‹ Les origines de la légende napoléonienneChapitre 36 sur 286 · Id · texte numérisé non relu

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4. Ces « seconds étals », toujours plus lon-jrs que les premiers, ont paru suspects à Quérard {Supercheries littcraircs deioi/ees, II, p. 2230) : il a cru voir dans ces changements la main d'éditeurs désirant allonger la copie. Un fait tendrait à lui donner raison : à peu près toutes les additions faites aux notes primitives sur le Manuscrit de Sninte-Hélène sont des morceaux textuellement empruntés aux Lettres du Cap : les éditeurs auront peut-être voulu faire rentrer par fragments dans les œuvres de Napoléon ces Lettres du Cap, qu'ils ne pouvaient guère alors avouer comme de leur maître. Mais cette utilisation des Lettres du Cap a pu être ordonnée par Napoléon; et deux faits défendent la probité des éditeurs contre les soupçons, souvent excessifs, de Quérard : 1° les notes publiées en 1822 sur Fleurv de Chaboulon étaient assez vives contre les Bourbons pour que les éditeurs aient été obligés d'y pratiquer — on le voit sans peine — de vastes coupures. Se seraient-ils amusés à gonfler ces notes pour les tronquer ensuite? — 2° Les noies sur Llovd ont été gonflées comme les autres, et les éditeurs n'avaient pourtant nul intérêt à le faire : car ils ne les ont pas publiées.

LA MÉTHODE DE TllAVAIL DE NAPOLEON. t3

écrits obtenus par les recherches et les dictées que je viens de décrire ne constituèrent euxmêmes que des premières versions, auxquelles de secondes versions succédèrent, obtenues à l'aide des mêmes procédés, avec des matériaux plus abondants.

i° V Histoire de la campagne f/'//a^/e (1796-1797), précédée du Siège de Toulon, du Treize Vendémiaire et des Opérations de Varmée d'Italie (1792-1795), nous est parvenue sous deux états. Napoléon avait commencé à la dicter à Las Cases sur le Northumberland, le 9 septembre 1815, n'ayant à sa disposition qu' « un mauvais livre sur les guerres des

La première publication est de 1870, On peut procéder par analogie, et conclure que ces changements et accroissements sont l'œuvre de Napoléon : cela s'accorde parfaitement avec ce que nous venons de voir de sa méthode de travail.

yote additionnelle. — Je crois avoir aussi retrouvé un premier état des Lettres du Cap. Dans le premier cahier communiqué par M. du Couedic de Kergoualer (voir Bibliographie), on trouve des y oies sur l'ouvrage intitulé : Letters written front Saint Ilelena, prinled in London in 1S16, avec le préambule suivant : " On a publié en Angleterre en 1810 une brochure sur Napoléon; elle a eu un grand nombre d éditions, a été traduite en plusieurs langues. Dans plusieurs contrées, où la police en a empêché la circulation, elle a pénétré manuscrite. Bien des choses sont vraies, mais il existe des objets importants que l'auteur dénature; il est évident qu'il n entendit ni le français ni l'italien. Nous redresserons dans onze notes ses récits les plus importants. " Ces onze notes contiennent l'essentiel des Lettres du Ca/', et dans le même ordre. Il est probable qu'on en a là une première ébauche, à laquelle Napoléon a donné ensuite un cadre littéraire, et qu'il a cherché à rendre d'une lecture agréable par un récit varié et l'addition de quelques anecdotes.

Français en Italie ' ». Il la continua avec ses divers compagnons, mais surtout Las Cases, sur le Nortliumherland- et aux Briars^, avec aussi peu de ressources. Elle fut corrigée et retouchée ii l'aide de YAnniial Rei^ister, à partir de novembre 1815*. Les Bulletins de Napoléon, prêtés par sir Hudson Lowe en avril 1816, et les Moniteurs arrivés en juin ne servirent qu'à fournir l'ouvrage de pièces justificatives et ;i y faire quelques corrections de détail, mais non à le refondre en entier^. En octobre 1816, Napoléon en faisait brûler les brouillons et ne conservait que deux copies '' : la première version était donc entièrement finie lors de l'enlèvement de Las Cases. Las Cases ayant été arrêté le 25 novembre, ses papiers furent saisis, et, parmi eux, une partie au moins des deux copies. Napoléon les réclama. Las Cases demanda à eu conserver quelques chapitres, et Napoléon y consentit : ce sont eux qui, après avoir partiellement paru dans le Recueil de pièces authentiques

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