Vives, Ihid., p. io/i8, lig. ai
2. Olympia, Bauwerke, I, pi. 55 et suiv. ; ci-dessous, p. 7G et suiv.
3. Vives, Ibid., p. io56 et suiv.; Perrot-Ghipiez, IV, p. 5().
II. La chambre mégalithique à deux vaisseaux de San Mercede Baix semble bien avoir été recouverte par un amoncellement de terre. Le plan reproduit par Cartailhac (/6td., p. 35, fig. 25) donne à cet égard une idée inexacte du monument, qui n'a point, comme les navetas, de contour net à l'extérieur et ne présente qu'une masse informe.
G. LEHOLX. - 3
i6 l'édifice hypostyle
Minorque, ce prodomos est très nettement indiqué. Il occupe environ le quart de l'espace intérieur. On pénètre dans la tombe (car l'usage funéraire de ces monuments n'est pas douteux) par une très étroite ouverture ; pour atteindre le caveau principal à fond cintré, il faut franchir une seconde porte. Le toit des deux chambres n'est pas établi de façon identique. Sur le prodomos, moins bas de plafond que la seconde chambre, les dalles de couverture forment une sorte de dôme au profil aigu.
La même division intérieure s'observe dans la naveta plus
FiG. 8.
Naveta de Els Tudons (Minorque).
Plan et coupe.
massive de Rafal Rubi (fig. 9). Mais ici le prodomos, plus largement ouvert, annonce mieux encore le vestibule in antis du mégaron prémycénien. Le plan de la chambre sépulcrale tend visiblement vers la forme rectangulaire et la paroi postérieure a déjà perdu toute courbure.
Quelles raisons faut-il donner des très précises ressemblances que nous venons de constater entre les plus anciens monuments de l'Hellade et ceux de la Sardaigne et des Baléares ? C'est un problème qu'il n'appartient pas de résoudre aux historiens de la seule architecture. Son étude pourrait nous entraîner fort loin de la route que nous nous sommes tracée. Il nous suffira d'avoir attiré l'attention des ethnologues sur le fait de cette similitude. La préhistoire européenne y trouve, à ce qu'il semble, une donnée précise et difficilement négligeable. M. Vives intitule l'article auquel nous nous sommes référé : Uart égéen en Espagne. Je ne serais guère partisan de classer sous le titre égéen les navetas et les Tombes des Géants. Le mot peut n'être pas tout à fait inexact, mais il prête pour le moins à confusion.
LE MÉGARON PREMYCEXIEN I7
En général, il évoque pour nous l'idée d'une civilisation méridionale propagée du Sud vers le Nord. Peut-être des ruines du même type se rencontreront-elles quelque jour dans la région proprement égéenne ; peut-être est-ce par la voie maritime et par l'intermédiaire des peuples insulaires que des relations s'établirent entre l'Hellade prémycénienne et l'occident de la Méditerranée. Mais jusqu'à présent les navetas et les tombes de Sardaigne n'ont d'analogues que dans l'Europe continentale, à des époques où l'influence égéenne y peut être tenue pour nulle. Aux divers stades de sa première croissance, dans les construc-
FlG. 9.
Naveta de Rafal Rubi (Minorque).
Plan.
lions curvilignes et rectilignes de ses débuts, l'architecture hellénique garde en face de l'art insulaire un caractère septentrional et européen. Cette observation, sur laquelle nous aurons à revenir, s'applique encore aux ruines de la Sardaigne et des Baléares, comparables par tant de traits à celles de la Grèce primitive.