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CHAPITRE IX

La causalité dans la succession des phénomènes. — La succession empiri<|iie et la succession logique ou nécessaire. — Gomment la succession en arrive à être logique. — Origines de la nécessité logique 249

lMO-11. — Goid^iniie». lap. Pavl iffiODARD. — P1043.

Journal de Physiologie et de pathologie générale, n° 3, p. 653 mai 1912.

CSette étude ps^bologique yise à démontrer que c*est la faim, besoin primordial de Torgaaisme, qui a oooduit resprit à la coasAissaDce du

d'autre part, à la sensibilité externe. L'originalité des idées de M. Ramon Turrô réside en ce que cet auteur, pourrait-on dire, tire de sa oondition d'infériorité la sensibilité trophique, interne, cellulaire; c'est grâce à la sensibilité trophique que Tétre a acquis ses premières connaissances ; la sensibilité externe les a Yériâées et en a apporté de nouvelles. Le travail de la pensée, pour être en état de s'effectuer, avait besoin des unes comme des autres. Ë. Feinokl.

Deatsche medizinische Wochenschrlft, n** 33, août 1910.

Si le manque de l'apport alimentaire est assez accusé, il arrive un moment où l'activité de certaines glandes et des processus nutritifs de régulation nutritive en général, ne suffisent plus à couvrir les besoins organiques. Il se produit, alors, une stimulation sur les centres nerveux, stimulation qui franchit le seuil de la conscience et fait naître la sensation de faim.

Mais cette sensation n'est pas unique et homogène : c'est une addition de sensations spécifiques, correspondant électivement aux substances manquantes au milieu interne.

Les sensations élémentaires qui composent la sensation globale de faim peuvent aussi varier quantitativement dans les différents états phj^siologiques ou pathologiques. L'auteur nous montre, avec une extraordinaire sagacité, comment la faim élémentaire est modifiée parle climat, par la maladie, etc. Ë. Oderndorfer.

Berliner ktinische Wochenscfarift, n° 25, juin 1912.

Les redierches du professeur Turrô méritaient d'être publiées sous forme de livre. Cela est arrivé. [Ursprûnge der Erkenntnis {Die physiologische Psychologie des Uungers), J.-A. Barth, Leipzig]. — Elles nous révèlent la psychologie phj^siologique de la faim et elles nous conduisent, par des chemins encore inexplorés, jusqu'aux origines de la connaissance humaine.

On trouve, dans la première partie du livre, l'étude de l'origine et de la nature du sentiment de faim, cour lesquels Fauteur s'est inspiré des récentes et pour la plupart originales observations biologiques. La conclusion de cette analyse c'est qu'il existe une auto-régulation qualitative et quantitative du métabolisme, qui est le résultat de la sensibilité trophique.

La vie est rapportée èi sa fonction fondamentale : la nutrition, c'est-àdire la décomposition et la recomposition de la matière vivante suivant des lois fixes. Dans ces processus, les réflexes trophiques et la sensibilité trophique des tissus jouent un rôle de tout premier ordre. Par eux il se forme une expérience trophique. La faim en est la ré|>ercu3sioii sur la conscience, dès qu'il y a manque des substances nécessaires au maintien des fonctions nutritives. Cette faim n'est pas simple, ^le est le résultat de l'addition de tendances trophiques électives, de tendances qui résultent du manque de substances nécessaires à la vie.

La deuxième partie traite spécialement de l'expérience trophique, de l'oriçine de la connaissance, du réel extérieur. C'est une application des résultats de la première partie du livre à la psychologie et à la philo-

Sophie, à la doctrine de la connaissance. La moisson philosophique rassemblée par l'auteur dans le terrain des sciences naturelles nous parait tout à fait justifiée. On doit attendre avec impatience la suite que Fauteur nous promet de donner à ces études.

E. Seifper, professeur.

Revue philosophiqae, n* 8, août 1912.

Pour étudier les origines de la connaissance, Tarr6 s'attache tout d'abord à déterminer avec précision les conditions de V « expérience trophique ». L'origine de la connaissance ne doit pas, en effet, être recherchée, comme on l'a fait à tort, dans les premières impressions sensorielles. Le fait primordial, chex l'animal, c'est l'expérience qui lui permet de faire pénétrer dans son organisme les substances qui lui sont utiles. Cette « expérience » est d'abord un fait biologique, puis psycho-physiologique, enfin co^itif. On évite en général d'examiner ce problème en rapportant à 1* « instinct » une sorte de connaissance innée de ce qui peut ou non satisfaire les besoins nutritifs de l'animal. Mais ce n'est pas une explication, et M. Turrô a montré par ses belles recherches que le problème était susceptible de recevoir une solution positive.

Telle est, dans les grandes lignes, la théorie de la faim qu'expose M. Turrô. Elle lui sert de point de départ pour ébaucher une très intéressante théorie de la connaissance. Le problème, pour lui, doit être posé d'une manière tout à fait différente de celle sous laquelle il Ta été jusqu'à présent. On a jusqu'ici cherché l'origine de la connaissance dans les premières impressions sensorielles. Or, c'est au contraire l'expérience trophique qui établit, entre les données sensorielles encore obscures et confuses, les différenciations primordiales qui serviront à leur tour aux différepciations ultérieures par lesquelles s'établira la connaissance du monde extérieur. Nous avons vu que, de bonne heure, des associations s'établissent entre les impressions trophiques et les impressions sensorielles; or c'est là une connaissance inductive, Tinduction « étant la découverte des relations qui peuvent s'établir entre deux processus auparavant isolés > ; et cette induction deviendra le fondement de l'induction logique.

Ces intéressantes recherches de Turrô forment la première partie d'un ouvrage à paraître ultérieurement sur les origines de la connaissance ; on ne saurait trop encourager l'auteur à poursuivre des recherches si fécondes et qui ouvrent une voie nouvelle à la psycho-physiologie.

J. Dagnan-Bouveret.

Zeitschrift ftar die ges. Neurologie und Psychiatrie.

Turrô R. — Urgprunge der Brkerminis. — L Die physiologische Psychologie des Hungers (Deustch Y. F. H. Lewy), 1911.

Ce livre est une ampliation du travail paru dans la Zeitseh, f. Psychologie und Sinnesphysiologie (44-45), dont la première partie a été déjà analysée dans notre Revue.

C'est une heureuse trouvaille, celle de rapporter les fonctions les plus élevées de l'intelligence à la tendance la plus primitive et la plus répandue : la poussée vers l'aliment. L'auteur expose cette thèse avec grand talent et en faisant preuve de connaissances très étendues.

Le contenu, comme on voit, dépasse de beaucoup nos limites; néanmoins, le psychiatre et le neurologiste pourront lire le livre de Turrô avec plaisir et avec un réel profit.

L'auteur nous montre que la connaissance de la valeur trophique des aliments et la somme de tous les processus qui constituent l'expérience trophique, font la base de toute la connaissance.

R. Allers, Munich.

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