Les origines de la Bible
Ceaux qui s’y trouvent remontent au moins à mille ans avant Jésus- Christ. Les parties les plus modernes sont peu antérieures à Jésus.
L'analyse et le classement chronologique des pièces contenues dans ce volume inappréciable sont une des plus belles œuvres de la critique contemporaine. Beaucoup de points sont douteux encore;
“les lignes générales pourtant sont arrêtées. Les travaux de MM. Kue-
nen, Reuss, Graf, Wellhausen ne sont pas de ceux qu’on peut appeler définitifs, Ils sont de ceux qui précèdent de très près les travaux définitifs. Une certaine raideur y décèle encore le théologien. Il y manque
le goût, l'habitude des appréciations de littérature comparée, une
pénétration complète de l’Orient et de l’antiquité. Le défaut de
… l'exégèse allemande, qui est de travailler trop habituellement dans lun espace clos et couvert, sans contact avec ce qui se fait en de-
hors de la théologie protestante, est sensible même chez ces maiïitres excellens. Jamais un homme de grande culture n’admettra que
Ja page : « Au commencement, Dieu créa le ciel et la terre,..» soit
l'œuvre d’un lévite écrivant à une époque d'esprit étroit. Jamais un
homme de tact, en garde contre le défaut écolier de souligner ce
qu’on croit avoir trouvé de nouveau, n'aurait fait tant de bruit autour de cette thèse à moitié vraie, à moitié fausse de la priorité du
ao été posées avec une rare netteté : on ne Les po Bon | on gré, mal gré, il faudra venir au champ clos que ces savans maîtres ont tracé.
‘a ba Bible hébraïque | se dise en: cinq ou six nn. ayant, dans hi le volume total, leur unité séparée. Il y a d'abord la partie histo— rique « ou légendaire, en laquelle la partie législative est maintenant intercalée. — Il y a ensuite le rouleau prophétique. contenant les 16 pièces d’une douzaine d’orateurs ou d'écrivains qui vont de l'a 800 à peu près jusque vers l’an 500 avant Jésus-Christ. C’est dem … beaucoup la plus importante partie de la Bible. Si nous n’avions pas ces écrits, le plus souvent datés ayec précision, le doute pourrait envahir toute l’histoire israélite. — Le recueil des hymnes où psaumes serait presque aussi instructif, si les circonstances aux= quelles ces pièces se rapportent étaient connues; malheureuse= ment, parmi les cent cinquante morceaux qui composent le livre, à peine en est-il une dizaine qu'on puisse dater avec certitude . Le recueil des écrits sapientiaux est d’un rare intérêt; mais les, données chronologiques, si avidement recherchées par la critique Mb moderne, y manquent le plus souvent. Fe : La partie historique de la Bible est donc, si on sait la mn . avec la partie prophétique , le grand sillon qu'il faut suivre pour pénétrer en cette mystérieuse antiquité. L’historiographie d'Israël us s'élève, dans le désert des autres histoires, tantôt en colonne d'ombre; . tantôt en colonne de lumière. Les secours ordinaires de la critique, . la numismatique, l’épigraphie, manquent ici tout à fait (4). L’égyp- tologie et l’assyriologie éclairent d’une vive lumière quelques parties … des documens hébreux, mais ajoutent aux textes historiques de la , ns Bible peu de renseignemens directs. La Grèce ne sut rien de cen monde, fermé pour elle et discret à l'excès. L’ historiographie israëli ne peut doncêtre contrôlée que par elle-même ; mais telle est labonne | … foi avec laquelle $e firent ces compilations antiques , qu elles nous fournissent presque toujours les moyens de rectifier Les changemens de point de vue amenés par le temps. Un esprit exercé, . lisant d’un bout à l’autre les livres de la Bible dits historiques, arrive à voir, avec une très grande vraisemblance, les remanien tre mens successifs que ces livres ont subis et les littératures pers dues dont les fragmens sont cachés dans leurs substructions®
Et
(4) On ne possède que deux grandes inscriptions hébraïques antérieures à la capi : tivité. A
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ds dans « soit dans la Bible, soit à côté Érele., tros fu Ah toires du peuple hébreu plus où moins originales. Il faut placer Fe.
done ligne le grand ensemble d’écrits narratifs qui s'étend,
dans la Bible hébraïque, du premier mot, Bereschit, à la fin ds
deuxième livre des Rois (1), prend les choses à la création et renferme toute l’histoire du peuple israélite , comme ce peuple luimême la comprenait, jusqu’à l'anéantissement du royaume de Juda par la puissance chaldéenne (584 ans av. J.-C.). Bien que composé de parües fort diverses, ce grand ensemble, qui constitue près de la moitié de la Bible, a été coordonné en un tout, ayant son
unité\ Un dernier éditeur (si l’on peut s'exprimer ainsi) en a disposé les parties de manière à former un ouvrage à peu près suivi.
Ce dernier éditeur travailla certainement après l’an 560 avant Jésus-
Christ, puisqu’un fait qui fut la conséquence de la mort de Nabucho-
donosor, arrivée cette année, est rapporté dans l'ouvrage. D’autres particularités des textes législatifs font descendre plus bas encore cette coordination définitive. Il est probable que le précieux ensemble historique dont nous parlons ne fut constitué dans sa forme actuelle qu'après l'établissement définitif du culte dans le second temple, vers l’an 515 avant Jésus-Christ. Ajoutons qu'après cela, il put y survenir encore bien des interpolations, bien des add tions, bien des retouches.
: Également dans la Bible hébraïque, à la fin du volume, se trouve un autre ensemble historique, composé des deux livres des Chroniques (2) et des livres d’Esdras et de Néhémie, qui en forment la suite. Les deux livres des Chroniques sont un abrégé sec, inexact, rédigé au point de vue hiérosolymite et sacerdotal, des vieilles histoires. Il convient d’en faire peu d’usage; on ne saurait
le dédaigner, cependant; car le lévite inintelligent qui a compilé à
Jérusalem ce médiocre ouvrage avait entre les mains quelques écrits que nous n'avons plus, oû, ce qui revient à peu près au même, il possédait des livres des Rois plus complets que les nô-
tres. Les deux livres d’Esdras et de Néhémie, d’ailleurs, contien=
© nent Phistoire au-delà de la captivité et nous donnent, sur les restaurations juives du vi° et du v° siècles, des renseignemens de médiocre valeur, mais dont il faut bien faire usage faute de mieux. On est à peu près d'accord pour placer la rédaction des Chroniques, d'Esdras et de Néhémie vers le temps d’Alexandre ou dans les
derniers temps de l'empire perse (330 ou 340 avant J.-C.)
(1) Quatrième selon la Vulgate.
(2) Ce que les traducteurs grecs appelèrent les Paralipomènes.
he | ‘anciennes, re n'avait d'ares Aouniens que ceux que nous. AA à | possédons ; en ce qui concerne ces parties, son livre est sans au- . torité. Pour l’époque asmonéenne, pour celle des Hérodes, pour ‘les révolutions du 1* siècle, au contraire, les écrits de Josèphe ont toute la valeur d’un document: original.
La chaîne historique commençant par Bereschit a donc une
importance hors ligne. Seule elle nous fait connaître la période anté- * rieure à la prise de Jérusalem par les Ghaldéens, puisque les Chroni-
ques et Josèphe n’en sont guère, pour cette partie, que des rema-
niemens. Vers le n° siècle avant Jésus-Christ, on divisait cette grande composition, pour la commodité des copistes, en onze vo-
lumes ou rouleaux, à peu près d’égale longueur, division que les traducteurs grecs alexandrins adoptèrent et qui aboutit à faire
considérer comme des livres distincts : Genèse, Exode, Lévitique,
Nombres, Deutéronome, Josué, Juges, 1°" et 11° livres de Samuel, 1 et n° livres des Rois. En réalité, ce sont là onze coupures
dans une grande série, composée d'ouvrages juxtaposés, Jess
quels sont eux-mêmes le produit de compilations antérieures:
Ces divisions répondaient si peu à des unités réelles que, dès une « époque très ancienne, on commit sur le groupement de ces titres
une méprise qui à eu pour la critique les conséquences les plus …
graves.
De bonne heure, en eflet, on prit l’habitude de grouper les cinq premières sections : Genèse: Exode, Lévitique, Nombres, Deutéro=… nome, sous le titre particulier de Pentateuque. Ces livres avaient. pour la religion une importance particulière; ils contenaient toutes
les parties législatives censées révélées par Dieu à Moïse. On ne
remarqua pas que la section qui suivait, savoir Josué, se rattachait intimement aux cinq coupures qui précèdent; que la composition …
par l'alternance de deux documens principaux qui caractérise les
cinq! premières sections, se continue en Josué; que la plume.
de l’auteur particulier du Deutéronome se retrouve notoirement
dans des parties de Josué. Josué, en d’autres termes, fait une suite
immédiate au Deutéronome: la vraie coupe, très réelle et très pro-
fonde celle-là, est à la fin de Josué. Le livre des Juges et les livres de Samuel obéissent à des règles de composition toutes différentes.
La zébrure singulière qui caractérise les six premières sections
ne s’y retrouve plus. Ce n’est donc pas Pentateuque, c'est.
Hexateuque qu'il aurait fallu dire. Le vrai, c'est qu'en tête de la composition historique qui allait de la création à la prise de Jéru= salem, figurait un ouvrage complet, qui a existé par lui-même, et. qui contenait l’histoire primitive de la nation au point de vue de son,
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e avec lahvé (1). À l'origine, lahvé crée le monde, qui s’en
en retour à sa postérité la possession exclusive de la terre de Cha- naan. Par suite de diverses aventures, la famille élue devient esclave en Égypte. lahvé la sauve par un envoyé céleste, Moïse, qui lui sert d'intermédiaire pour donner à la nation un code complet, embrassant à la fois les choses de l’ordre profane et celles de l’ordre religieux. lahvé promet que, quand le peuple observera cette loi, il sera heureux; quand il la violera, tous les malheurs fondront sur lui. Josué réalise cette promesse par une suite de victoires et de miracles. La terre de Ghanaan est conquise et partagée entre les tribus fidèles.
Une sorte de domesday-book théocratique est établi sous la sanction divine; le pacte entre Israël et lahvé est fondé à jamais.
Tel est le livre, parfaitement complet, qui forme plus de la moitié de la partie historique de la Bible. La conquête de la Palestine en est la conclusion et la raison finale. C’est mutiler l'ouvrage que de l'arrêter à la mort de Moïse. Cette erreur capitale a eu une suite
. singulière. Le manque total de critique qui caractérisait l'antiquité fit réussir, en ce qui concerne l’auteur de cette Histoire sainte,
l'idée la plus arbitraire, la plus gratuite, la plus contraire aux - textes, l’idée que Moïse en était l’auteur. Une telle idée n'aurait pu exister si on eût pris le livre dans son ensemble ; car il eût été {rop fort de faire raconter à Moïse l’histoire de la conquête de Josué. En . S'arrêtant à la fin du Deutéronome, au contraire, on n'avait à ré-
pondre qu'à une objection légère selon les idées du temps ; on admet-.
. tait que le récit de la mort de Moïse avait été ajouté après Coup, et tout était dit. | Comment le livre qui commence par ces mots : « Au commence-
ment, Dieu .créa le ciel etla terre, » et qui finit à la mort de Josué a-t-1l été composé? Quels sont les élémens qui entrent dans sa . composition? À quelle date peut-on faire remonter chacun de ces élémens, et comment doit-on concevoir les diverses Opérations qui les incorporèrent successivement au livre vivant d'Israël? Tel est, avec la question de la rédaction des Evangiles, le plus important
problème qu’ait eu à résoudre la critique moderne. Le problème du Pentateuque, ou, pour parler plus exactement, de l'Hexa-
EN RNRERT = DE x
é (1) Quoique j'aie pour principe de garder les transcriptions reçues, même quand ” elles sont défectueuses, je m’interdis la forme Jéhovah, forme fabriquée avec les con- | sonnes d’un mot et les voyelles d’un autre mot. C’est comme si on prononçait Paris avec les voyelles de Lutèce, Purèse serait un barbarisme que l’histoire sérieuse de- AUS. 1 . . .
vrait s’interdire,
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tout d’abord dans les voies d’une civilisation profane et impie. Ledé ri: Sn. luge ne suffit pas à le ramener; lahvé se constitue alors une tribu d'élection, avec laquelle il fait un pacte spécial. Il tire le chef nomade Abraham de la Chaldée, l’attache à son culte et promet de donner