‹ Les originaux de la dernière heureChapitre 125 sur 222 · TULLIUS MARCELLINUS · texte numérisé non relu

TULLIUS MARCELLINUS

Atteint d'une maladie qui ne présentait aucun danger, mais qui menaçait d’étre très-longue, Tullius Marccllinus rassembla ses amis et leur demanda leur avis.

— Faut-il patienter, dit-il, ou en finir tout de suite ?

Les uds parlèrent pour, les autres contre. Marcellinus ne savait auxquels entendre, lorsqu’un stoïcien, qui n’avait pas encore opiné, lui adressa cette allocution péremptoire : ’

— Mon cher Marcellinus, ne vous tourmentez pas comme si vous aviez à délibérer sur une affaire d’importance. Ce n’est rien que de vivre. Le beau mérite de partager le sort des esclaves et des animaux ! Songez combien il y a de temps que vous faites la même chose : manger, dormir, sc livrer au plaisir, voilà le cercle autour duquel on tourne incessamment. Pour se donner la mort, il n’est pas nécessaire d’être sage, fort ou malheureux : il suffit d’étre dégoûté.

DES ORIGINAUX

Marcellinus n’hésita plus, mais, comme il avait horreur du sang, il se mit à une diète absolue et, après trois jours d’abstinence, se plaça dans une' baignoire qu’il fit remplir peu à peu d’eau tiède et s’affaissa sur lui-même, en disant qu’il éprouvait un « certain plaisir ».

Page 1