DEO H A R B E L E X II A R S I F
Begerri.
Belendi.
Le sanglier est un emblème gaulois.
Voyez Bigerri.
A la suite d'Henri de Valois, on a cru devoir placer à Belin, aujourd'hui chef-lieu de canton du département de la Gironde, ce peuple que Pline seul a mentionné. On verra ci-après (V. Belinos) les titres de cette localité : l'opinion a été renforcée par les trois types de monnaies gauloises que Lagoy et La Saussaie lui ont attribué.
La circonscription aurait compris la plus grande partie des territoires composant le canton actuel de Belin, qui possède aussi Beliet ; les cantons de Préchac et de Saint- Symphorien, dans le même département, et ceux de Son' et de Pissos, où l'on trouve Belhade, dans les Landes ; l«i tout en pays Vasate et Boien.
Mais la nomenclature de Pline, IV, 3, place les Belendi en pleine région montagnarde, entre les Onobrisates et le Saltus Pyrenceus. La dernière de ces circonscriptions étant la partie sud-orientale du département de l'Allège
ou l'arrondissement de Foix, avec les cantons adjacents du département de l'Aude, la place des Belendi est dans l'arrondissement de Pamiers, séparé de celui de Foix par la chaîne des monts Plantaurel, et qui rejoint les Onobrisates, en passant par dessus les Convenœ, que Pline est dispensé de citer, parce qu'il les a déjà nommés.
Ce pays étant, à proprement parler, le bassin de l'IIers, il faut joindre, dans le département de l'Aude, le canton de Belpech, qui fit partie du diocèse de Mirepoix, distrait de celui de Toulouse par Jean XXII. En effet, le chef-lieu de ce pays est appelé par Froissard « Bellepuich, la première ville fermée du comté de Foix ». Entre Belpech et Mirepoix, s'étend la vaste forêt de Belène, aménagée pour la fabrication du charbon.
Il est établi (ch. I. et au mot Cebennœ) que l'Aquitaine s'étendit à l'E. jusques aux Corbières occidentales. La limite, s'éloignant de ces montagnes, à la hauteur de Fanjeaux, se dirige au N.-O., en circonscrivant le bassin de l'Hers jusqu'à son confluent avec l'Ariège, où elle rencontrait le territoire des Garumni, fondus ensuite, de ce côté, avec les Tolosates. La limite passe ainsi près de Castelnaudary, pays des Tascodunitari, que Pline, III, 4, donne comme limitrophes de l'Aquitaine, et aussi, près d'une station de la voie de Toulouse à Narbonne, dite Fines, que l'on croit être Pesquière et qui marquait l'angle N.-O. de la Province Romaine.
Belinos On rapporte à ce nom la médaille ci-après (Planche,
Tête de Pallas casquée, à gauche, avec un collier de perles.
r). — . ELINOC. Cheval libre galopant, à gauche ; dessous, une corne d'abondance. Grenetis. Argent. - Le B a disparu par suite de la mauvaise position du métal sur le flan.
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On y joint les deux médailles suivantes. — Planche, n° ô.
1. BIILNOC. Tète d'Apollon Belenus ; la chevelure, retenue sur le front par un bandeau d'où sort une couronne de laurier, tombe en mèches roulées sur le cou ; le tout dans un grenètis.
^. — Cheval, au repos, à gauche.
2. Même légende et même tête ; un carnyx ou clairon des Gaulois ; le tout dans un cercle tressé.
fy — Cheval libre au repos, dans un temple distyle.
Nous empruntons à M. de la Saussaie (Revue ih' Numismatique, 1851) les observations suivantes : M. Hucher, du Mans, avait voulu attribuer ces médailles à un pagus de sa province, dont il n'est pas question avant le VIIIe siècle. M. Duchalais a justement remarqué que, sous le rapport du style et de la fabrique, elles ont un caractère méridional qui justifie très bien l'attribution qu'en a faite M. de Lagoy, qui en fut le possesseur.
Le savant numismate les donne aux Belendi de Pline. On trouve, dans plusieurs titres du Moyen-Age, Belinum, et Pons Belini, pour le passage de la Leyre à Belin. «Le nom de cette ville permet de supposer qu'elle est sous le patronage de Belenus, l'Apollon gaulois si bien connu par l'inscription souvent citée : APOLLINI BELENO. L'effigie du dieu était donc très naturellement placée sur l'un des côtés de la monnaie des Belindi, comme de l'autre la jument du soleil, symbole de la déesse Epona, n'était pas moins à sa place. » Sous toutes réserves, quant aux Belendi.
Le modèle paraît fourni par le type de la tête d'Apollon sur les médailles consulaires, et notamment sur celles de la famille Calpurnia. — Mais le caractère est moins dur.
J'ajouterai aux informations de M. de la Saussaie : que le nom d'Apollon et celui de Belcn paraissent venir il'' la même source ;
Que Belin fut probablement un lieu important dan>
Mém. de la Soc. J'tilin.— 1. — 1884. 33
l'antiquité. On y voit des traces de voie romaine, et un grand tumulus conique, entouré de fossés et dominé par les restes d'une tour énorme qu'habita Eléonore d'Aquitaine. On prétend que ce fut le lieu de sa naissance, et de celle du Prince Noir.
Belisama Saint-Lizier, jadis Couserans, capitale des Consorani,
possède, sur le Salât, un pont du XIIe ou du XIIIe siècle: dans l'un des piliers est encastrée une inscription ainsi conçue (Leçon d'Oïhénart) :
MINERVAE BELISAMAE
SACRVM 0. VALERIV MONTANV
D'un autre côté, on a découvert en 1822, à Vaison, pays desVoconces, l'inscription suivante, qui est gauloise, en caractères grecs :
CEIXMAPOC OYILLONEOO TOOYTIOTC NAMAYCATIC EIwPoY BHAH CAMI COCIN NEMHÏON
« Segomaros, fils d'Ouillonos, magistrat de Nimes, a élevé à Belesama ce temple. » En effet, Belesami est le datif gaulois de Belesama.
L'identité de Minerve et de Belisama ne fait point de doute, en tenant compte des caractères locaux, lesquels ne pourraient être déterminés qu'à la suite de longues études dont les éléments font défaut.
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Quant au nom même, c'est bien vainement qu'on en a cherché la source dans le sanscrit, le grec ou le gaulois. Belisama est un terme phénicien. M. l'abbé Barges (Recherches archéologiques sur les colonies phéniciennes établies sur le littoral de la Celtoligurie, p. 31 et s.) montre la parenté de ce nom avec celui de Baalsamcn , qu'on lit dans les vers puniques de Plaute (Pœnulus, V, 2, v. 05) ; puis avec le Beslvxpw de Sanchoniathon (Eusèbe, Prépar. év. I, G) qui est traduit par « le maître du ciel » ; mais surtout avec celui de Baaleth Schamaïm, la maîtresse du ciel de l'olympe phénicien , appelée Melekheth ha-Schamaïm , la reine des deux, par le prophète Jérémie. L'illustre savant rappelle que le rapprochement a été fait, il y a déjà deux siècles et demi, par Selden (De dis Syris, p. 24G, De Astoreth, Syntag. II, c. 2) qyi attribue ce surnom à Minerve et à Junon et l'assimile à la BaaiXeia B/?>.T£ç de Mégasthène et à la Boùfaç d'IIésychius.
Ainsi, le nom de Belisama signifie la reine des cieux ; et il n'en faut pas davantage pour démontrer qu'une divinité des Phéniciens a pénétré en Aquitaine, où elle fut assimilée à Minerve.
ftehaoctxoc, dans Ptolémée, est le nom d'un point maritime en Bretagne.
Belsinum Station de la roule tfAginnum à Lugdunum Conrr-
narum, dans l'Itinéraire d'Antonin, à XII de Climberrum et XXIII de Lugdunum. Wakkenaer signale Bères ou Bellegardc, près de Masseube ; la commmission de la carte des Gaules incline pour la ville elle-même.
Ce nom rappelant celui de la Baise, Balisa, je pense que la station devait être plus à l'ouest et près de la petite Baise, vers le lieu dit Montcassin.
Cf. Belsa, la Beauce ; Bclsonaeum, Itin. Ant., dans les Ardenncs ; Belisia en Belgique.
Benarnnm, Benearnom et Beneharnum. Station de l'Itinéraire d'Antonin, à XIX iïAqux Tar-
bellicœ et XVIII d'Oppidum novum, sur la route de Dax à Toulouse ; à XII d'Iluro, sur la route de Saragosse à Beneharnum.
Longtemps, on a cru que c'était Lescar. Mais Lescar fut bâtie, en 980, par Guillaume Sanche, sur l'emplacement d'une vieille forêt : elle est éloignée de la voie romaine indiquée par l'Itinéraire et dont on a retrouvé les traces ; enfin, les distances ne concordent pas avec sa position.
Walckenaer, Géog. des Gaules, II, 403-7, établit compendieusemeni que Beneharnum dut occuper l'emplacement où l'on voit une vieille tour, près de Maslacq. Toutefois, la situation de Lagor, qui est un peu plus au sud, répondrait mieux aux mesures de l'Itinéraire.
Benarnenses Septième circonscription de la Provincia Novempopu-
lana, dans la Notitia provinciarum. Elle doit son nom à la ville de Beneharnum, mais la forme est déjà corrompue. Elle comprend les territoires des Monesi, des Succasses, des Lassuni : cet assemblage répond au diocèse ecclésiastique de Lescar.
Pline donne seul le nom de ce peuple, et il le place entre les Camponi et les Pimpeduni : situation qui convient à la Basse-Navarre, entre le Labourd et le Baztan.
Bar, ber, signifie sommet, hauteur ; en gaélique, montagne ; cor, gael. veut dire cercle : La région est circonscrite de tous côtés par des montagnes, et il y a une dépression vers le centre, jusques à Sainl-Jcan-Piedde-Port, l'antique Imus Pyrenœus.
Je cite pour mémoire Carasa (voyez ce nom), dont la forme avait quelque rapport avec l'autre.
La partie la plus curieuse de la Basse-Navarre est un territoire qui s'avance en Espagne, ayant à l'E. le val Calsos, à l'O. le val du Baztan, limité au S. par la frontière entre le pic de Lohiluz et celui de Lindux, et touchant
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au N. le pays de Baigorry, selon une ligne allant du pic d'Adorea à celui de Ilansa. Les Aldudes,ln\ est le nom du principal village ; mais c'est aussi celui d'une des branches originaires de la Nive, celui d'une chaîne «le montagnes, et enfin de la région toute entière. C'esl même par celui-ci qu'on a commencé ; les Espagnols disent Montes de Alduides : l'application à la Nive et au village est relativement récente.
Le Mémoire du licencié Huarte sur les Aldudes constate que le pays fut primitivement inhabité : en 1356, date de la première charte connue, on n'y voyait que les cabanes de bergers qui venaient y séjourner en automne, pendant la saison des glands. Le droit de dépaissance était de 6 blancs par tête de bétail, perçu au profil du roi de Navarre, et après la dislocation, au profit du roi d'Espagne. Y étaient admis : en France, les seuls troupeaux du district de Baigorri (espagn. Baiguer) ; en Espagne, ceux des vallées du Baztan, du Burguete, de Ronceveaux et d'Anuc ; et enfin, ceux du val d'Erro, qui étaien1 exempts de la redevance du Quinto real, ce qui pourrait faire croire à une occupation antique.
Oihénart fait entendre que les Espagnols ne cessaient d'empiéter sur le droit des Français ; les auteurs espagnols affirment le contraire. En 1794, un combat assez vif en donna à la France la possession, qui a été confirmée, depuis 1814, par les diverses rectifications de frontières.
Pendant tout le Moyen-âge et jusqu'au XVIIe siècle, pays fut le rendez-vous de nomades étrangers aux localités voisines et dont le langage était incompréhensible aux populations celtiques. Les Aldudes étaient « le pays d<jétrangers. »
Le scholiaste de Juvénal (VIII. 234) dit ce qui suit :
« Allobroga) Galli sunt ; ideo autem dicti AI coga;,
quoniam broge agrum Galli dicunt, alld au! iliud ;
dicti igitur quia in alio loco fuerunt translati. > ieuss
adopte cette solution ; il compare le nom d'Alsace (Alisati, Alisatia, Sedes aliéna, terra romana a Germanis occupata) et il ajoute que le cambrique a formé de la même façon Alldud, étranger, originaire d'un peuple étranger. (In leg. alldut, alldud, alienigena), non camber, ctplurimis locis alltud). En effet, tut sigifie peuple ; et aile irl., ail, cambr. et corn, veut dire autre. Dans le Lib. Landegav, p. 216, on lit: Betir alltudion, tombeau des étrangers. Alltudion est le pluriel à'Altudi.
Bersinum Station de l'Itinéraire d'Antonin, dans une route de
Climberrum à Bersinum, avec XII de distance. Le troisième terme faisant défaut pour indiquer la direction, l'on a supposé que c'était la même chose que Besinum. Cependant Walckenaer propose Bergïnatz.
Besinum Station de la Table Theodosienne, route de Bordeaux à
Naibonne, à X d'Elusa, XII de Gliberre. Walckenaer, d'après les distances, indique St-Paul-de-Baïze et la commission de la carte met Vie Fezensac.
Bigerri & Bigerriones Ce sont les habitants de la plaine de Tarbes, depuis le
pied des montagnes, de Lourdes à Bagncres, jusqu'au confluent de l'Adour et de l'Arros. Les limites sont à l'O. celles du Béarn ; au N., celles de l'Estarac ; à l'E., le Magnoac et le Nébousan ; au S., le Lavedan. Au temps de César, c'est le Bigorre propre ou du Nord, augmenté de la Rivière Basse, de St-Sever-de-Roustan et de la Viguerie en Béarn (Oihénart, Notitia ; Marca, Hist. de Béarn, I, 11). C'était donc la partie ouest des arrondissements de Tarbes et de Bagnères.
Chez les Bigerriones de César et les Begerri de Pline, il n'y avait ni montagnes, ni pays froids : « L'air, dit Marca, est fort doux et tempéré et l'aspect de la plaine est des plus agréables de Gascogne. C'est donc à tort que Merula avance le contraire, d'après le terme bigerrica palla. » Les étymologies basques basées sur la
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même idée ne sont pas moins ridicules. Peut être y a-t-il
quelque rapport avec le nom du dieu Baïcorix, dont
le culte paraît s'être étendu sur ces contrées (Voyez ce
nom).
Dans l'organisation d'Auguste, les Bigerriones sont
annexés aux Convenœ. Séparés par les successeurs de Constantin, ils absorbent les Vellates et forment la
Civitas Turbo, (Voyez ce nom).
Bigerritani Voyez Bigerriones.
Bigorra Voyez Turba.
Bilindi Voyez Belendi.
Bilinos Voyez Belinos.
Bipedemui Voyez Pimpeduni.
Bituriges Vivisci On suppose que ce peuple, venu en Aquitaine à
une époque inconnue, serait une fraction des Bituriges Cubi, lesquels étaient fixés dans le Berry. Ils occupaient Bordeaux et sa banlieue. Située alors, comme aujourd'hui sur la rive gauche de la Garonne, cette ville appartenait à l'Aquitaine. Sa banlieue occidentale en était, à plus forte raison ; si les Bituriges s'y superposèrent à une population aquitaine, ils ne poussèrent leur envahissement que jusqu'à 25 kilomètres à l'Ouest. On trouve en effet, sur ce méridien, la Croix de Hins, dont le nom est une corruption de celui de Fines, limite des territoires biturige et boien : le changement du f en h prouve la présence de la race aquitaine.
Au nord, l'extension des Bituriges ne dépassa pas Macau, qui était alors Noviomagus ; au sud, elle n'atteignit pas Stomalas ou Saint-Médard-d'Eyran.
En somme, leur territoire sur la rive gauche se bornait aux cantons de Bordeaux, Pessac et Blanquefort.
Le surnom de Vivisci que l'on a voulu rattacher à des idées de vivier, de pêche, provient de l'indication de Ptolémée Omêia/.ot, et de quelques inscriptions. Pline écrit Ubisci, et Ausonc, Mosell. 138 : Vivisca gens.
Boates & Boiates C'est le nom du peuple inscrit au sixième rang, dans la
Notitia Provinciarum : l'ordre de ce document n'étant pas topographique, il n'y a pasrà s'occuper de la situation que le texte lui assigne. Il s'agit de l'ancien pays des Boit, qu'Auguste avait réuni au territoire des Bituriges Vivisci ; une Notice de la Bibliothèque de Thon, citée par Duchesne, porte : « Civitas Boatium, quod esl Boius, in Burdigalensi ». Ici, Boius est pour Civitas Boius, forme gauloise dont on trouve l'analogue dans la Civitas Auscius, de l'Itinéraire d'Antonin.
Le terme provient du nom des Boii, par l'addition de la terminaison ates, chère à l'Aquitaine. La forme primitive était Boiates, comme il ressort de l'inscription suivante, du Musée de Bordeaux :
SATVRN1 NI PRIVATI IVLIA MA SMA VXOR LOC VCVM
DPNAVIT CLVES BOIAS