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CHAPITRE II

Zwentibold était, comme son père, un bâtard que primait légalement Louis J’Enfant, né en légitime mariage.

Les Lorrains eurent donc beau jeu, quand à Worras, en 894, Arnulf leur proposa Zwentibold pour roi, de répondre par un catégorique refus1.

Le roi de Germanie revint à la charge l’année suivante. Mettant à profit la rivalité, en France, d’Eudes et de Charles le Simple, se prévalant de l’assistance du premier, qu’il traita en souverain, corrompant les grands par des largesses, gagnant les évêques par l’octroi de privilèges, il finit par imposer son fils. Zwentibold fut, en présence d’Eudes, proclamé roi de Lorraine, couronné et sacré (mai 895).

IJ ne s’agit là en aucune manière d’une incorporation à l’Allemagne. Le royaume de Zwentibold est un État autonome, indépendant de la Germanie et soumis, en tant que royaume franc, à la prééminence ou suprématie du seul héritier légitime, à ce moment, des Carolingiens, le roi de France. Charles le Simple prétendit même à plus : dès cette époque, il revendiqua la souveraineté directe sur la Lorraine, ainsi que l’attestent les événements de l’an 898.

En cette année-là, le comte ou duc lorrain Renier, petitfils peut-être par sa mère de Lothaire I, avait été disgracié et spolié par Zwentibold. Renier s’enferme avec le comte Odacer dans la forteresse de Durfos où l’assiège en vain le roi de Lorraine. Le siège levé, les deux comtes se rendent auprès de Charles le Simple, le reconnaissent pour roi et l’introduisent en Lorraine2.

Une trêve intervient entre Zwentibold et le roi de France. Elle est suivie de la Conférence de Saint-Goar (899) à laquelle participèrent des envoyés d’ Arnulf et où

1 Reginon, ad an. 894, p. 142.

2 « Rege ab obsidione residente, prefati comités Carolum adeunt et eum cum exercitu in regnum introducunt... Carolus recto itinere Aquis venit,deinde Niumagam perrexit» (Reginon, ad an. 898, p. 146).

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