‹ Les Origines de l'ancienne France (volume 5)Chapitre 35 sur 82 · LES FORMES TRANSITOIRES. VILLES NEUVES, BOURGS NEUFS ET SAUVETÉS · texte numérisé non relu

LES FORMES TRANSITOIRES. VILLES NEUVES, BOURGS NEUFS ET SAUVETÉS

Des villages sont nés autour d'un ernoitage, d'une chapelle ou en pleine solitude. Ils se sont développés rapidement, ils ont prospéré grâce à la protection spéciale dont jouissent leurs habitants, à la sauvegarde dont ils sont pourvus, ou à l'indépendance qu'ils doivent à leur isolement. L'expérience était trop concluante pour n'être pas profitable. Provoquer directement ce qui ailleurs n'avait été que le résultat de circonstances fortuites, appeler en un lieu déterminé, que ce fût une forêt ou un territoire inculte, des colons, des agriculteurs, des artisans, par l'appât des franchises et des privilèges qu'on leur offrirait, n'était-ce pas l'idée que l'expérience suggérait et que l'intérêt du seigneur le poussait à mettre en pratique?

Ainsi se fondèrent, espacés sur tout le sol de la France des villes neuves, des sauvetés. Leurs noms varièrent suivant les régions. Ici elles s'appelèrent villes neuves% bourgs neufs, sauvetés, ailleurs villes franches ou sauveterres, en Bretagne menehi, dans le midi salvetats, et plus tard, à partir du xiii* siècle, bastides, etc. La variété des conditions qu'elles présentent n'est pas moindre que

* Ville a ici le sens littéral de villa, village. Avec le développement grandissant de ces nouvelles mlldi ,\q mot villa a pris la place du mot urhs, comme il avait, pris jadis celle du mot vicu& (Cf. suprà, p. 34).

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