LES REVENANTS
La Motte-Le-Vayer raconte que Rédemptus Baranzanus, religieux barnabite, lequel osa le premier s’écarter de la route tracée par Aristote, lui dit en mourant :
1 a Mémoires secrets o, I. xxtll, pp 33-3*.
— Je vous ai plusieurs fois répété que, si je partais le premier, je me ferais revoir à vous, sous le bon plaisir de Dieu... Donc, au revoir !
Il ne tint pas sa promesse.
Pierre de Saint-Romuald prétend, — avec le plus grand sérieux du monde, — qu’un prêtre de Florence, Marcille Ficin, accomplit une semblable promesse qu’il avait faite à son ami, Michel Mercat.
« Aussitôt mort, dit-il, son esprit, sous la forme d’un cavalier vêtu de blanc, monté sur un cheval de même couleur, courut à toute bride vers la porte du logis de son ami Michel Mercat, son intime, aussi grand philosophe platonicien, qui étudiait lors, sur l’aube du jour, en son cabinet en une ville assez éloignée de Florence, et lui cria que les discours qu’ils avaient tenus ensemble touchant l’autre vie étaient véritables; et cela dit, il retourna courant d’où il était venu et se déroba promptement aux yeux de son ami qui lui criait qu’il l’attendit. C’est ce qu’il lui advint, à cause du pacte qu’ils avaient fait ensemble que le premier mourant viendrait dire au survivant si les choses se passaient en l’autre vie comme Platon l'avait écrit en son livre de l’immortalité de l’âme... »