Purification de la femme après ses couches
Quand un individu a subi une souillure, l'effet immédiat €st de l'écarter du culte. « Vous instruirez - les Israélites de ce qui pourrait les souiller, afin qu'ils ne meurent pas de leur souillure en contaminant ma demeure qui est au milieu d'eux ^. » Le temps que dure la mise en interdit est fort variable et, généralement, mesuré d'après l'état physique. La cérémonie de purification ou de réintégration est également fonction de cet état physique dont dépend la «anté de l'âme.
Le flux de sang qui se produit chez la femme lors de ses menstrues ou d'un accouchement, la fait considérer comme dans un état très grave d'impureté en tant que « source de sang^ ». Elle transmet cette souillure à sa couche, à tout objet sur lequel elle s'assied ; celui qui cohabite avec elle gagne cette impureté sept jours durant ^. Au bout de sept
1) II Chron., XXIX, 18-19. Le fait qu'il n'est question ici que de l'autel aux holocaustes et de la table des pains de proposition indique que la rédaction de ce morceau ou sa source n'est pas antérieure au second temple.
2) Lire ve-hizharlem d'après les LXX, le Samaritain et la Vulgate.
3) Uvit., XV, 31.
4) LévU.,Xn, 7; XX, 18.
6) Lévit., XV, 19-24. Quant aux rapports sexuels pendant le temps d impu-
jours après ses menstrues, la femme sera pure ^ : elle apportera au prêtre deux tourterelles ou deux pigeons dont l'un servira de hattat et Tautre d'holocauste. Elle expiera ainsi devant Yahvé la souillure de son flux. Si ce dernier durait un temps anormal, on attendrait qu'il cesse pour compter les sept jours ^.
On estime que les sept jours d'interdit suffisent à la femme pour être exempte de sa souillure particulière, c'està-dire p(jur être débarrassée de tous les esprits et éléments mauvais. Il semble qu'elle ait alors perdu tout lien avec la communauté et que le sacrifice ait pour objet de la réintégrer. Son cas serait tout à fait analogue à celui du lépreux que nous étudions ci-après. Pour ce dernier, le premier temps du rite consiste dans l'exlirp.ihon de Ijihc malsaine; le second s'occupe de lui intégrer l'âme de la comnniiKinlé. Pour la femme impure, il n'y a lieu d'opérer que la seconde partie du rite, le flux de sang ayant par lui-même réalisé la première. Ainsi, après le temps d'observation, il reste à pourvoir à la réintégration de la femnn d ans la communauté. Celte interprétation, qui n'exclut pas la notion d'expia tion, est confirmée par les Nombres qui considèrent la femme, au moment de ses menstrues, comme « hors du camp ^ ».
La femme, qui accouche d'un fils, est tenue pour impure pendant sept jours ' ; il faut entendre l'impureté absolue (nidda) comme en période de flux. Puis elle subira trentetrois jours d'interdiction moins rigoureuse : on lui prescrit seulement d'éviter de toucher à un objet consacré et, par suite, on lui défend d'entrer dans un lieu saint. C'est un temps de purification, la femme est dite alors « dans le sang de purification », par opposition à l'état d'iiM[)urclé nidda.
r c té (nû/da). il8 sont punis du retranchement du huIk u lu jouple, d'après Léoit., .\X, 18; mais cette Tormulc est imprécise.
1) C'est-à-dire ne sera plus considérée comme étant dans un état d'impureté qui la condamne à l'isolement absolu et la laisse sans soins.
2) Lé vit., XV, 25-30.
3) Aom^rfs. V. 2-3.
é) Le huitième jour, i < nicuit • -t circoncis.