‹ Les originaux de la dernière heureChapitre 193 sur 222 · SUICIDES COMBINÉS · texte numérisé non relu

SUICIDES COMBINÉS

Le roi de Suède Hunding et le roi de Danemarck Hadding avaient conclu un traité d’alliance dont le dernier article était une promesse réciproque de mourir tous les deux le même jour. — Or, le bruit de la mort du roi de Danemarck s’étant répandu, Hunding, sans vérifier celte nouvelle qui était fausse, s’empressa de se tuer. Et Hadding, instruit de l’événement, de s’étrangler aussitôt.

UN TABLETIEK RETIRÉ.

« Le sieur C..., ancien tabletier, âgé de soixante-ouze ans, demeurant rue Saint-Victor, s’était depuis quelquesannées retiré du commerce, et jouissait fort paisiblement d’un revenu de 5 à 6,000 fr. Sa santé était excellente, son humeur gaie et facile, et rien ne pouvait lui faire supposer une pensée de suicide.

11 y a quelques jours, ses voisins ne l’ayant pas vu et concevant quelque inquiétude, sa porte fut ouverte, et le

sieur C... fut trouvé mort près d’un réchaud de charbon entièrement consumé.

Près du cadavre se trouvait une lettre ainsi conçue, et que le sieur C... avait tracée d’une main ferme :

« Disposé à quitter cette terre, je viens de faire ma barbe, « et je revêts mes plus beaux habits, sans oublier ma » chemise et ma cravate blanche ; car, pour passer la bar- « que à Caron, il faut, en arrivant dans l’autre monde, « s’y présenter d’uni* manière un peu propre ».

Dans une autre lettre adressée à F..., l’un de ses amis, il l’invite, ainsi que MM. (suivent les noms d’une quinzaine de personnes), à vouloir bien se décider à partir dans la même barque. « Je verrais avec plaisir, dit-il en terminant, mes bons amis me donner cette preuve d’estime ; et, dans le cas où ils pourraient faire route avec moi, j’ose espérer qu’ils ne tarderont pas à venir me rejoindre dans l’autre monde *. »

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