Forsyth, 1, 406; II, 139, 142; IV
5. Montholon même et Bertrand n'ont pas toujours été bienveillants pour Las Cases. Noble, ancien émigré, non militaire, nouveau venu dans l'entourage de Napoléon, il était mal vu de ces hommes arrivés par la voie des armes, qui n'avaient pas connu l'ancien régime, et se voyaient éclipsés par lui dans la faveur du maître. Sa qualité d'ancien émigré, sa politesse exagérée d'homme de cour, le faisaient surnommer à Longwood le
Las Cases a eu en revanche des défenseurs et des garants; son compagnon Montholon, écrivait en 1841 : « Dans ma conviction intime le dévouement du comte de Las Cases a été sans réserve ' ». L'honnête Planât voyait en lui « le généreux martyr du dévouement le plus parfait" ». Le général Lamarque, fort bien traité, il est vrai, dans le Mémorial, trouvait « qu'il faisait honneur à la nature humaine' ». On peut là-dessus conclure : Las Cases n'a été ni intéressé, ni intrigant, ni inintelligent. S'il y a à se défier de quelque chose, c'est de son enthousiasme pour son maître : mais, intelligent et honnête homme, on peut attendre en lui un témoin fidèle; et pour ce qui importe spécialement, les conversations de Napoléon par lui recueillies, rien, jusqu'ici, ne nous invite à la méfiance : aurait-il osé altérer les oracles rendus par son idole?
Jésuite (Gourgaud, 16, 17. 18 novembre 1816. — Forsyth. II, 204; IV. 86). Une sorte de coalition s'était formée à Longwood contre lui (Gourgaud, 22 juillet 1816), et Napoléon avait dû intervenir. — On avait insinué à Napoléon qu'il pourrait bien être un agent des Bourbons chargé de le surveiller.
1. Sentiments de Napoléon sur le christianisme, de Beauterne, pièces justificatives.
2. Mémoires du roi Jérôme {Bibliographie, 106), t. VII, p. 326. — Voir aussi la lettre de Planât du 10 novembre 1821 (Bibliographie, 111).
3. Mémoires de Lamarque. Paris, Fournier, 1835-1836, t, I, p. 246.
Note additionnelle. — Voir, à l'Appendice IV, une discussion sur les conditions dans lesquelles Las Cases quitta Sainte- Hélène,