UN H BU HE U X
On lit dans un journal, à la date du 9 janvier 1851 :
« Les habitants d’une maison de la rue Barre-du-Bec , n'ayant pas vu paraître l’un des locataires, le sieur P... prévinrent le commissaire de police, qui pénétra dans le logement de cet individu, après en avoir fait ouvrir la porte par un serrurier. On trouva P... pendu à l’espagnolette de la fenêtre de sa chambre à coucher. Sur un meuble était déposée la lettre suivante : « J’ai cinquante ans; mes parents, honorables commerçants, m’avaient laissé une fortune assez rondelette. Jusqu’à présent, j’ai vécu parfaitement heureux: j’ai vu bien des choses; j’ai été partout où il y avait une joie, un plaisir à éprouver.
«11 ne me restait donc plus rien à désirer; mon seul vœu était donc de mourir paisiblement, de mort subite, par exemple, lorsqu’il y a quelque temps un dictionnaire de médecine, me tombant par hasard sous la main, me révéla qu’un bonheur suprême pouvait s’acquérir, au prix du genre de mort que je choisis... Lorsqu’on me trouvera pendu à ma fenêtre, je prie ceux qui me connaissent de n’avoir aucun regret. Ils pourront dire : Voilà un heureux ! il a connu toutes les félicités humaines. Je donne ma fortune aux pauvres. Adieu ! »