Derniers Moments, II, 41, 43, 46, 48, etc
2. Préface du Précis Jes campagnes de César (Bibliographie, 14).
3. Derniers Moments, I, 1-75, 168-190, 215-23C, 2'i5-267, 272- 278, etc.
tautôt écrit jour à jour. La première forme ne nous fournit presque rien, et la seconde, on l'a vu, n'est pas toujours sûre. Napoléon a dû savoir qu'Antommarchi tenait un journal de sa maladie, mais comme il y eut toujours peu d'intimité entre Napoléon et son médecin, il est probable qu'il ne se préoccupa pas de savoir si Antommarchi préparait ou non un Mémorial.
On a soupçonné' Antommarchi d'avoir enrichi son ouvrage à l'aide de ce qui avait déjii paru. C'est fort possible. Le Napoléon en exil avait été publié en 1822, le Mémorial eu 1823, les Derniers Moments de Napoléon sont de 1825. Antommarchi a voulu sans doute exploiter une veine qui semblait fructueuse", et ce qui ferait croire à des emprunts de sa part, c'est que son ouvrage ne contient peut-être pas un récit qui ne se trouve dans les autres mémorialistes. Il se pourrait qu'Antommarchi, puisant dans O'Meara ou Las Cases les conversations de Napoléon dont lui-même était mal fourni, n'y ait ajouté que les charmes de son stvie.
1. Touchard-Lafosse, Précis de l'histoire de .Xapotcon. Paris, Thoisnier-Desplaces, 1825.
2. Sans beaucoup de succès, semble-t-il. Sauf l'édition de 1825 et la réimpression récente de Garnier, les Derniers Moments de Xapoteon n'ont jamais été publiés isolés, mais parfois comme complément du Mémorial (dans l'édition de 18^2 par exemple) et du Mapoléon en exil (dans l'édition espagnole de O'Meara. Paris, Bossange, 1827).
Il est un exemple assez typique de cette utilisation , par l'emphatique docteur, de thèmes déjà connus : on lit dans les Lettres du Cap^ que l'amiral Cockburn ayant invité à un bal le général Bonaparte, Napoléon dit h Bertrand : « Envoyez cette carte au général Bonaparte. Les dernières nouvelles que j'en ai datent du champ de bataille des Pyramides et du Mont Thabor. » Ouvrons maintenant .Vntommarchi'. Hudson Lowe inquiet demande : « Que fait le général Bonaparte? — Je l'ignore, répond le docteur. — Où est-il? — Je ne sais. — Disparu? — Tout h fait. — Comment? Quand? — Je ne sais pas au juste. — Depuis quelle heure? — L'heure? La dernière bataille où il a commandé est, je crois, celle d'Aboukir... Je n'en ai pas entendu parler depuis. » Et il y a encore une page sur ce thème. Le docteur avait l'instinct de la scène; mais que vaut un ouvrage que l'on peut soupçonner d'être tout entier composé de la sorte ^?
Nous ne ferons donc que peu de Ibnd sur l'ouvrage d'Antommarchi. Mais, ajoutons-le, on n'en tiendrait aucun compte que la perte ne serait pas grande. Ce court récit est bourré de pièces justifi-