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(8) Ms. 2.327, fol. 266 ἃ 268.
trismégisle pour prévoir l'issue des maladies (1), ainsi que la Chrysopée de Cléopâtre, formée uniquement de noms et de signes magiques (2), rappellent l’union originelle de l’alchimie avec la magie et l'astrologie.
Tout ceci se rattache en définitive aux livres hermétiques et porte l'empreinte des doctrines néoplatoniciennes et gnostiques.
Aux mêmes doctrines se rapporte une troisième groupe, comprenant LES LIVRES DE ZOSIME LE PANOPOLI- TAIN, le plus vieil auteur alchimique authentique que nous possédions. Zosime avait rédigé, d’après Suidas, vingt-huit traités d’alchimie. Un grand nombre de ces ouvrages, les uns mystiques, les autres techniques (3) et relatifs à des descriptions d’instruments et d'opérations réelles, sont venus jusqu’à nous : les uns complets, les autres à l’état d'extraits, faits par le Philosophe Anonyme et par divers moines (4), d’autres à l’état de résumés seulement (5). J’en donnerai les titres plus loin, en parlant de Zosime en particulier.
Les mêmes traités existent à la fois dans les manuscrits 2.325 et 2.327; quelques-uns d’entre eux seulement sont contenus dans le manuscrit de saint Marc. Le manuscrit 2.240 nous a conservé certains sommaires.
(TMS 22.327. 101.205:
(2) Ms. de saint Marc, fol. 188, v°; ms. 2.240, fol. 96 v°.
(5) Ms. 2.327, fol. 80 à 89; 112 à 136; 161, v9; 220 à 222; 251 à 256; 260.
(4) Ms.
(5) Ms.
D bb
.327, fol. 168 à 177; 159 ve.
.249, fol. 89; fol. 04 à 06.
Les auteurs que je viens d’énumérer, ceux des traités démocritains, ceux des traités hermétiques, ainsi queZosime, sont dits œcuméniques dans les manuscrits. Après eux viennent leurs COMMENTATEURS chrétiens et anonymes, écrivains de l’époque byzantine, qui ont écrit en Egypte et à Constantinople, avant le temps des Arabes. Tels sont les Livres du Chrétien sur la bonne constitution de l’or et sur l’eau divine (1); et l'écrit du Philosophe Anonyme sur l’eau divine (2).
L'explication de la science de la Chrysopée par le saint moine Cosmas (3), appartient au même groupe. Mais elle y a été ajoutée plus tard. En effetelle ne figure ni dans le manuscrit de saint Marc, ni dans le texte primitif du manuscrit 2.325. Dans ce dernier elle se trouve à la suite, transcrite d’une toute autre écriture, moins soignée et presque effacée. Son auteur réel ou pseudonyme serait-il le moine qui voyagea dans l'Inde?
Tels sont les traités philosophiques, théoriques et mystiques, qui composent le Corpus des Alchimistes grecs.
$ 7. — Poèmes alchimiques.
Un second ensemble, très intéressant pour l’histoire générale, mais sans importance pour celle de la S2.327,: 1015102, VO ἃ 160.
G) M (2) Ms. 2.327, fol. 162 à 168.
(5) M 327,1 fol 158] ἃ. ΤΟΣ
chimie, comprend les poètes alchimiques, lesquels se présentent sous un titre commun : {railés lirés de la Chimie mystique (1). Il renferme les poèmes d’Æéliodore, de T'héophraste, d'Archelaïüs, d'Hiérothée. Les premiers de ces poèmes paraissent écrits par des auteurs de la fin du 1rv° siècle, contemporains de Théodose; mais ils ont subi des interpolations successives dans les manuscrits, lesquelles ont fini parfois par transformer les iambes du 1v° siècle, en vers dits politiques d’une basse époque.
Jean de Damas et d’autres ont écrit plus tard des morceaux analogues, qui se trouvent seulement dans quelques manuscrits.
Les poèmes manquent dans le manuscrit 2.325 ; mais ils existent dans le manuscrit de saint Marc. Quelquesuns avaient été imprimés à la fin du traité de Palladius, de Febribus, en 1745. L'ensemble a paru dans le deuxième volume des Physicr et Medici græct minores de Ideler (1842).
δ 8. — Traités technologiques.
Un troisième ensemble est celui des traités et des recettes technologiques. Je vais essayer de classer ces traités et recettes, dont l’origine est très diverse quelques-uns semblent remonter à l'Égypte grecque et plus haut peut-être, tandis que d’autres sont de
(1) Ms. 2.527, fol. 178 à 195.
l’époque arabe. La plupart se trouvent seulement dans le manuscrit 2.327.
Je signalerai d’abord « le Livre de l'alchimie métallique, sur la chrysopée, l’argyropée, la fixation du mercure, renfermant les évaporalions, les leintures, les traitements par déflagration (?); il traite aussi des pierres vertes, escarboucles, verres colorés, perles, comme de la teinture en rouge des vêlements de peaux destinés à l’empereur : tout cela est produit au moyen des eaux par l’art métallurgique (1). » La fin de l’ouvrage est marquée en marge. Un certain nombre de recettes et d’articles isolés, transcrits sans nom d’auteur, sont probablement tirés de ce recueil; mais 1] n’est pas facile de le reconstituer d’une manière précise.
Un traité, plus ancien peut-être, a pour titre : Bonne confection et heureuse issue de la chose créée οἱ du travail et longue durée de la vie, titre reproduit à la dernière ligne. Il est relatif aux opérations sur les métaux (2). Il débute par la phrase suivante : « Et le Seigneur dit à Moïse, j'ai choisi en nom Beseleel, le prêtre de la tribu de Juda, pour travailler l'or, l'argent, le cuivre, le fer, tous les objets de pierre, de bois, et pour être le maître de tous les arts. »
Ce nom est caractéristique : c’est celui d’un des architectes de l'arche et du tabernacle dans l'Exode. Il semble que le traité actuel soit le même qui est désigné ailleurs sous le nom de chimie domestique de Moïse.
Je ne l'ai rencontré que dans le manuscrit 2.327. Rappelons que le nom de Moïse, regardé comme auteur de traités astrologiques et magiques, figure également dans les papyrus de Leide (pages 54 et 83).
Ce traité renferme des passages étranges, qui semblent les débris de quelque papyrus, copiés à la suite, d’une façon incohérente, sous préoccupation du sens général des titres, ni des phrases qui précédent. C’est ainsi que sous la rubrique : matière de l’argyropée (1), on lit, après des formules de minéraux et sans aucune transition, neuf lignes tirées de l’article sur la teinture en pourpre de Démocrite : « Ces auteurs sont estimés par nos prédécesseurs, etc.»; puis vient la finale banale des traités démocritains « la nature triomphe de la nature, et la nature domine la nature. » Ceci jette un jour singulier sur le mode de composition des manuscrits que nous étudions.
Dans un troisième traité, intitulé : Fusion de l'or très estimée et très célèbre (2), l’auteur expose des procédés de dorure et d’argenture, d’autres procédés pour confectionner des lettres d’or (5), pour souder l’or et l'argent, pour fabriquer des alliages de cuivre semblables à l'or. Plusieurs de ces procédés offrent par le détail des traitements qu'ils décrivent une ressemblance frappante avec ceux des papyrus de Leide (4). On dirait que ces derniers ont été extraits de quelque traité de ce genre;
PM: 5.35, lSe75:
(2) Ms. 2.327, fol. 280 à 200.
(3) Μοντξαῦοον a reproduit l’un de ces articles dans sa Paléographie grecque.
(4) Voir p. 88 et 92.
au même titre que l'on y rencontre des articles tirés de Dioscoride.
Un autre traité du manuscrit 2.327 pourrait être appelé le travail des quatre éléments. 11 contient diverses recettes obscures et se termine par les dénominations de l’œuf philosophique (1).
La Technurgie du célèbre Arabe Salmanas (2) rapporte une série de procédés sur la fabrication des perles artificielles et sur le blanchiment des perles naturelles. Ce traité existe aussi dans plusieurs autresmanuscrits (3). C’est une collection quisemble remonter au vin siècle et 41 doit avoir été tirée d’un ouvrage plus ancien.
Α la suite se trouvent dans les trois manuscrits B255u2:327; 2240) deshrecettes (distinctes et positives pour fabriquer l’argent, tremper le bronze, etc., plus vieilles que la rédaction actuelle de la technurgie. En effet ces procédés figurent dans le manuscrit de saint Marc, lequel ne parle ni de Salmanas, hides perles. Ce sont d'abord trois recettes pour fabriquer l'argent (ασημον) avec le plomb, et avec l’étain (4), tout à fait analogues à celles du papyrus de Leide ; puis viennent la fabrication de l'or, celle du cinabre, la fabrication du mercure (laquelle manque dans le manuscrit 2.325).
Ensuite on lit les recettes pour la coloration des verres, émeraudes, escarboucles, hyacinthes, d’après le livre du sanctuaire, vieilles formules où l’on cite le
(x) Ms 2.327, fol, 227 ἃ 230:
(2) Ms. 2.327, fol. 141 à 146.
(3) Ms. 2.325, fol. 152 à 150, et ms. 2.240, fol. 29 à 32. (4) Ms. 2.327, fol. 146.
livre de Sophé l'Égyptien (ouvrage de Zosime) et la chimie de Moïse (1).
Une série distincte de recettes métallurgiques, qui se rencontre aussi dans le manuscrit de saint Marc et dans le manuscrit 2.325, concerne la {rempe du bronze, écrite au temps de Philippe de Macédoine, la trempe du fer indien, etc. (2). Ces deux recettes ont été imprimées par Grüner en 1814, et par Schneider dans les Ecloga Physica ; un procédé pour la fabrication du verre (3) a été imprimé en même temps : il y est question du verre bleu et de divers espèces de verres verts, telles, que le prasinum et le venelum, mots déjà employés par Lampride au m° siècle.
Telle est la composition générale des manuscrits
alchimiques grecs.
) Ms. 2 ) Ms. 2 ) 2
EIRE SECOND