‹ Les origines de la Compagnie de JésusChapitre 47 sur 49 · MM ET E · texte numérisé non relu

MM ET E

à un vœu passager, inexprimé peut-être, La valeur d’un à Épait accompli, J'attends que les Jésuites fassent la S LT

. preuve; c'est-à-dire nous fournissent un document que

la critique historique puisse sérieusement discuter, et

. accepter sans complaisance.

Reste Ribadeneira: j'ai dit quels motifs me font suspecter, sinon sa bonne foi, du moins l’objectivité de

son témoignage. Ribadeneira était un naïf, auquel on

à ee é) persuadait aisément que c'était arrivé, Îl avait connu $ Ignace et Lainez, mais de loin; au moins pour le dernier, qu'il ne vit qu'en passant, à de longs inter- | valles. C'était d’ailleurs un «fils de l’obéissance », en puine temps qu'un naïf, lequel ne se permettait point

. de dire ce qu'on lui ordonnait de taire, — exemple: le

silence gardé par lui sur Cisneros, les à et les Bénédictins de Montserrat, dans sa vie d’ Ignace, STE de taire ce qu’on lui ordonnait de dire. — Témoin le

Jésuite Feller, qui lui reproche sa facilité à croire Ccer-

tculier qui nous occupe, il lé été certainement donnée à un Root sans ee de L

Le III

Lettre de Laiïinez aux profès de la Compagnie.

GQuand Paul IV, il y a plus de deux ans, obligea la | «Compagnie au chœur et réduisit à trois ans le géné- . «ralat perpétuel, trois pensées me vinrent à l'esprit et 3 «je les ai encore. La première est que ni l’un ni l’autre ; «de ces deux décrets n'étaient avantageux à notre «institut, parce qu'ils étaient contraires à ce qui avait «été établi par notre Père Ignace, reconnu par la Com- «pagnie, et confirmé par l'expérience!, Ma seconde «pensée fut que cette détermination ne paraissait pas «venir de l'initiative personnelle du Pontife, parce L «qu'elle avait été prise tout à coup, et qu'elle détruisait . «ce qu'avaient fait les Papes précédents, et ce que lui-

&même avait confirmé par l'organe du cardinal Pacheco. . «Aussi, après la mort de Paul [V, les plus doctes per- : «sonnages de Rome jugèrent que cet acte n'avait plus

& 1 Quelle expérience ? Celle du seul généralat du fondateur, … lequel avait d’ailleurs voulu se démettre.

320 LES ORIGINES DE LA COMPAGNIE DE JÉSUS «de valeur; ils nous conseillèrent de le tenir pour 5 «annulé, et de rédiger à l'encontre une protestation à «solennelle et juridique ; ce qui fut fait, le tout par le 4 «conseil et l'impulsion de personnes étrangères à la « Compagnie; car je ne voulais faire aucun changement. ; «avant la création du nouveau Pape. Ma troisième «pensée, la seule qui me pousse à vous écrire, fut la «suivante. Je pris dès lors la ferme résolution, si Dieu à «voulait prolonger ma vie jusqu’à l'expiration des trois : | «années, non seulement de ne rien faire pour conserver … : «le généralat, mais de mettre en œuvre tous les moyens % 2 «où iln’y aurait pas offense de Dieu, pour me décharger A « de ce fardeau. Si mon confesseur ne me l’eût défendu,

(j'aurais, sans consulter les assistants, appelé à Rome

RSR ST

«les Pères à qui nos constitutions donnent le droit «d’élire le général, afin qu'ils me nommassent un suc- «cesseur à l'expiration dés trois années. J'ai consulté «les assistants, et tous ont été d'avis que je devais «rester dans ma charge sans tenir aucun compte du A «décret de Paul IV. Néanmoins, je me suis déterminé «à ordonner, comme Jje le fais par la présente lettre,

«que le commissaire général d'Espagne, tous les pro-

1 : F A 2. 7.4 € vinciaux et tous les profès qui sont en Europe, après « «s'être recommandés à Dieu et avoir pesé les raisons. n

«pour ou contre. que l'indique dans cette lettre, et … P > que J ) î

«celles que chacun découvrira par ses propres réflexions, «se proposant uniquement le plus grand service. de «Dieu et le plus grand bien de la Compagnie, dégagés

«de tout intérêt et de toute considération humaine,

«écrivent et signent leur opinion sur la question de __ «savoir si l’on doit faire, ou non, une nouvelle élection Cd'un Père général à la fin de ces trois ans ; qu'ils

«exposent clairement leur avis écrit; qu'ils cachettent

«leur lettre, sans se faire connaître leurs sentiments

«les uns aux autres; qu'ils remettent cet écrit à leur &provincial; qu'on en garde une copie, si cela est «nécessaire, et qu'on envoie soigneusement les ori-

. «ginaux à Rome, afin qu'après les avoir lus et avoir.

. «demandé conseil aux assistants, je puisse prendre le «parti le plus convenable pour la gloire de Dieu et le «bien de la Compagnie.

«Afin que chacun puisse écrire avec plus de liberté «ce que sa raison lui dira, nous prendrons ici des 5 «mesures pour que je ne connaisse pas les noms des Cauteurs de chaque avis, bien qu'à vrai dire, 11 n'y ait «aucun inconvénient à ce que Je les connaisse; car, Je be suis pleinement assuré que ceux qui jugeront devoir «m'imposer la continuation de ma charge, le feront He « pour obéir à leur raison ; et que ceux qui jugeront le AT contraire, agiront également par raison et par piué «€ pour moi; J'espère bien, et me promets, par la grâce «de Notre-Seigneur, que je ne les en aimerai pas « moins, mais au contraire bien plus qu'auparavant. «Que tous le sachent bien : je renonce volontairement «à tout droit que je puis avoir de remplir cette charge «au-delà de trois années. Je supplie tous les profès en « général .€t chacun en particulier, s'ils jugeaient les

«deux partis également glorieux à Dieu, de me

«décharger d'un fardeau qui n’est pas fait pour mes

« épaules, afin que, délivré de cette charge écrasante :

«pour moi, je puisse servir autrement Dieu et la Com-

«pagnie.

« Les raisons alléguées par les Pères assistants pour «ne pas faire une nouvelle élection sont, autant qu'il

«m'en souvient, les suivantes :

«La charge du généralat doit, selon nos Consti-

«tutions, être à vie : les dispositions contraires de. € Paul IV sont annulées par sa mort. L'institut reprend «donc ses anciens droits ; autrement, il faudrait rétablir «le chœur. Les personnages les plus doctes de Rome «ayant déclaré que l'obligation d'observer ces deux « décrets finissait avec la vie du Pontife, vouloir remettre

«en vigueur celui qui détruit la perpétuité du généralat, «ne serait-ce pas aller contre l'institut et en affaiblir « l'autorité? Nos constitutions exigent qu'un général élu

«ne refuse pas la charge qui lui est imposée, et de plus «qu'il ne soit point libre de la déposer; y consentir «serait ouvrir la porte à. de graves dommages qu'il faut «prévenir. Enfin, la Compagnie ne consentirait pas à ce. « dérangement occasionné par la convocation d’une « congrégation générale sans nécessité. À ces raisons «J'en puis ajouter une, c'est que Jamais, si jen crois À «ra conscience, je n'ai rien pensé, dit ou fait, direc- 4 «tement ou indirectement, pour m'ingérer dans cet 4 «office; mais qu'au contraire je m'en suis défendu etai «fait mon possible pour que les Pères électeurs ne 4 «pussent point penser à moi. Malgré tout, et “bien que | *

«l’on connût mes misères, Dieu a permis que Je fusse «élu d’un commun accord par les Pères présents", et «aussi par les absents, quoique, soupéonnant l'opinion «de ces derniers, J'eusse vu avec joie qu'on refusait «d'en tenir compte.

… «Toutes ces indications, et d’autres encore, m'incli-

. «naient à penser que Dieu lui-même avait mis de sa «main celté croix Sur mon épaule, et que Je ne devais

«pas secouer ce fardeau. Je craignais que le désir de «m'y soustraire ne me vint d'un excès d'amour de moihH< même, et de mon goût pour des occupations moins

«uniformes, me voyant condamné du matin au soir à

«lire et à écrire des lettres, à connaître les actes des

«autres et à m'en préoccuper, et cela pour toute ma vie.

«J’ajouterai encore que, me connaissant moi-même, il

«me semble que je ne ferais rien sciemment contre les

«intérêts de la Compagnie. Si je renonce au généralat, * «Dieu peut permeltre que mon successeur soit dans «d'autres dispositions ; bien qu'à vrai dire, je ne con- . €naisse personne de tel dans la Compagnie.

__ CQuant aux raisons contraires, lesquelles me pa- «raissent assez fortes pour décider, malgré ce qui a L« été dit, à faire une nouvelle élection, je donnerai

.< d'abord la principale qui en vaut à elle seule beaucoup

; M Le lecteur a vu au chapitre IV que 20 électeurs sur 40 se trou- . vaient réunis lors de l'élection de Lainez, et que 13 seulement 5 votèrent pour Lainez: il faut convenir, si le texte de cette lettre À w a pas été retouché, qu'il fallait une certaine audace pour parler

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«d'autres, et pourrait suffire à Faber ë. no «C'est qu'en considérant attentivement les qualités

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