‹ Les origines de l'édifice hypostyle en Grèce, en Orient et chez les romainsChapitre 65 sur 218 · I. La maison Cretoise primitive. — La cabane néolithique · texte numérisé non relu

I. La maison Cretoise primitive. — La cabane néolithique

de Magasa.

Comme tous les autres peuples, les habitants de la Crète ont débuté dans l'art de bâtir par des constructions curvilignes. Ils ont vécu sous des huttes rondes ou ovales, dont l'image s'est conservée dans des tombes à coupoles i, dans des urnes cinéraires 2 et dans la célèbre maison de Chamaizi-Sitia-^. Mais de la

1. Xanthoudidis, 'Eçr,[x. àpy a to>>., igoG.p. i3o; Bulle, Orc/iomenos, p. 1 25 ; A. J. Reinach, Journ. d. .S'au., 1910, p. 127.

2. Ang. Mosso, Escurzioni nel Medilerraneo, 1907, p. 12G, fîg. G7 (Phaestos).

3. Xanthoudidis, 'E^r^ix. àp/ato),., 190O, p. 126 et suiv., pi. IX, Z»; Noack, Ovalhaus u. Palast, p. 5/4 et suiv., fig. 7; Durm, Bauk. d. Griechen, p. 71, fig. /j4. m. Noack (suivi en ceci par R. Dussaud, Civilis . préhellén. , p. 1 18), a certainement attribué une importance excessive à celte ruine. Il a cru reconnaître dans le réseau de ses divisions intérieures le modèle primitif du palais minoen. La date relativement basse de l'édifice (minoen moyen I, au plus tôt, Evans, Scripta Minoa, I, p. 12), n'autorise pas cette manière de voir. La maison de Chamaizi, malgré son contour curviligne, n'est pas une construction primitive. Elle date d'un temps où le type complexe du palais était déjà constitué. Bien loin de lui avoir servi de modèle, elle lui emprunte ses dispositions intérieures (Cf. Durm, Ibid., p. 70; Mackenzie, Cretan Palaces, IV, p. 617).

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cabane absidiale, avec fond cintré et front droit, il n'a été relevé jusqu'ici aucune trace. Les plus anciennes ruines de plan angulaire ne procèdent certainement pas de cette forme et laissent douter qu'elle ait jamais existé.

La maison néolithique de Magasas la plus vieille bâtisse à murs droits qu'on ait retrouvée dans l'île, n'a rien de commun

FiG. 32.

Plan de la maison néolithique de Magasa.

avec le mégaron continental. Elle dessine en plan un quadrilatère fort irrégulier, entamé d'une encoche à l'un de ses angles (fîg. 32). A rencontre du mégaron, elle est sans aucune symétrie et n'oppose pas ses côtés deux à deux. L'espace qu'elle recouvre n'est pas divisé en deux parties égales par un axe rigoureux qui détermine la place de l'entrée. On remarquera au contraire la disposition très particulière de la porte, qui est logée dans une encoignure entre deux murs orientés de façon diftérente. Le bâtiment n'est pas plus profond que large, et, malgré sa forme scalène, il se rapprocherait plutôt du carré. Rien de pareil ici aux longs mégarons tubulaires de la seconde Troie, ni en général à la maison grecque, qui tend toujours à se développer en profondeur, même avant la fin de la période curviligne. La maison de Magasa doit avoir pour prototype curviligne une hutte exactement circulaire, et non pas comme le mégaron une hutte oblongue, en forme de galerie souterraine. Autre nouveauté : elle ne peut recevoir qu'une couverture horizontale; l'établissement d'un toit à versants sur un plan aussi peu

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