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Massif central. — L' Auvergne

Ce n’est pas le grand ensemble du Massif central, avec son étendue presque égale au sixième de la superficie de la France, qui a pu former une unité de géographie humaine. Mais les points de similitude d’un habitat, aux prises avec une nature très rude, où la dissémination l’emporte sur l’agglomération dans des villes, et fait naître un esprit de terroir d'une singulière vigueur, sont des éléments unitaires. Ils se sont fixés et concentrés dans la partie auvergnate, qui en constitue le cœur, et que Camille Jullian a pu dire même l’ombilic de la Gaule. L’Auvergne a arrêté au passage les courants de civilisation méridionale qui descendaient la vallée de l’Ailier, après avoir traversé les Causses ou remonté le long du Tarn. Elle les a assimilés et retenus dans un réservoir d’où ils se sont écoulés vers le Nord par la Limagne, ou ont reflué vers le Midi jusqu’à Toulouse et Bordeaux.

1 Cf. dans l’admirable tableau de là France, par M. Vidal de La Blache, qui forme le T. I de l 'Histoire de France de M. Lavisse (Paris, 1903), les pages 275-320, et 351 à 377.

LES ELEMENTS CONSTITUTIFS

« Les villes les plus influentes, comme l’a remarqué Jean Brunhes *, sont placées sur la bordure des anciens volcans et forment une ceinture urbaine qui ne s’éloigne jamais de la ligne de démarcation géologique ». Mais de même que nous verrons Toulouse à la tête d’une plaine qui conduit vers la Méditerranée, Clermont-Ferrand commande les six à sept cents kilomètres carrés de la féconde Limagne par laquelle le Massif central s’ouvre vers le Nord et que domine la montagne sacrée, où régnait jadis le grand Dieu Teutatès et où s’éleva ce temple du Mercure Arverne qu’on a pu comparer, comme centre politique, au sanctuaire de l’Apollon Delphique.

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