A. Col., C^ 74, p. -261 à
2 tambours 360
1 fifre 180
1 caporal i 100
54 soldats ) P^^ 4.320 18.232
Seconde compagnie 18.232
3® compagnie 18.232
un maître canonnier 800 j
4 seconds 1.800 ( 6.200
12 adjudants 3.600 )
un aumônier européen 800
un aumônier indien 400
un chirurgien major 1.200 J> 3.600
un second 800
un adjudant 400
Pour dépenses extraordinaires comme médicaments
et autres pour les malades et blessés 1 .000
Pour Tentretien de 15 à 20 nairs, brames et écrivains
du pays 1 .000
Pour bateaux, pour aller chercher des vivres 2.000
Commerce
un chef 2.000
les S" Louet 1 .000
Brière 800
Finiet 800
S^-Martin 800
Permet 600
La Lande, chef des interprètes 500
Pour les interprètes, nairs et serviteurs à Galicut. . 1 .200
Pour entretien de maisons 300
Présents ordinaires 2 . 000
Ports de lettres, etc 500
La garnison était ainsi de 330 hommes, avec M. de la Farelle comme major. Nous ne savons pas le nom de tous les autres officiers. Le capitaine de Gassonville avait
été rappelé à Pondichéry à la suite d'un incendie qu il provoqua involontairement dans la nuit du 24 août 1727 ; depuis ce temps, il était arrivé, venant de l'île Bourbon avec 00 hommes de troupes, les capitaines Mascle et Vacher ; M. Bertrand de la Farelle, frère du major, venant de France, était arrivé le l'"'" décembre par la Marie-Gertrude avec les enseignes Chambon et du Gairosse.
Lorsque la bonne entente fut rétablie avec les Anglais, le Conseil de Mahé estima que la garnison pouvait être réduite et il la ramena à deux compagnies composées ensemble de 256 hommes et commandées par un major, deux capitaines, deux lieutenants et deux sous-lieutenants. 11 décida en même temps de renvoyer à Pondichéry 4 officiers, dont M. de Gassonville, 69 soldats et trois employés.
Cette délibération est du 30 avril ; elle s'exécuta dès le lendemain et ce jour ne saurait nous laisser indifférents ; car, avec les troupes, il vit partir deux des hommes qui, depuis deux ans et demi, avaient le plus contribué à la conquête de Mahé et à sa mise en défense, MM. de la Farelle et Deidier.
M. MoUandin était parti un an auparavant ; M. de Pardaillan n'avait fait que passer ; d'autres comme M. Périer n'étaient plus qu'un vague souvenir ; des ouvriers de la première heure il ne restait plus personne et il n'y avait pas sept ans que nous étions à Mahé. L'homme ne fait que passer où il peine, heureux encore si quelqu'un se souvient de ses fatigues et de son nom. Puisse ce modeste ouvrage sauver de l'oubli ceux qui nous ont donné Mahé !
M. de la Farelle, en partant, laissa sa succession au
capitaine Mascle ; il ne parut pas convenable de confier ses fonctions à l'aide-major qui n'était que lieutenant et l'importance de la place ne comportait pas de titulaire effectif.
En rentrant à Pondichéry, la Minerve fut prise par un ouragan terrible au travers de Ceylan, le cinquième jour de la traversée. Le tonnerre tomba au milieu du bateau, brisant le mât de hune et endommageant le grand mât. L'eau entra dans les cales et bientôt il y en eut jusqu'à trois pieds. On mit aussitôt des matelots et des soldats aux deux pompes et c'est ainsi que l'on arriva à Pondichéry quinze jours plus tard. La Minerve devait aller jusqu'à Ghandernagor ; elle continua son voyage et coula à l'entrée du Gani^e. Tout le monde fut sauvé [d'après M. de la Farelle).
Nous avons dit qu'en principe la garnison était composée de 256 hommes. Tous les ans une partie de cet effectif devait être remplacée par des contingents venus directement de France ou pris à Pondichéry . Nous ne connaissons pas toutes les mutations qui se produisirent et d'ailleurs elles n'offrent pour l'histoire aucun intérêt. Nous nous bornerons, à titre de renseignement et parce que, selon toute apparence, l'histoire de Mahé ne sera écrite par aucun autre, à énumérer celles que nous avons pu relever.
Le 2o mars 1729, le Gonseil Supérieur fit passer à Mahé 13 soldats commandés par le lieutenant Balode ; en mai, le Saint-Ignace et le Saint-Pierre ramenèrent 46 soldats.
Le 10 février 1730, le Duc-de-Chartres prit à Pondichéry 15 soldats commandés par le lieutenant Bellemare de Montigny, et le 20 mai MM. Mascle et Bernard de la Farelle rentrèrent au chef-lieu.
Le 4 février 1731, le Conseil Supérieur envoya par le Saint-Pierre 21 soldats commandés par le lieutenant Damblard, nommé en remplacement de Balode ; le même jour, le chirurgien Cayrefourg alla remplacer M. Bonmarien. Cayrefourg resta à Mahé jusqu'au mois d'août 1738,
Le 20 février 1732, le Saint-Joseph transporta à Mahé le lieutenant Roussel avec 10 soldats. Le 18 octobre de la même année, 10 autres soldats furent également envoyés par le Saint-Pierre.
Il n'y eut pas de relève en 1733.
Le 13 février 1734, le Saint-Pierre amena 40 hommes commandés par le capitaine Cordier et le lieutenant Méder.
Le 12 février 1735, le Saint-Joseph amena 12 soldats. Le Saint-Pierre en amena 15 autres et 10 topas le 20 octobre ; par le même vaisseau, le capitaine Guesdon alla remplacer le capitaine Cordier. La même année, la Reine, venant de France, déposa à Mahé un certain nombre d'hommes et l'effectif de la garnison se trouva au complet.
A la faveur de la paix qui régnait depuis 1728, les trois compagnies prévues avaient été ramenées à deux. Or, à ce moment, les Anglais de Tellichéry envisageaient comme possible une guerre avec le Canara. En cette prévision, ils avaient porté depuis trois ans leur garnison à 700 hommes, dont 500 blancs et topas et 200 patanes. Il ne parut pas prudent au Conseil de Pondichéry de laisser presque sans défense notre établissement et il prescrivit au Conseil de Mahé de toujours tenir les cadres européens au complet. Si Pondichéry, dont la garnison était faible, ne pouvait rien fournir, il était loisible à M. Trémisot d'arrêter quelques soldats sur les vaisseaux venant directement de France.
Le Conseil de Pondichéry n'envoya point de relève en 1736.
Le 23 octobre 1737, il fît passer à Mahé par le Duc-de- Bourbon 20 soldats avec Gardon comme lieutenant, Auban Duperron comme sous-lieutenant, de la Potterie et Baldie comme enseignes.
Au début de 1738, on envoya 20 soldats par le Neptune ; ce fut le dernier envoi précédant l'administration de M. Dirois.
Pendant ces onze ans, les troupes de Mahé n'eurent pas à prendre part à des faits de guerre proprement dits ; elles se bornèrent d'une façon générale à garantir la sûreté de la colonie. Cependant elles ne restèrent pas tout à fait inactives.
En 1733, 100 hommes furent envoyés à Goa pour aider le vice-roi dans sa lutte contre les Marates. Deux ans plus tard, en 1735, on utilisa quelques hommes pour faire une démonstration dans le pays de Cotte Marquair où les Anglais entravaient notre commerce. A la lin de la même année, on installa un petit poste à Péringouttour sur la demande même des habitants. Vers la même époque, on fit monter une vingtaine de soldats sur le Saint-Pierre pour assurer, entre Mahé et Mangalor, la navigation menacée par les Angrias et les Sauvagis.
Au début de l'année 1737, la garnison de Mahé fournit encore un contingent de 40 hommes à une expédition que le Gouverneur Lenoir dirigea contre Moka. Cette expédition, partie de Pondichéry en octobre 1736 sous les ordres de M. de la Garde-Jazier, commandant du Maurepas^ avait pour but de tirer vengeance des chefs du pays qui, depuis de longues années, ne tenaient plus leurs
engagements et paralysaient notre commerce. Elle toucha, en passant, à Mahé où elle fit la majeure partie de ses approvisionnements et en partit au mois de février suivant. Elle fut de retour au mois d'août, après avoir pleinement réussi. Parmi les officiers de Mahé qui prirent part à cette expédition, se trouvait un jeune enseigne nouvellement arrivé de France, M. de Bausset, qui devait jouer un certain rôle au temps de Dupleix et fut le père du cardinal de Bausset.
Un an plus tard, en 1738, le Conseil de Pondichérj résolut d'occuper Karikal que nous venions d'acheter au roi de Tanjore. Des forces étant nécessaires à cet effet et le chef-lieu ne pouvant toutes les fournir, le Conseil Supérieur pria celui de Mahé de lui faire passer provisoirement un officier avec TiO hommes pour garder notre nouvelle possession. Les ordres donnés en juillet furent exécutés en août ; les forces demandées furent amenées à Karikal par le Pondichéry et retournèrent l'année suivante à Mahé, où leur présence commençait à devenir nécessaire.
La discipline de ces troupes ne paraît pas avoir soulevé de grandes difficultés ; les désertions et l'ivrognerie étaient toutefois assez fréquentes. Le ' plus souvent les hommes désertaient parce qu'ils avaient terminé leur engagement et qu'on ne les rapatriait pas. Ils se sauvaient presque toujours à Tellichéry, qui, en vertu dune convention conclue le 14 août 1736, nous les rendait à condition que nous ne les punissions pas pour leur désertion elle-même. Nous usions naturellement de réciprocité, les désertions chez les Anglais étant aussi fréquentes que chez nous. En 1733 ou 1734, on dut passer par les
armes trois soldats qui invitaient leurs camarades à une désertion générale.
Les hommes étaient engagés sous leur nom, mais en portaient presque toujours un autre, soit un nom de pays, tel que Limoges, Saint-Brieuc, Dartois, Rochefort, Bruxelles ; soit un nom d'aventure, tel que La Pensée, Belle-Humeur, Brisefer, Passepartout, Sans-Façon, La Vérité, Belle-Rose, Sans-Crainte, Brindamour, La Déroute, Boit-sans-Soif et d'autres de cette nature. L'étrangeté de ces surnoms, qui furent en usage pendant tout le cours du xviii^ siècle, amena souvent les plus singulières confusions.
Il n'y avait pas d'uniforme absolument régulier. A Pondichéry, les hommes étaient habillés de serge rouge avec parements bleus. A Mahé, on employait le guingam, cotonnade fabriquée à la côte de Goromandel. La serge rouge avec parements bleus finit par l'emporter partout.