‹ Les origines de l'ancienne France (volume 4)Chapitre 91 sur 125 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

elle se sert pour mettre en valeur ses biens et augmenter sa force de résistance, des contrats que la jurisprudence romaine avait fournis déjà à la pratique franque, avant tout de ce contrat de précaire que les rois francs et l'église avaient utilisé à qui mieux mieux , les premiers pour retenir plus solidement leurs fidèles par des bénéfices, la seconde pour augmenter à la fois ses possessions et ses sujets; — ce contrat si élastique qui se prêtait à toutes les combinaisons et qui pouvait être employé également et pour s'attacher un puissant guerrier et pour acquérir les services d'un manant ou d'un serf.

Si donc je devais opposer une formule à celle de Guérard, je lui opposerai celle-ci : Ce qui forme la base de la société féodale des xie et xif siècles, c'est le clan. A mes yeux, la relation foncière est encore, à cette époque, subordonnée à la relation personnelle, le lien réel au lien personnel.

Je me propose d'étudier d'abord ce dernier élément dans le compagnonnage féodal. J'essaierai de déterminer ensuite la fonction respective du lien personnel et du lien réel dans le contrat de fief entendu au sens le plus large, aussi bien dans le fief militaire que dans les diverses formes que l'inféodation du sol revêt depuis le vassal jusqu'au tenancier servile.

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