A. M., Nevers. Comptes, CC
6. A. M., Amiens, BB. 22, f*" 12, 13, 22. — Beauvais, BB. 13 (août 1520).
multiplient les mesures de défense, les peuples, les processions et les prières. Rien n'arrête la contagion.
Après répidémie, l'insécurité. Chaque grande ville est devenue un mauvais lieu. Chassés des campagnes, poursuivis, traqués par les gens de justice, tous les coupe-jarrets, égyptiens, ruffians, coureurs de grand chemin, sont sûrs d'y trouver un asile presque impénétrable et insoupçonné. Unis aux écoliers, aux compagnons, aux laquais, a tous ces fainéants ou meurt-de faim qu'ils recrutent dans les bouges ou les tavernes, ils font assemblées, monopoles, parcourent les rues en armes, souvent tambourins en tête, coupent les bourses des bourgeois, prennent leurs maisons d'assaut, enlèvent les Glles *. Dès le règne de Louis XII, sous François I*»^ ces attentats se multiplient. Vainement, les conseils de ville chassent ces étrangers, interdisent les rassemblements, les jeux de cartes, de dés et autres causes de rixes ou de désordre -, organisent une garde, font prendre et pendre ces (( dérobeurs » publics pour servir d'exemple. Le nombre des règlements montre et l'étendue du mal et l'impuissance des remèdes. Dans chaque ville se propage un foyer d'agitation et de désordres. Imaginez dans cet amas d'explosifs une étincelle : une élection, un impôt nouveau, une menace de disette, la ville est en feu. — Aussi bien, dès les débuts du xvi* siècle, ces explosions se succèdent : à Bayonne, en 1488, à Montauban, à Moissac, en 1493, à Nevers, en lii07, à Châlons, en l">19^ A Lyon, en 1515, les artisans réclament une
1. Ces attentats sont fréquents. Cf. Angers (A. M.. BB. iO) : « Plusieurs gens, tant escoUicrs, serviteurs d^église... que de compaignons de mestier s^assemblcnt et se sont assemblez... eulx estans en armes, garniz de plusieurs basions invasibles et de tabourins d»" Souysses et font plusieurs excès... » (15 novembre 1497).
2. A. M., Angers, BB. 15, T' 23. Etablissement d'une garde de nuit (21 février 1511). /</., f» 129. Rafle faite des voleurs, vagabonds, etc., « les ungs pcnduz, ung dé&'ipilè et les autres fouettez, cssorillés et bannis... » (22 décembre 1512). — Chàlons (A. D., G. 164). Bannissement prononcé contre plusieurs manants (3 janvier 1519).
3. A. N., Grand conseil V», 1040 (25 août 1488). — A. D., Haute-
revision publique des comptes. L'hostilité est si vive que le conseil fait interdire la liberté des « histoires » et soumet à sa censure toutes les pièces jouées devant le peuple. Deux ans plus tard, la ville est en état de guerre. Des bandes armées s'attaquent dans les rues; les conseillers ne sont même pas en sûreté'. A Paris, en 1500, sous les appréhensions d'une famine, le peuple s'émeut; il court sus aux matchands qui font sortir les blés- et menace de les jeter à la rivière. Mais nulle part ces troubles ne furent plus graves qu'à Agen. Dès 1481, le peuple avait demandé pour ses représentants la moitié des consuls. En juillet 1514, à la suite d'une imposition nouvelle, éclate une véritable insurrection. Deux mille forcenés sont maîtres de la ville; ils réclament l'abolition du consulat, le partage des biens et l'établissement d'une commune démocratique. Pendant quelques jours, l'émeute est triomphante. Les consuls sont poursuivis, insultés. « Par la mort-Dieu! nous les aurons avant que soit demain, ce nous coustera la vie et à eulx-mesmes. » X grand'peine, ils gagnent Téglise Saint -Etienne, d'où ils entendent le peuple crier qu'on leur enlèvera « les poils de la teste comme l'on plume une hoye ». Il fallut une intervention énergique du parlement de Bordeaux pour rétablir les pouvoirs légaux ^
On prévoit ce que seront les luttes religieuses dans de pareils milieux. C'est qu'en réalité elles seront, inconsciemment ou non, une forme des luttes sociales que font naître
Garonne, B. 9, f" HO, 139. — Nevers. A. M., CC. 83, T 2. — Marne, A. D., G. 164 (3 janvier 1519).
1. A. M., Lyon, BB. 34, f" 10 v" (6 juillet 1515). Ici., V 161 v». Interdiction à Pierre Grenoble de faire jouer des histoires contre les conseillers (février 1516). /</., BB. 37, T' 155 v% 229. •