Fouqué, Ibid., p. iiy
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de ce support, elles formaient un comble pyramidal i. Cette forme de toiture, que nous rencontrons ici pour la première fois, appelle quelques remarques. Elle marque la transition entre le couvercle élevé de la hutte ronde et la terrasse horizontale. Le toit conique ou hémisphérique tend nécessairement vers la forme pyramidale quand on le transporte du plan rond sur un plan carré. A l'époque où leur cabane circulaire était devenue la maison quadrilatérale à murs droits, les Cretois avaient certainement su la couvrir ainsi d'un chapeau à quatre faces. Témoins ces larnakes qui, sans nul doute, reproduisent l'aspect d'une ancienne habitation et dont le couvercle imite très exactement un comble aigu à quatre faces 2. De très bonne heure cependant ce mode de couverture a dû céder la place à la terrasse, exactement ou à peu près horizontale, car il n'en est plus trace ni dans les ruines ni dans les représentations figurées.
Le même fait semble s'être produit dans toutes les provinces de l'architecture orientale ou orientalisante. Parmi la foule des édifices à terrasse, quelques ruines, ou certains de ces objets dont le témoignage supplée à celui des ruines, nous apprennent que les constructeurs ont su quelque jour établir des toits à quatre pentes.
Des habitations comparables à celles de Mélos et de Théra n'ont pas été exhumées jusqu'à ce jour dans la région Nord de l'Archipel. A Délos, le temple rupestre du Cynthe avec son portail à pignon décèle une forme d'habitation primitive plutôt semblable au mégaron^. A Syra, les bâtisses prémycéniennes mentionnées dans un chapitre précédent attestent aussi l'adoption du type continental. La frontière des deux architectures passerait donc par la région moyenne de la mer Egée, au Nord de Mélos et au Sud de Délos et de Syra. Aujourd'hui encore, une opposition assez nette se laisse voir entre la manière de bâtir des insulaires du Nord et celle des insulaires du Sud. A
1. Fouqué, Ihid., p. 96; Perrot-Chipiez, VI, p. ikk, fig. 29.
2. V .Ovsi, Urne funehricretensi, àdiXi?, Monum. Lincei,\,i'è^o, co\.\ ietsuiv.,pl. II.
3. Le rapprochement que fait M. Dussaud entre le temple du Cynthe et les monuments crétois me semble peu justifié (Civil, préhellén., p. 76). L'espèce de ciel ouvert qui éclaire aujourd'hui le fond de la grotte ne rappelle que de très loin les puits de lumière minoens. Il résulte apparemment de la chute de la toiture, qui était faite en arrière de matériaux moins robustes que sur le front. Quant aux blocs frustes qui sont amoncelés sur ce toit, ils n'ont pas été portés là à dessein pour donner au temple l'aspect d'une caverne naturelle; ils ont roulé du flanc de la montagne et sont mêlés à des débris des constructions élevées sur le Cynthe à l'époque hellénistique.
Santorin et à Milo, l'on construit surtout des maisons cubiques, à toit plat. A Syra, les toits pointus voisinent avec les terrasses, en nombre à peu près égal. Plus on avance vers le Nord et plus ces dernières deviennent rares. Elles finissent par disparaître, ou très peu s'^n faut, dans certaines des Sporades.
Une question encore mal éclaircie se pose ici à propos du prétendu temple du mont Ocha et des constructions eubéennes similaires I. Par son plan, beaucoup plus large que profond, par la forme de sa toiture à quatre pentes, Pédicule de l'Ocha se singularise parmi les ruines de la Grèce propre. On serait assez tenté de le rattacher à la tradition Cretoise, ainsi que l'on a certainement droit de faire pour les habitations préhistoriques de Mélos et de Théra. Il n'est pas impossible que l'Eubée ait été colonisée au moins sur sa rive orientale par des populations apparentées à celles de la Crète et du Sud de l'Asie Mineure. Ainsi s'expliqueraient les caractères de ce monument si différent des constructions helléniques continentales. En tout cas, il ne les faut point mettre sur le compte du hasard, car il existe dans la même région, à Stoura, d'autres bâtisses du même type et d'un appareil analogue bien que moins soigné. La difficulté est de dater avec précision ces diverses ruines. On a longtemps considéré Pédicule du mont Ocha comme Paîné de tous les temples grecs. Puis on a mis en doute sa qualité de temple et sa haute antiquité. M. Wiegand a supposé qu'il avait été construit, comme aussi ceux de Stoura, pour servir d'abri à des guetteurs chargés de surveiller au loin la côte et qu'il ne remontait peut-être pas jusqu'à l'époque archaïque 2. N'ayant pas eu l'occasion d'étudier de visu le monument en question, je ne me permettrai pas de formuler dans le débat un avis personnel; mais il semble qu'on peut objecter à l'hypothèse de M. Wiegand, du moins en ce qui concerne la date, deux faits assez significatifs. C'est d'abord la qualité de l'appareil, très soigné et presque mégalithique 3 ; c'est aussi la présence à Stoura d'un
I. Annali del' Ist., 1842, p. 5-ii; Monument i deV ht., III, pi. xxxvii, ; J. Girard, Archives des Missions, II, i85i, p. 708 et suiv. ; Bursian, Die dryopische Bauweise in Bautrummern Eahœas, Arch. Zeitung, i855, p. 129 et suiv.; Perrot- Chipiez, VI, p. G55 et suiv.