couleur mauve et très nombreuses (punclalissima).

P. sumatrana Korthals (de Sumatra). — Bot. Mag., t. 5227; Flore des serres, t. 1644. — Sumatra et Bornéo.

Belle espèce à feuilles ovales oblongues. de 20 centimètres de longueur, d'un vert brillant. Hampes courtes, dressées, portant de 5 à 10 fleurs larges de 6 à 8 centimètres, d'un blanc jaunâtre sur lequel se détachent des bandes transversales rouge brun. Labelle blanc, maculé de jaune orangé sur les lobes latéraux et à lobe médian frangé et cilié, rayé et maculé de pourpre violacé. Il en existe plusieurs variétés, notamment : var. sanguinea, à sépales latéraux rouge foncé, maculés de vert jaunâtre ; paucivitlala, Gtiersini, lilacina.

LES ORCHIDÉES ORNEMENTALES

. P. tetraspis Rchb. f. (à quatre cornes). — Iles Andaman.

Rappelle le P. sumatrana, mais à fleurs d'un blanc de cire, absolument dépourvue de macules. Le lobe médian du labelle muni d'une touffe de poils à son extrémité.

P. Veitchiana Rchb. f. (de Veitch). — Flor. Mag., n. sér., ,t 213. — Philippines.

Très voisin du P. Schiller iana, mais de dimensions plus réduites. Les fleurs en sont purpurines, avec labelle pourpre -pâle, ponctué de plus foncé.

P. violacea Teijsmann et Binnendjik (violet). — Flor. Mag'., n. sér., t. 342; Gard. Chron., n. sér., 16, p. 145, fig. 32; Orch. alb., t. 182; Lindenia, 1891, t. 303. — Sumatra. . Belle espèce à grandes feuilles d'un vert brillant. Les fleurs, : en grappes dressées, mesurent 6 centimètres de diamètre et sont d'un beau rose violacé avec labelle violet foncé. Il en existe plusieurs variétés notamment : var. Murloniana, à fleurs jaune citron, munies à la base des sépales latéraux de barres transversales pourprées; var. Schrocderiana, fleurs plus grandes; var. Bowringiana, fleurs jaune pâle, maculées de pourpre à la base des sépales et des pétales; var. punctata, fleurs à sépales et pétales jaune pâle, avec la partie inférieure blanche, ponctuées de pourpre sur le centre des sépales latéraux; var. chloracea, blanc, avec la pointe des sépales et des pétales colorée en vert et les sépales latéraux à centre pourpre.

Tribu III. — Néottiées.

72. — VANILLA Plum. (Nom tiré du mot espagnol vaynilla, petite gousse.)

Sépales presque égaux, libres, étalés. Pétales presque semblables aux sépales. Labelle à onglet soudé avec legynostème, à limbe large, concave, enveloppant le gynostème par sa base. Gynostème allongé, sans ailes, sans pied. Deux pollinies granuleuses. Fruit charnu, en forme de silique.

NKOTTIÉES. — VAKILLA. 221

Plantes grimpantes, à tige rameuse, feuillée, rarement sans feuilles, munie de racines adventives. Feuilles coriaces ou charnues, sessiles ou brièvement pétiolées. Fleurs en grappes ou épis axillaires généralement courts. Vingt espèces répandues dans toutes les régions tropicales du globe.

Le genre Vanille est surtout intéressant comme produisant les gousses bien connues pour leur agréable parfum. On trouvera dans les Piaules utiles des colonies françaises, par de Lanessan, un long article sur les plantes qui donnent ce produit. Nous en donnons ci-dessous quelques extraits.

Fig. 101. — Vanilla planifolia. (Fleurs el fruit.)

On pense que la Vanille du commerce est produite par une seule espèce, le Vanilla planifolia Andrews (Bol. Beg., t. 538; Bot. Mag., t. 272 et 7167; Loddiges, Bol. Cab., t. 733), originaire du Mexique, dont il existe plusieurs variétés élevées au rang d'espèce par certains auteurs.

LES ORCHIDEES ORNEMENTALES:

Les uns admettent qu'on trouve :

Aie Mexique, le Vanilla planifolia, qui produit les gousses les plus parfumées; les V. saliva, silveslris etpompona, cette dernière donnant la gousse connue sous le nom de Vanillon.

A la Guyane et à Surinam, le V. guyanensis.

A Bahia, le V. palmarum.

Au Brésil et au Pérou, le V. aromatica, dont le fruit est le moins parfumé.

A la Réunion, deux variétés du V. planifolia.

Fig. 102. — Vanille. (Fruit).

Le V. planifolia est originaire de l'est du Mexique, de la Colombie, de la Guyane. Il est cultivé dans un grand

NÉ0TT1EES.

VAMLLA.

nombre de pays tropicaux. C'est une liane à tige cylindrique, charnue, verte, munie de racines adventives, à l'aide desquelles elle s'attache aux corps qui lui servent de point d'appui. Les feuilles sont alternes, charnues, ohlongues. à pétiole court articulé sur la tige; elles mesurent de 10 à 12 centimètres de longueur sur 3 à 7 de largeur Les fleurs, en grappes axillaires, sont d'un vert, pâle et mesurent environ 5 centimètres de diamètre. Il teur succède un fruit en forme de gousse, à une seule loge, contenant un nombre considérable de petites graines noires. La matière odorante! est sécrétée à l'intérieur du fruit (voir la fig. 104, coupe transversale du fruit).

Fi". 103. — Vanille. (Coupe transversale du fruit).

Culture. — La culture et la préparation de la Vanille demandent de grands soins et varient suivant les pays.

Au Mexique, les plantations sont faites soit dans les forêts vierges, soit dans les champs. Dans le premier cas on déblaye le terrain en ne laissant, de place en place, que les jeunesarbres destinés à servir de support à la Vanille et au pied desquels on place deux boutures composées de trois yeux et dont on a coupé les feuilles. Au bout d'un mois ces boutures sont enracinées ; trois ans après elles commencent à donner des fruits. Dans le second cas, on commence par labourer, puis un plante des arbres à croissance rapide qui, au bout d'un an, peuvent servir de supports aux boutures plantées comme il a été dit ci-dessus. Dans ce pays, la fécondation des fleurs se fait naturellement par l'intermédiaire des insectes.

LES ORCHIDÉES ORNEMENTALES

Wep

Fig. 104. — Vanille.

Coupe transversale ;

ep. épidémie ;

p. a. parenchyme, avec

cellules à raphides ; f. Ib. faisceaux libero-

ligneui ; ep. i. épidémie interne ; p. poils internes. (Herail et Bonnet, Manipulations de botanique.)

SÉOTTIKES. - VAKILI.A.

A Bourbon, au contraire, la fécondation doit être faite parla main de l'homme, l'insecte qui visite les fleurs n'ayant pas été introduit, en même temps que la plante, dans ce pays. Les boutures sont plantées au pied des arbres qu'on élague le moins possible, car la Vanille demande un sol humide et craint l'action prolongée des rayons du soleil. C'est sous les grands arbres que la Vanille végète le plus vigoureusement et donne les meilleurs produits.

Quand on veut la cultiver en plein champ, il faut commencer par planter celui-ci d'arbres à croissance rapide, choisis parmi ceux qui ne perdent pas leur écorce (les racines adventives devant de préférence se fixer sur des parties durables) et à feuilles persistantes, ou qui tout au moins ne tombent qu'après la récolte des fruits. Ces arbres les plus recherchés sont surtout le Pignon d'Inde (Jalropha Curcas), le Bois noir (Albizzia Lebbeck), puis, le Sang Dragon (Dracœna Draco), le Jacquier {Arlocarpus integrifolia), le Ouatier (Bombax malabaricum).

On plante les boutures pendant la saison des pluies. En deux années la plantation est en plein rapport.

La Vanille doit être abritée contre les vents régnants, il ne faut pas qu'elle soit par trop ombragée, car elle ne produirait alors que des gousses minces et molles.

Des arrosements sont nécessaires, surtout dans les premiers temps. On doit donner une fumure tous les ans, un peu avant la floraison, mais l'engrais trop fort est nuisible.

Fécondation. — La disposition des organes reproducteurs de la Vanille est telle que la fécondation naturelle est presque impossible. Au Mexique, à la Guyane, où il existe des insectes qui en visitent les fleurs, la fécondation n'est encore, on pourrait dire, qu'accidentelle, car sur une longueur de tige portant une quarantaine de fleurs, il est bien rare de trouver plus d'une gousse. La fécondation par la main de l'homme est donc nécessaire pour assurer une abondante production. Ce fut Morren qui, en 1837, montra que la fécondation pouvait être D. Bois. Les Orchidées. 13.

LES ORCHIDÉES ORNEMENTALES

produite par l'homme; mais un noir nommé Edmond avait déjà fait cette observation en 1817 et avait indiqué le procédé encore employé aujourd'hui. Grâce à lui, on peut obtenir un nombre considérable de gousses sur une seule plante. Cependant, pour ne pas fatiguer les Vanilles par une production surabondante, il est d'usage de ne fertiliser que les fleurs dont le pédoncule est charnu et bien développé, de manière à obtenir 5 ou 6 gousses par grappe.

Récolte. — On s'aperçoit que l'ovaire a été fécondé, lorsque la fleur persiste et sèche sur place. Au bout de quelque temps, cette fleur disparait et il ne reste plus que le gynostème surmontant le fruit. Celui-ci continue à se développer pendant un mois ; mais on ne doit le récolter que six mois après. La teinte verte ou jaune verdâtre n'est pas un caractère suffisant de maturité des gousses ; on reconnaît qu'elles sont bonnes à cueillir lorsque, pincées entre les doigts, elles font entendre un bruissement. Le fruit mûr ne dégage en aucun cas l'odeur si spéciale de la Vanille. Ce parfum que nous recherchons ne se développe que sous l'influence de la fermentation.

Préparation. — Au Mexique, les gousses récoltées sont entassées dans un hangar qui les garantit du soleil et de la pluie. Quand elles se rident, on les fait suer. Si la saison est chaude et belle, on étend chaque jour les gousses sur une couverture de laine qu'on expose directement au soleil. Dans la soirée on les enferme dans des boites bien closes, de façon qu'elles suent toute la nuit. Elles prennent au bout de quelque temps une couleur de café grillé qui est d'autant plus prononcée que ces gousses ont mieux sué.

Quand la saison est pluvieuse, on réunit les gousses en petits paquets dont on forme de petites balles que l'on enveloppe dans une couverture de laine, puis dans des feuilles de bananier, et le tout, enserré dans une natte, est soigneusement ficelé et arrosé d'eau.

Les balles qui renferment les plus belles gousses sont mises dans un four chauffé à 60". Quand la température est tombée

NÉOTTIÉES. — YAMLLA.

à 45», on introduit les gousses plus petites et on ferme le four. Après 24 heures on enlève les dernières et après 36 heures les premières.

Pendant cette opération, la Vanille a sué et a pris une teinte marron. On commence ensuite l'opération si délicate de la dessiccation.

Fig. 105. — Paquet de Vanille du commerce.

Les gousses sont étendues sur une natte et exposées chaque jour au soleil pendant deux mois. Quand la dessiccation est à peu près complète, on l'achève à l'ombre et les gousses sont ensuite mises en petits paquets (fig. 106).

A la Réunion, les gousses, assorties suivant leurs longueurs,

LES ORCHIDÉES ORNEMENTALES

sont placées dans de l'eau à 90», les plus longues pendant 10 secondes, les moyennes pendant 15 secondes et les plus petites pendant une minute. On les enroule dans une couverture de laine et on les expose au soleil jusqu'à ce qu'elles aient pris une teinte marron, c'est-à-dire pendant 6 à 8 jours, puis on les fait sécher sous des hangars formant une sorte d'étuve à air chaud. Cette dessiccation demande à peu près un mois pendant lequel on retourne fréquemment les gousses. On s'aperçoit qu'elles sont en bon état quand elles peuvent être tordues autour des doigts sans craquer. On passe ensuite chaque gousse entre les doigts, en répétant souvent cette manipulation pour faire sortir l'huile qu'elle renferme et qui lui communique le lustre et la souplesse que l'on recherche. Les gousses de même longueur sont enfin liées en paquets.

Sortes de Vanille commerciale. - On distingue trois sortes, suivant la longueur plus ou moins grande des gousses ■

La Vanille fine, à gousses de 20 à 30 centimètres, presque noires, luisantes, givrées, c'est-à-dire couvertes d'une efflorescence cristalline blanche. - La Vanille ligneuse, à gousses de 15 a 20 centimètres, de couleur plus pâle, non luisantes. — Les Vanillons, les uns à gousses petites, mûres, excellentes bien givrées ; les autres, non mûres, de qualité tout à fait inférieure.

La Vanille la plus estimée, ou Vanille Lee, vient du Mexique Celle de Bourbon a une odeur moins forte, son prix en est moins élevé. Elle est néanmoins fort prisée.

Composition chimique de la Vanille. — La Vanille renferme en moyenne : 11.8 de matières grasses et cireuses 4 de résine, 16.5 de sucre et de gomme, de l'acide vanillique e't une substance particulière qui existe à l'état cristallin dans l'intérieur du fruit ou à sa surface, ou dissoute dans le liquide huileux qui entoure les graines. Cette substance était regardée autrefois comme de l'acide benzoïque ou de l'acide cinnamiquc. Ce fut Goblet qui démontra sa nature spéciale et l'appela Vanilline. On lui assigne comme formule chimique

ÎŒOTTIEES. - VAMLLA.

C 8 H s O 3 et on la considère comme l'éther méthylique de l'aldéhyde protocatéchique. La Vanilline constitue presque entièrement les cristaux blancs qui recouvrent les gousses et auxquelles on a donné le nom de givre de Vanille.

Vanilline artificielle. — Tiemann et Haarmann ont montré que la Vanille pouvait être préparée artificiellement à l'aide d'une substance extraite .de la sève de diverses espèces de Conifères et qui porte le nom de Coniferine C 10 H 22 O 8 . Malgré des réclames retentissantes, ce produit ne peut remplacer la Vanille que dans des cas assez restreints, car il est aujourd'hui démontré que La Vanilline ne constitue pas à elle seule le parfum de la Vanille.

En se basant sur les travaux de Tiemann et d'Erlenmeyer, M. de Laire obtient industriellement de la Vanilline de l'essence de girofle et, d'après les données, le parfum d'uri kilogramme de cette Vanilline équivaudrait à celui de 50 kilogrammes de Vanille naturelle.

On obtient encore de la Vanilline en traitant le principe immédiat de l'avoine ou avéine par les agents oxydants.

Fasifications. — La Vanille, se vendant à un prix relativement élevé, est souvent l'objet de fraudes parfois difficiles à reconnaître.

Le givre, c'est-à-dire la Vanilline cristallisée, étant regardé comme l'indice d'une qualité supérieure, les falsificateurs s'efforcent de l'imiter en employant surtout l'acide benzoïque en petits cristaux. Les aiguilles d'acide benzoïque sont larges ; regardées à la loupe, elles sont parallèles- à la surface de la gousse, tandis que les cristaux de Vanilline sont petits, aigus et perpendiculaires à la surface.

La fraude la plus commune, et qui du reste est pratiquée sur une grande échelle, consiste à épuiser les gousses par l'alcool étendu qui reçoit des' applications multiples dans la confiserie et la distillerie et à revêtir ces gousses de baume du Pérou, dont l'odeur, différente de celle de la Vanille, suffit pour déceler sa présence.

LES ORCHIDEES ORNEMENTALES.

On examine généralement la crosse de la Vanille, c'est-à-dire le pédoncule du fruit, qui, étant de nature ligneuse, devient cassant quand la gousse a été épuisée, et comme ce caractère est connu, on enlève souvent même cette crosse. Les gousses ainsi traitées doivent être suspectées.

La Vanille en serre. — On peut cultiver la Vanille en serre et obtenir d'excellentes gousses. Nous croyons ne pouvoir mieux faire que de reproduire ici un article que le comte du Buysson, Orchidophile bien connu, a consacré à ce sujet dans le journal Y Orchidophile , 1884, p. 230.

Fig. 106. — Vanille en serre.

« Toutes les personnes qui cultivent les Orchidées ou qui possèdent une serre chaude ordinaire ont grand tort de ne pas y planter un pied de Vanille qu'on fait courir sur des fils de fer galvanisés, tendus près du vitrage. Outre les fruits parfumés, que la Vanilline factice ne peut remplacer, qu'elle donne en abondance, elle procure en outre un excellent ombrage, ni trop épais, ni trop clair, bien moins envahi par les insectes que les Passiflores, Thunbergia, Cissus et autres espèces grimpantes.

« Les Vanilles sont des plantes extrêmement vigoureuses. Quand elles trouvent dans le local la chaleur et l'humidité

NÉOTTIÉES. — VANIIXA.

qu'elles réclament, en peu d'années elles prennent un développement incroyable, faisant chaque saison des pousses de plusieurs mètres qui finiraient par envahir toute une serre.

« L'exemplaire que je possède qui, aujourd'hui, s'il était développé bout à bout, aurait une soixantaine de mètres de longueur, n'était il y a huit ans qu'une pousse de 50 centimètres de longueur que j'ai plantée dans la banquette du midi de ma serre à Orchidées indiennes. Ce n'est cependant que la quatrième année qu'elle a commencé à fleurir.

« Si l'on peut disposer d'une branche de plusieurs mètres de longueur et garnie de ses ramifications, elle se mettra immédiatement à fleurir. On lui appliquera les mêmes soins qu'aux /Brides et Vanda, en été chaleur et humidité soutenues, de fréquents seringages et de l'air autant que possible. En hiver une température oscillant entre 15 et 20 degrés et ne descendant que rarement jusqu'à 10°. En un mot, traitement ordinaire des plantes de l'Inde.

« La fécondation artificielle des fleurs de la Vanille n'est pas aussi facile que pour la majorité des Orchidées: on n'a pas de semaines à sa disposition; ses fleurs éphémères ne vivent que quelques heures et si le moment est manqué, on ne peut plus s'y reprendre, comme chez les espèces à floraison de longue durée. Il faut saisir le moment de l'anthèse, c'est-àdire l'instant très court, chez la Vanille, où les organes sont disposés à la fécondation. Suivant la saison, le temps extérieur, sombre ou lumineux, la température du local, le moment peut varier de 7 heures du matin à 11 heures et se fait connaître par l'éclatement des divisions de la fleur qui ne s'étale jamais, mais s'entr'ouvre seulement.

« Les fleurs sont portées, au nombre de 10 à 12, sur un robuste scape qui sort de l'aisselle d'une feuille, et elles ne s'épanouissent que deux à deux et successivement pendant une quinzaine de jours, ce qui permet de se rattraper sur les suivantes si l'opération a manqué sur les premières.

« Les Vanilles n'ont pas les organes de la génération conformés comme ceux des autres tribus: l'anthère forme bien,

LES ORCHIDEES ORNEMENTALES.

au sommet du gynostème, une calotte aplatie qu'on n'a qu'à soulever pour découvrir le pollen; mais là, le pollen ne forme pas de masse; armé d'une caudicule, il s'élance et se fixe sur l'objet ou l'animal qui a soulevé la calotte; il reste en place dans sa loge, si on ne prend soin de recueillir cette calotte qui tombe dès qu'on la touche, le pollen est perdu.

« De plus, le stigmate, sous forme de deux très petites tumeurs visqueuses, est presque hermétiquement caché par un tablier carré qu'il faut absolument soulever pour le féconder.

« Au reste, pour pouvoir opérer avec certitude et précision, les personnes novices feront bien de couper une fleur et de vérifier à la loupe la place et la forme des organes dont nous parlons et qu'il ne nous est pas possible de mieux désigner.

« Maintenant, voici la manière la plus certaine d'opérer, reconnue après plusieurs années d'expérience.

« D'abord je rejette complètement l'emploi de toute espèce de pince, qui détériore le pollen et en rend l'application incertaine. Je me sers d'un pinceau très fin de peinture à l'huile, dont j'ai rogné la hampe à dix centimètres de longueur et apointé comme un crayon, pour servir à soulever l'opercule.

« Dès qu'on aperçoit une fleur dissoudée, on l'entr'ouvre pour dégager le gynostème et avec la pointe du manche du pinceau on fait tomber la calotte que l'on reçoit dans une boîte de carton; on fait la même opération à toutes les fleurs qui se trouvent dans cet état dans la matinée de ce jour. On ferme la boite et on la porte dans le vestibule de la serre, dans la partie la plus sèche et la moins chaude. Le pollen complète sa maturité et nous donne une latitude de deux heures avant son application.

« Le pollen est pulvérulent et forme une agglomération de granules innombrables et microscopiques, reliés entre eux par un réseau de fils élastiques très fins. Quand on passe le pinceau sur cet amas, il déchire ce tissu et les grains se fixent sur les poils en grande quantité. 11 est donc bien plus facile par ce moyen d'imprégner le stigmate qu'en saisissant

.NEOTTIEES. - VANILLA.

avec une pince une calotte sans consistance qui se brise et vous échappe avant d'être parvenu à l'appliquer dans son bon sens sous ce tablier quis'oppose à l'introduction d'un corps trop gros.

« Quand on a garni de pollen les poils du pinceau, on le passe sous le tablier du gynostème et, dès qu'on le retire, on presse, avec le doigt, le tablier contre le stigmate pour y faire adhérer les grains qu'il a essuyés, si par hasard le stigmate n'en avait pas gardé, et la fécondation est sûrement opérée.

« En agissant comme je viens de l'indiquer: d'abord récolte du pollen, puis son application, on donne au pollen le temps d'acquérir toute sa maturité et aux organes femelles toute leur aptitude à le recevoir. On se rapproche ainsi de l'état naturel. L'insecte qui, sous les tropiques, arrache et emporte le pollen d'une fleur, ne parvient qu'au bout d'un certain temps, dans ses allées et venues continuelles, à féconder des fleurs le plus souvent éloignées de celle qui a fourni la semence. Si la nature agit comme cela, elle a ses raisons et ses secrets que l'homme n'a qu'à imiter, ne pouvant les pénétrer.

« La réussite de la fécondation d'une fleur se connaît au bout de 2i heures. Si elle est ratée, la fleur tombe et quelques jours après, la gousse jaunit et avorte. Si la fleur reste attachée, on voit le gynostème se tuméfier, la fleur se dessèche sur place et l'ovaire verdit et se gonfle.

« Pour obtenir de fortes gousses, et plus elles sont grosses plus elles ont de parfum, il ne faut pas en laisser plus de 2 ou 3 par grappe. Dès qu'on les a obtenues, on doit couper les boutons non épanouis pour concentrer la sève dans les fruits, qu'il ne s'agit plus que de préserver de la pourriture jusqu'au moment de la maturité qui a lieu au printemps suivant. La maturité s'annonce par le changement de couleur progressif de la gousse. Après avoir atteint toute sa croissance pendant les mois chauds de l'été et de l'automne, elle reste tout l'hiver d'un vert foncé. Dès que le soleil de mars commence à illuminer et à chauffer la serre, elle aussi commence à prendre une teinte d'un jaune roussâtre qui se fonce chaque jour jusqu'au brun marron.

LES ORCHIDÉES ORNEMENTALES

« C'est à ce moment qu'il faut la surveiller de près. Cueillie trop tôt, la gousse manque de parfum; coupée lorsque, entrouverte, elle laisse voir ses graines, elle a perdu la plus fine partie de son essence II faut saisir le point où elle va se dessouder. On la détache et on l'enroule d'une bandelette de calicot ou d'indienne et, ainsi enveloppée, on la porte dans un appartement sec et chaud pour que sa résine aromatique puisse se condenser et se cristalliser sous l'étoffe qui la recouvre. Au bout de quinze jours on place les gousses dans une boite fermée, sans les dévêtir, et les voilà telles qu'on nous les expédie des tropiques.

« Si vous les achetez en Europe dépouillés de leurs bandelettes, c'est d'abord pour que vous puissiez mieux en apprécier la qualité en voyant la poussière brillante qui les recouvre, et aussi pour vous ôter la répugnance et le dégoût bien naturel que provoque la pensée du service primitif de ces petites bandes d'indienne, restes des jupes usées des négresses et des sauvages qui en font la récolte. Fi, l'horreur! allez-vous dire. Les préparations les plus fines de nos cuisines sont-elles faites si proprement ? Le nectar de la Bourgogne et du Bordelais at-il été foulé par des pieds de Chérubins ? Cultivez la Vanille, votre femme ou votre fille aux blanches mains n'enrouleront les gousses que dans des bandelettes non équivoques, et elles auront le parfum de celles des pays chauds. »

73. — SOBRALIA. — Ruiz et Pav. (Dédié au botaniste Martin Sobral.)

Sépales presque égaux, dressés, soudés entre eux par la base. Pétales presque semblables aux sépales, ou plus grands et plus colorés. Labelle dressé à la base du gynostème, à lobes latéraux en cornet embrassant ou enveloppant cet organe, à limbe dépassant brièvement les sépales, étalé, concave, ondulé ou frangé, entier ou bilobé, à disque lisse ou muni de lamelles en forme de crêtes. Gynostème sans pied, assez long, un peu courbé, demi-cylindrique, relevé d'angles aigus ou muni d'ailes étroites. Quatre pollinies pulvérulentes, sans caudicule.

NÉOTTIÉES. — SOBHALIA.

Plantes terrestres à tige souvent élevée, dressée, non tubéreuse, munie de feuilles disposées sur deux rangs, coriaces, plissées. Fleurs terminales et axillaires, quelquefois solitaires. Trente espèces de la Guyane et des Andes de l'Amérique tropicale, depuis le Pérou jusqu'au Mexique.

S. Cattleya Rclib. (Cattleya). — Colombie.

Belle plante à feuilles oblongues acuminées. Inflorescences latérales, formées de grandes fleurs rappelant celles des Cattleya, à sépales et pétales pourpre brun et à labelle purpurin, muni de crêtes jaunes sur le disque.

S. dichotoma Ruiz et Pav. (dichotome). — Pérou.

Grande plante atteignant de 2 à 5 mètres de hauteur, à tiges glabres, en touffe serrée, portant des feuilles ovales, acuminées, et des inflorescences, dichotomes, flexueuses, formées d'un grand nombre de fleurs, de 8 à 10 centimètres de diamètre, délicieusement parfumées, blanches extérieurement, d'un beau violet pourpré à l'intérieur. Fleurit de janvier en mars. C'est la Flor del paradiso des Péruviens.

S. leucoxantha Rchb. f. (d'un jaune blanchâtre). — Costa - Rica.

Plante de 30 à 40 centimètres, à fleurs blanches; labelle jaune d'or, avec la gorge et le disque jaune orangé.

S. liliastrum Lindl. (faux Lis). Guyane Anglaise, Brésil.

Tige de 2 à 3 mètres, portant des feuilles lancéolées aiguës et des grappes terminales pendantes, formées de nombreuses fleurs, larges de 10 à 12 centimètres, blanches avec labelle rose. Fleurit en juillet-août. Ne dure que quelques jours.

S. macrantha Lindl. (à grandes fleurs). — Bot. Mag., t. 4446; Paxt, Mag. Bot., 14, 241; Flore desserres, t. 669; Bev. de l'hort. belge, 1891, t. 36. — Mexique, Guatemala.

La plus belle espèce du genre. Tiges grêles, dressées, d'un à 2 mètres de hauteur, portant des feuilles ovales lancéolées et des inflorescences courtes, formées de fleurs très grandes, larges de 15 à 18 centimètres, d'un beau violet rosé avec labelle nuancé de pourpre et de violet, et à gorge blanche. Cette su-

perbe plante fleurit de juillet à août ; elle donne successivement des fleurs qui malheureusement ne durent chacune que quelques jours. M. Pynaert a cependant présenté au Meeting horticole de Gand, en juillet 1890, un exemplaire sar lequel on pouvait observer à la fois cinquante-huit fleurs épanouies. S. rosea Pœpp. et Endl. (rose). — Syn. : S. Ruckeri Lindl. — Xen. Orch., 1. t. 42; de Puydt. les Orchid., t. 40 ; Warn., Sel. Orch. pi., 3 t. 19. — Pérou et Nouvelle-Grenade. ■ Très belle espèce, d'environ un mètre de hauteur, à feuilles ovales acuminées. Fleurs très grandes, réunies par quatre sur une hampe flexueuse, à sépales et pétales de couleur mauve et à labelle cramoisi avec la gorge blanche. Cette espèce est d'autant plus recommandable que ses fleurs ont une durée relativement longue.

S. xantholeuca Hort. (d'un blanc jaunâtre). — Orch. alb., 6, 250 ; Revue hort., 1890, p. 12. — Origine inconnue. . Belle espèce à feuilles lancéolées, acuminées, ponctuées de brun et à grandes fleurs de couleur jaune soufre, avec labelle jaune foncé.

74. - EPISTEPHIUM Humboldt, Bonpland et Kunth. (Nom formé des mots grecs : epi, sur, et slephos, couronne. Allusion au périanthe embrassé à la base par une sorte de petit calicule denté.)

Fleurs entourées à la base, au sommet de l'ovaire, par une sorte de petit calicule denté. Sépales libres, presque égaux, dressés. Pétales semblables aux sépales, ou plus larges et plus colorés. Labelle soudé avec l'onglet du gynostème, à limbe un peu étalé, obovale, entier, à base enroulée autour du gynostème. Gynostème demi-cylindrique, un peu dilaté au sommet. Quatre pollinies comprimées.

Plantes terrestres, souvent élevées, sans pseudo-bulbes, munies de feuilles coriaces, raides, ovales ou lancéolées, sessiles on en cœur et amplexicaules. Fleurs grandes, en grappe terminale ou rarement axillaires. Six espèces de l'Amérique tropicale.

NEOTTIÉES. — ANCECTOCHILUS.

E. Williamsii Hook. f. (de William). — Bot, Map., t. 5485, — Bahia.

Superbe plante à tige haute de 30 à 40 centimètres, garnie de feuilles semi-amplexicaules, d'un vert foncé. Les fleurs en épi terminal, et au nombre de 6 à 8, sont grandes et d'une belle couleur mauve.

t.— ANCECTOCHILUS Blume.(Xom formé des mots grecs; anoiktos, ouvert, et cheilos, lèvre, allusion au labelle qui est étalé.)

Sépales libres, le postérieur dressé ou courbé, agglutiné avec les pétales en forme de casque, les latéraux étalés, obliques. Labelle soudé avec le pied du gynostème, étalé, prolongé en éperon obtus ou plus ou moins effilé, à onglet assez long, frangé, à limbe bilobé, étalé. Gynostème très court, muni sur son milieu et sous le stigmate de deux oreillettes ou de deux lamelles. Deux pollinies granuleuses, à caudicule courte.

Petites plantes terrestres non tubéreuses, à rhizome rampant, sur lequel naissent des tiges feuillées ascendantes ou I dressées. Les feuilles, serrées à la base de la tige, sont ovales,

membraneuses, souvent élégamment décorées de diverses couleurs. Les fleurs, en épis lâches, sont petites et peu ornementales. Huit espèces de l'Inde et de l'archipel Malais.

Alors que presque toutes les Orchidées sont recherchées pour la beauté de leurs fleurs, les Anœctochilus ne présentent au contraire que des fleurs à peu près insignifiantes, mais par compensation, il n'est pas, dans toute la famille, de plantes présentant un feuillage aussi ornemental. Dans tout l'ensemble du Règne végétal, on ne peut guère citer que les Bertolonia et les Filtonia comme pouvant leur être comparées sous ce rapport. Sur les feuilles vertes, bronzées, veloutées ou métalliques, se détachent des lignes formant un réseau argenté ou doré. Il est difficile d'imaginer des coloris plus brillants et plus variés.

Ces bijoux du Règne végétal sont rares dans les collections. Il faut les cultiver en serre chaude et sous cloche et leur donner beaucoup d'eau.

LES ORCHIDEES ORNEMENTALES.

Parmi les espèces ou variétés les plus intéressantes on peut citer :

A. argyroneurus Hort. (veiné d'argent). — Java. Charmante petite espèce à feuilles vert brillant, veinées de blanc argenté.

A. Boylei Hort. (de Boyle). — Inde.

Feuilles de 6 centimètres de longueur, d'un vert olive, réticulées de jaune d'or.

A. Bulleni Hort. (de Bullen). Bornéo.

Plante de 15 à 20 centimètres de hauteur, à feuilles longues de 7 à 8 centimètres, d'un vert bronzé et munies de trois bandes longitudinales larges, d'un rouge cuivré avec des reflets dorés.

A. concinnus Hort. — Assam.

Feuilles ovales acuminées, arrondies à la base, d'un vert olive foncé, réticulées et striées de rouge cuivré.

A. Dominii Hort. (de Domini).

Hybride obtenu par le croisement du Hœmaria discolor et du Anœctochilus Friderici-Augusli. Plante vigoureuse et belle, à feuilles d'un vert olive foncé avec le centre strié de lignes jaune cuivré.

A. Eldorado Hort. — Amérique centrale.

Espèce délicate à feuilles d'un vert foncé, parcourues de lignes de couleur brillante.

A. Friderici-Augusti Rchb. f. (de Frédéric-Auguste). — Syn. : A. xanthophyllus Hort. — Java.

Très belle espèce, de 12 à 15 centimètres de hauteur, à feuilles ovales, d'un vert foncé velouté, parcourues de bandes orangées au centre, et sur toute leur surface d'un réseau d'or.

A. Heriotii Hort. Williams. — Inde.

Feuilles d'un décimètre de long sur 7 centimètres de large, de couleur acajou foncé avec réseau d'or.

A. hieroglyphicus Hort. Bull. — Assam.

NÉOTTIÉES. — ANCECTÛCH1LUS.

Espèce à petites feuilles d'un vert foncé, avec des macules argentées disposées comme des hiéroglyphes.

A. intermedius Hort. — Ceylan.

Feuilles de 6 à 8 centimètres de longueur sur4à5 de largeur, soyeuses, de couleur vert olive foncé, rayées et veinées d'or. A. latimaculatus Hort. (à larges macules). — Bornéo. Feuilles d'un vert foncé avec des macules argentées.

A. regalis Blnme. (royal). — Syn. : A. setaceus LindI. — Bol. Mag., t. 4123 ; Bol. Reg., t. 2010 et 5208 ; FI. desserres, t. 15; Belg. hort., 1861, t. 18. — Java.

L'une des plus belles espèces et l'une des plus anciennement connues. Plante de 10 à 12 centimètres, munie de feuilles ovales, longues de 6 centimètres sur 4 à 5 de largeur, violettes en dessous, d'un vert bronzé velouté en dessus avec des lignes formant un réseau d'or. Il en existe plusieurs belles variétés, notamment: var. cordalum ; var. grandi folium ; var. inormatum. Cette dernière est la plus remarquable. Les feuilles en sont cuivrées, veloutées, avec des veines couleur d'or, mais dépourvues de lignes en réseau.

A. Reinwardti Blumc (de Reinwardt). — Belg. hort., 1861, t. 18. — Java.

Espèce voisine de la précédente, à feuilles bronze foncé velouté avec un réseau jaune d'or.

A. Roxburghii LindI. (de Roxburgh). — Syn. : A. lobbianus Planch. — Flore desserres, t. 519; Belg. Hort., 1861, t. 18. — Java, Inde.

Très belle espèce, atteignant un décimètre de hauteur, à feuilles longues de 6 à 8 centimètres, larges de 4 à 5, d'un vert bronzé velouté, réticulées et veinées d'or.

A. Ruckeri Hort. Low (de Rucker). — Bornéo.

Belle espèce à feuilles largement ovales, d'un vert bronzé, bordées sur tout leur pourtour de six rangs de petites taches distinctes, argentées.

A. Turneri Hort. Williams (de Turner). — Java.

LES ORCHIDÉES ORNEMENTALES

L'une des plus belles et des plus vigoureuses espèces du genre. Feuilles larges, de couleur bronzée, avec un réseau d'or et rouge cuivré.

A. zebrinus Hort. Bull, (zébré). — Inde.

Feuilles ovales lancéolées, d'un vert olive foncé, parcourues de trois lignes rouge cuivré brillant.

Fig. 107. — Anœctocliilus Roxburghii.

76. — PHYSURUS L. C. Rich. (Formé des mots grecs : physa, vessie, et owa, queue. Allusion à la forme de l'éperon.)

NKMTIKES, — PHYSURUS.

Sépales, presque égaux, libres, dressés ou un peu étalés. Pétales agglutinés avec le sépale supérieur et "formant une sorte de casque. Labelle dressé à la base du gynostème, paribis à partie inférieure un peu soudée avec cet organe, prolongé à la base en éperon court, ventru ; partie médiane du labelle concave, brusquement resserrée au-dessous du limbe terminal qui est large, étalé, entier ou bifide. Gynostème court, parfois très court, sans ailes. Deux pollinies sans caudicule. " :

Plantes terrestres, sans pseudo-bulbes ni tubercules, à rhizome rampant, portant des tiges ascendantes ou dressées, munies de feuillesovales ou lancéolées, membraneuses. Fleurs petites, non ornementales, en épi. Vingt espèces des régions chaudes de l'Amérique et de l'Asie. Comme les Anœclochiins, les Physurus sont recherchés pour leur feuillage, parfois brillamment coloré.

P. argenteus Hort. (argenté). — Syn. : anœctochilus aroenteus. — Brésil.

Petite plante d'un décimètre de hauteur, à feuilles ovales, en cœur, de 7 à 8 centimètres de longueur sur 4 à 5 de largeur, d'un vert brillant, veinées d'argent.

P. fimbrillaris Lindl. (frangé). — Brésil.

Feuilles d'un vert foncé, avec des nervures argentées. Fleurs blanches, insignifiantes.

P. maculatus Ilook. (maculé). — Bol. Mag., t. 5305. — Equateur.

Belle espèce à tige de 15 à 18 centimètres de hauteur, portant des feuilles lancéolées acuminées, longues de 7 à 8 centimètres, d'un vert foncé, munies de deux rangs de macules blanches, disposées parallèlement aux bords. Fleurs jaunâtres.

P. nobilis Rchb. f. (noble). — Syn. : anoectqchilus nobilis. — Brésil.

Belle espèce voisine du P. piclus, dont elle diffère par son labelle frangé. Les feuilles sont larges, oblongues aiguës, d'un vert foncé avec des nervures argentées.

D. Bois. Les Orchidées. 14

LES OHCHIIIEES ORNEMENTALES.

P. Ortgiesii Rchb. f. (d'Ortgies). — Syn. : anœctochilus Ortgiesii. — Nouvelle-Grenade.

Jolie petite plante à feuilles ovales oblongues, d'un vert olive foncé, velouté, d'un blanc argenté au centre et munies sur toutes les autres parties de macules métalliques.

P. pictus Lindl. (peint). — Syn. : anœctochilus argenteus pictus Hort. ; A. pictus ; microchilus pictus Morren. — Brésil.

Belle espèce à feuilles ovales, d'un décimètre de longueur, d'un vert foncé, veinées de blanc argenté. Fleurs blanches, insignifiantes.

P. querceticolus Lindl. — Syn. : anœctochilus querceti- COLUS Hort. — Nouvelle-Orléans.

Feuilles de 6 à 8 centimètres de longueur, d'un vert brillant, maculées d'argenté de chaque côté de la nervure médiane.

77. — ZEUXINE Lindl. (Nom tiré du mot grec zeuxis, une jonction. Allusion aux pétales cohérents avec le sépale postérieur.)

Sépales presque égaux, le postérieur concave, dressé, les latéraux étalés, libres. Pétales étroits, cohérents avec le sépale postérieur et formant casque. Labelle légèrement soudé parla base avec le gynostème, dressé, à base concave ou en forme de sac, quelquefois ne dépassant pas les sépales latéraux, muni intérieurement de deux callosités ou nu, plus ou moins resserré au-dessus de la base, à limbe soit petit, entier, plus court que les sépales, soit allongé, bifide au sommet. Gynostème très court.

Plantes terrestres à rhizome brièvement rampant, portant des tiges ascendantes ou dressées, munies de feuilles linéaires, ovales ou lancéolées, membraneuses. Fleurs petites, en épis denses. Seize espèces de l'Inde, de l'archipel Malais et de l'Afrique tropicale.

Genre voisin des Anœctochilus, et renfermant des plantes également recherchées pour leur feuillage coloré. La plus répandue est :

NÉOTTIÉES. — 1I.-KM\RIA.

Z. regia (royal). — Syn. : àncectochilus lineatus ; A. striatus Lindl. ; monochilus regium Lindl. ; haplochilus regium Blume. — Bornéo.

Petite plante d'environ 15 centimètres de hauteur, à feuilles ovales lancéolées, d'environ un décimètre de longueur, d'un vert foncé sur les bords, et à partie centrale munie d'une large bande d'un lilas pâle ou blanchâtre. Les fleurs, petites, blanches, sont sans intérêt au point de vue ornemental.

Page 1