‹ Les origines de l'édifice hypostyle en Grèce, en Orient et chez les romainsChapitre 48 sur 218 · Kpay.Tixdt, 191 1, p. 3i5 et suiv · texte numérisé non relu

Kpay.Tixdt, 191 1, p. 3i5 et suiv

archaïques, retrouvés parmi ses ruines, proviennent selon toute vraisemblance de deux colonnes dressées in antis sur sa façade. La fouille n'a livré aucun tesson d'époque mycénienne.

A Érétrie, les fouilles récentes de M. Kourouniotis au sanctuaire d'Apollon ont révélé l'existence de trois bâtiments semielliptiques K Comme à Thermos, l'édifice qui leur succède dans la superposition des ruines est un temple à longue cella rectangulaire, avec file de colonnes médiane. La série des menues trouvailles débute par des tessons géométriques et ne comprend aucun débris mycénien.

Au même temps sans doute doit être encore rapportée la fondation absidiale qui est apparue sous l'opisthodome du temple d'Égine^. Enfin cette série de ruines se clôt par un monument depuis longtemps connu, le vieux bouleutérion d'Olympie. A une date beaucoup plus basse, au plus tôt vers le vi^ siècle, et peut-être même au v% on élevait encore à Olympie un grand édifice en fer à cheval. Les formes curvilignes tombées en désuétude aux temps mycéniens, revenues en faveur pendant le moyen âge dorien, s'appliquaient encore à des constructions sans caractère funéraire, dans lesquelles nulle tradition religieuse n'obligeait à conserver les types du passé.

Le bouleutérion d'Olympie se compose de trois bâtiments

FiG. 28.

Bouleutérion d'Olympie. Plan du bâtiment du Sud figuré avec exagération des courbures.

d'époques différentes-^. Au centre est un enclos carré, sans doute découvert, qui ne saurait nous intéresser pour le moment, n'étant pas antérieur au m" siècle. Au Sud et au Nord, deux longues salles flanquent cette cour centrale. Au premier coup d'oeil on les croirait de forme identique; elles dessinent chacune

1. IIava6r|Vaia, 1910, X, p. i2Ç>\ Arch. Anzeig., igiijCol. 122. * 2. Arch. Anzeig., Ibid.

3. Olympia, Bauwerke, I, p. 76 et suiv. ; pi. ï)b; Pfuhl, dans Alhen. Mitteil., 1905, p. 870.

iiQ rectangle, prolongé en arrière à l'Ouest par un demi-cercle. Une rangée de colonnes médiane divise ce rectangle en deux vaisseaux. Au fond du bâtiment, la partie semi-circulaire était séparée de l'espace antérieur par une cloison transversale, et divisée aussi en deux quarts de cercle par une seconde cloison longitudinale placée dans l'axe de l'édifice. A l'Est, les deux salles avaient pour façade un portique composé de trois colonnes in antis.

Sur des plans à petite échelle on ne peut noter entre ces deux constructions symétriques aucune différence. En réalité, elles sont de deux types distincts. Celle du Nord a ses longs côtés exactement parallèles, son abside exactement circulaire. Dans celle du Sud, les murs latéraux ne sont pas rectilignes, mais sensiblement incurvés. Le plan ne se décompose plus ici en un rectangle et un demi-cercle; il dessine une sorte d'ellipse, coupée à l'Est par un front droit (Tig. 28).

D'après les observations de M. Dôrpfeld, l'aile du Nord aurait été construite au vi^ siècle; celle du Sud, un peu plus tard, vers le début du y\ Telles sont du moins les dates que paraissent indiquer les profils des deux colonnades doriques dont on a retrouvé les fragments dans la fouille. Elles ne peuvent valoir que pour les parties hautes des deux édifices, non pour les fondations». A ne considérer que les plans, l'aile du Nord devrait être la plus récente, comme représentant un type monumental plus régulier, moins complètement curviligne. L'aile du Sud. avec ses murs cintrés sur trois faces, a des chances d'être la plus ancienne. Les fragments doriques, travaillés dans la manière du v" siècle, proviendraient en ce cas d'une réfection totale ou partielle de l'édifice.

Il n'est pas rigoureusement démontré, mais il reste très vraisemblable que ces trois ruines sont bien celles du bouleutérion aperçu et mentionné par Pausanias. Je ne discuterai pas ici cette identification, car elle est pour nos recherches d'une importance très secondaire. Je m'étonne que M. Bulle persiste à établir un rapport entre la forme curviligne du bâtiment et son emploi comme bouleutérion 2. Sans doute, nous rencontrerons plus tard, en Grèce, des salles d'assemblées disposées en hémicycle. Mais ce seront des édifices d'un tout autre type, de véritables théâtres couverts. C'est en tant que théâtres, et pour grouper plus

Page 1