‹ Les Origines de l'ancienne France (volume 5)Chapitre 26 sur 82 · I. Admi?iistration religieuse · texte numérisé non relu

I. Admi?iistration religieuse

L'église est située dans la villa, qui devient ainsi le centre d'une paroisse, mais la circonscription paroissiale s'étend au delà des limites de la villa. Des contestations ayant surgi avec les chanoines de Sainte-Marie d'Arras, la paroisse fut délimitée d'après les témoignages des habitants du lieu\ Elle englobe outre la villa de Hadis, le vicus de Baylon et vingt-quatre courtils \/2 de la vil/a de Vinea. Par contre, une culture [cultura S. Michaelis), quoique rattachée à la villa, ne fait pas partie de la paroisse ou district de Hadis,

Le desservant a une prébende d'un muid de blé et de deux muids d'avoine; il a, en outre, une part variable de la grosse dîme et un tiers de la menue dîme, des offrandes et des messes. Le surplus constitue pour l'abbaye le revenu ecclésiastique [altare). Les deux tiers de la grosse dîme sont, du reste, inféodés par elle.

IL Administratio7i rurale.

On peut facilement discerner encore les deux parties de la villa, celle qui est réservée, celle qui est concédée.

r Partie réservée ou seigneu?'iale.

L'ensemble est celui-ci : église, chapelle, maison seigneuriale (habitation et bâtiments de ferme), un vivier, un moulin, trois cultures.

Dans la domus dominicata, la maison seigneuriale, sont logés des serviteurs héréditaires qui reçoivent du blé, de la viande, des chaussures et des deniers-. On les em-

' « Jnquiaitaa circummanentibiis veritate, terminos parrochie Hadensis... exlenderunt... (p. 249).

2 « Fuit eliam in curia Hadis famulus quidam nomine Andréas qui hereditario jure fossata anle segetes relevabat et custodiebat, et pro hoc prebendam, in annona, in carne, in calceamentis, in denariis, sicut unus hereditarionim servientium habebat... » (p. 232).

ploie aux travaux des champs sur les trois cultures et aux travaux domestiques.

Les trois cultures sont l'une de huit muids, l'autre de sept, la dernière de six. On y a rattaché une culture de onze muids d'une autre paroisse. Ces cultures sont exploitées en partie à l'aide des tenanciers , qui doivent trois corvées par an.

2" Partie concédée.

1° Terres en métayage : « ad societatem, » « societates. » Leur étendue est de trois muids.

2° Terres concédées à charge de terrage et un droit annuel de 2 deniers par mencaudée de terre*. Il en existe un grand nombre, plurime, sans qu'il nous soit dit combien. — Le terrage est inféodé à une femme lige du nom de Fereia.

3° Courtils. — Les courtils proprement dits de la villa sont au nombre de vingt-six, possédés par vingt-cinq tenanciers, dont cinq femmes. Huit tenanciers sont groupés deux par deux sur quatre courtils, quatorze ont chacun un courtil, un tenancier détient un courtil et demi, un autre trois courtils, un autre trois et demi.

Les cens sont variables. Le minimum par courtil est de neuf deniers, le maximum de vingt-huit. Ils sont payables à la Nativité de la Vierge. Les tenures sont grevées d'un droit de mutation arbitraire, revelatio ad misericordiam.

A la villa se rattachent en outre des courtils situés en dehors. Pour un certain nombre d'entre eux, il est spécifié que l'abbaye se réserve le droit de pêche dans les fossés qui les entourent ^ Le cens de ceux de ces courtils

' « Quarum terragium quamvis in feodum teneatur, tamen SU Vedasti sunt et relevatio earum et (est?) duo denarii, quibus singulis annis singule mancaldate redimuntur » (p. 249).

2 « Hec curtilia sunt inter Hadis et Fontem Sancti Vedasii super vivarium et in Harcicurt, débet que ecclesia Sancti Vedasti piscari in fossatis quo ipsa curtilia cinguntur, in illis videlicet que infra villicationem Hadis continentur » (p. 251).

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qui se trouvent dans des villœ n'appartenant pas à l'abbaye est élevé. Il est, en règle, de quatre solidi par courtil , plus la revelatio ad misericordiam.

4° Maisons et prés.

Quelques maisons sont données en fief moyennant un cens minime. Des prés sont donnés à cens.

5° Hôtes.

Il y a des hôtes (hommes qui peuvent librement, s'ils le veulent, quitter la tenure) % établis, selon toute vraisemblance, sur des terres nouvellement mises en culture. On n'indique ni leur nombre ni leurs obligations. C'est •qu'ils sont donnés en fief à un homme lige.

6° Terres en friche. — Il devait exister des terres en friche sur le domaine, car l'inventaire prévoit la création de courtils nouveaux : « In curtiliis si que pliira... de eode?n territorio incidwitur^ . » — C'est probablement sur ces terres que les frères du Temple étabhrent ensuite, du consentement de l'abbaye, une cour et une chapelle^, s'efforçant habilement d'y joindre, par des acquisitions, à titre onéreux ou à titre gratuit, les possessions des tenanciers de l'abbaye ', et contribuant de la sorte à briser les cadres de la villa".

1 Voyez p. 398 : « In Juvencel habet sanctus Vedastus... curlilia VII singula VI den., II panes, II cap. debentia, si hospitata fuerint, si vero hof^pites rece>isennt terre que est ad societatem ipsa curtilia sociantur, donec hospites redeant, et de curtiliis supra scriptum censum solvant. »

^ « Fralres milites (templi Jerosolim.) cum in fundo terre nostre scilicet ville Hadensis curtem unam constituere disponerent, id etiam a nobis expetierunt, ul capellam sibi liceret inibi eonsliluere... Hoc igitur... concessimus» (p. 253-254).

* Cum predicti fratres lempli... juxta civitatem in parrochia nostra habilare et multiplicari favoremque civium habere cepissent, inpossessiones Sancti Vedasti, seu invadiatione, seu einptione, sive eleeinosina intrare moliti sunt » (p. 2o4).

^ Un envahissement analogue est pratiqué, aux dépens de l'abbaye de Saint- Vaast, par le monastère d'Estrun, et ne s'arrête pas même

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