LES ORIGINES DE LA HKCL AR A T ION
En un mot, comme jadis les Physiocrales, l'Assemblée partait de ce principe que, pour assurer sa conservation et se procurer le bien-être, chaque homme tient de la nature des facultés; pour elle comme pour eux, c'était dans le plein et entier exercice de ces facultés que consistait la liberté et c'était de l'usage de ces facultés que dérivait la propriété ' : assurer à tous les sujets la jouissance de ces droits, voilà le but qu'on donnait à tout gouvernement et c'est aussi celui qu'on se proposait en promulguant la Déclaration des droits de l'homme.
Il ne serait d'ailleurs pas impossible de démontrer que Lafayette lui-même subissait, peut-être à son insu, la doctrine physiocratique : nous le voyons en ellet préoccupé d'assurer à chaque homme « la disposition entière de sa personne, de son industrie, de ses facultés, » et il déclare, comme aurait fait Quesnay, que <( pourqu'une nation aime la liberté, il suffit qu'elle la connaisse ». Il se contente en effet d'établir deux utilités pratiques d'une Déclaration des droits: « La première, dit-il -, est de rappeler les sentiments que la nature a gravés dans le cœur de tous les hommes, mais qui prennent une nouvelle force lorsqu'ils sont solennellement reconnus par une nation... La