Altert. V. Pergamon, 111, Obère Markt, j)l. XXXII
202 l'Édifice hypostyle
supérieur. Vient enfin le portique continu, à quatre faces, pareil à une grande cour de gymnase. A Délos,où tous les types de stoas se trouvent rassemblés comme pour l'instruction des archéologues, celui-là n'apparaît qu'après tous les autres, vers le début du i" siècle, avec l'Agora des Italiens. On ne le rencontre que plus tard encore dans les villes de la Grèce continentale.
Ce qui paraît bien ressortir de tous ces faits, de l'existence de tous ces types incomplets et transitionnels, c'est que le portique à quatre faces n'appartient pas au vieux répertoire des formes monumentales. Le plan s'en est constitué peu à peu, très lentement et sous l'influence des œuvres asiatiques, que l'on n'imitait point sans quelque hésitation. Les Grecs d'Ionie ont devancé ceux d'Europe dans la construction de ces stoas refermées, comme en général dans l'art de dessiner de vastes ensembles. Hippodamos le bâtisseur de villes était milésien^. Les brocards dont l'accable Aristophane 2, l'étonnement que causèrent ses théories parmi les Athéniens laissent clairement entendre combien c'était chose nouvelle pour les Hellènes que d'imposer un plan géométrique à de vastes groupements de constructions .
Notons d'ailleurs, en passant, que l'agora périptère n'a rien de commun avec le système hippodamienS. Hippodamos se souciait moins de l'ornement des places publiques que du tracé et de l'orientation des voies. C'était un ingénieur plutôt qu'un architecte. La réforme qui consistait à faire de l'agora tout entière un seul péristyle est postérieure à la sienne ; elle marque un nouveau progrès dans le sens des compositions géométriques et rigoureuses. Mais toutes deux ont certainement la même origine. L'agora ionienne et le plan hippodamien imitent les figures rectangulaires, les combinaisons linéaires abstraites des villes et des palais chaldéens. Le goût des tracés symétriques, étranger à l'art des Hellènes, est un des traits originels de l'architecture orientale. Il ne se manifeste pas seulement en Mésopotamie, mais en Egypte. Tell-el-Amarna, non moins que la
1. Sur la réforme hippodamienne, cf., surtout Erdmann, Hippodamos von Milet und die symmetrische S tâdtebaukunst d. Griechen, dans Philologus, 1882, p. 193 et suiv.; Fougères, Sélinonte, p. 192 et suiv.