‹ Les originaux de la dernière heureChapitre 116 sur 222 · MADEMOISELLE DE LIMEUIL · texte numérisé non relu

MADEMOISELLE DE LIMEUIL

C’était une des filles d’honneur de Catherine de Médicis.

« Quand l’heure de sa mort fut venue, dit Brantôme, elle fit venir à soi son valet qui s’appelait Julien et qui savait très-bien jouer du violon.

— Julien, lui dit-elle, prenez votre violon et sonnezmoi toujours, jusqu’à ce que vous me voyiez morte, « la Défaite des Suisses », et le mieux que vous pourrez; et quand vous serez sur le mot « tout est perdu »,sonnezle qualre"ou cinq fois le plus piteusement que vous pourrez.

Ce que fit l’autre, et elle-iqéme lui aidait de la voix ; et, quand ce vint « tout est perdu », elle réitéra par deux fois et, se tournant de l'autre côté du chevet, elle dit à ses compagnons :

— Tout est perdu à ce coup et à bon escient.

Et ainsi décéda. »

DOTERAIS.

Dans l’historiette qui concerne le comte de Cramail, Tallemant des Réaux parle d’un certain Lioterais qui passait pour homme d’esprit et qui, devenu vieux, prit la vie en haine et résolut d’en finir. Un matin en lisant Sénèque, il se coupa la gorge avec un rasoir. La chute de son corps, sur le plancher fit monter une femme qu’il avait associée à son existence et qui avait pour lui une affection très-modérée.

— Ah ! s’écria celle-ci, on dira que je vous ai. tué. Lioterais demanda, d’un geste, du papier et une plume, puis traça ces mots :

« C’est moi qui me suis tué. »

Et, après avoir signé, il rendit l’âme.

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