‹ Les originaux de la dernière heureChapitre 77 sur 222 · FONTENELLE · texte numérisé non relu

FONTENELLE

Comment cela va-t-il? demandait-on à Fontenelle mourant.

— Cela ne va pas, répondit-il; cela s’en va.

Quatre ans auparavant, un Anglais l’avait abordé en disant :

- H y a longtemps que je désire vous voir et causer.

- Je vous ai attendu assez longtemps, monsieur repartit Fontenelle; ce n’eût pas été ma faute si vous ne m eussiez pas vu. J’ai vécu jusqu’à quatre-vingt-seize ans pour vous en donner le plaisir, si plaisir il y a . Voyez ce qu on fait pour vous : des espèces de miracles.

On disait de lui, à propos de son égoïsme :

« Lorsqu’il mourra, il s’embrassera bien tendrement se serrera entre ses bras et se dira : « Adieu, mon ami’

« je n’ai jamais aimé que toi; je suis désespéré de (è « quitter. »

Madame de lencin morte, il s’était contenté de dire ;

- J’irai dîner chez madame Geoffrin.

Quand le convoi de Fontenelle passa, Piron, qui était son voisin, s’écria :

- Ma nièce, viens; viens voir une chose extraordinaire : voilà le bonhomme Fontenelle qui sort de chez lui, et ce n est pas pour aller dîner en ville

DES ORIGINAUX

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