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propriété, mais il déclara que l’ambre et le lyncurium avaient une âme, sans chercher une explication plus rationnelle à un fait forcément stérile parce qu'il était isoléet ne fit pas un pas de plus dans l’étude de cette singulière propriété. Pline (a)en parlant de l’ambre dit : « Quand le frottement lui a donné la chaleur et la vie, elle attire les brins de paille comme l’aimant attire le fer (4). » Strabon, Dioscoride, Plutarque et plusieurs autres philosophes parlent aussi des phénomènes que l’on avait observés de leur temps dans le «Jayel» et l'appelèrent (également) Qehexrsoy ». C'est ce nom qui a donné
naissance à notre mot électricité qui sert à exprimer
soit la propriété, soit les phénomènes, soit enfin la partie de la physique qui a trait à cel ordre de faits.
C'est à ce simple aperçu que se réduit, pendant près de quinze cents ans environ après Théophraste, tout ce que l’on sut sur ce phénomène ; car on ne trouve, dans l’histoire, ancun savant qui pendant ce long intervalle de temps se soit signalé par quelque découverte dans cette partie ou qui paraisse même y avoir fait les plus faibles recherches.
Il faut arriver au commencement du xvn° siècle, pour rencontrer Guillaume Gilbert, médecin de la reine Élisabeth d'Angleterre, fort distingué et très érudit (b) qui, s’emparant de la question, lui fit faire
a. lline, 23-79 après Jésus-Christ.
b. Gilbert (Guillaume), né en 1540 à Colchester, dans le comté
d'Eisex. Il fit des études dans les universités d'Oxford et de
ambridge. Docteur en 1569, il se fixa à Londres en 1573, et
de sérieux progrès (6). Avant Gilbert la science de l'électricité n'existait pas.
Le mot d'électricité même a été employé pour la première fois par lui : € Vim illam electricam nobis placet appellare, quæ ab humore provenit », ditil dans son De Magnete (lib. Il, cap. EH, p. 5, édit. Sedini, 1628).
Gilbert fit observer que la propriété d'attirer les corps légers par le frottement appartient à beaucoup d'autres corps que l’ambre jaune : il en dressa une longue liste comprenant d’une part le verre et toutes les pierres précieuses artificielles qui ont pour base le verre, de l’autre les résines, la gomme laque, la colophane, le mastic, le soufre, etc.; ce fut là l'origine de la distinction entre l'électricité vitrée et l'électricité résineuse. Gilbert ajouta à cette liste celle des corps qui n’acquièrent, en aucun cas, la propriété d'attirer les corps légers, entre autres les perles, le corail, l’albätre, la silice, le marbre, l'ivoire, les métaux, etc.
Pour rendre le phénomène de l'attraction plus évident, il eut l’idée d'employer de petites lamelles ou aiguilles métalliques qu’il plaçait horizontalement en équilibre sur un pivot,puis il approchait de l’extré-
acquit une réputation telle que la reine Élisabeth lui accorda la charge de premier médecin et une pension pour l'aider dans ses travaux sur l'électricité et le magnétisme. Il mourut comblé d’honneurs le 30 novembre 1603. On connaît de lui un livre intitulé: De magnete magneticisque corporibus et de mag'no magnete Tellure, philosophia nova plurinsi argumentis demonstrata (Londoni, 1600, in-4°, Sedini, 1633, in-4°).
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mité deces aiguillesles corps électrisés par le frotte: ment: c'était la première ébauche d'um électromètre: Gilbert, le premier, distingua les uns des awtres les phénomènes électriques et magnétiques confondus jusqu’alorsi. Le premier aussi il assimila la:terre à un aimapt pour expliquer l'inciinaison et la déclinaison de la boussole : tels sont-en résumé les: faits découverts par Gilbert,
Mais en cherchant: à les expliquer 1l tomba dans de graveserreurs sur la nature del'électricité. Pour lui cette dernière consistait dans des: émanations ou des effluves très subtiles, qui prennent naissance par le froitement de certains corps-et quisont pour action d'attirer d’autres corpsi. Pour expliquer: que les métaux ne sont pas électrisables, iksupposait que les effluves qu'ils émettent:sont d'une nature trop grossière; trop terrestre. 3
Malgré ces erreurs des théories de Gilbert, il faut néanmoins tenir compte des-eflorts faits par lui dans une voie si nouvelle. Du reste, Bacon de Vérulam adopta les idées de-Gilbert et reprit dans ses propres écrits: tout. ce qu'il avait dit des phénomènes électriques,.
- Les: faits’ connus, à: cette. époque étaient encore trop peu nombreux pour infirmer ces théories-qui
régnèrent sans: partage: jusqu'aux. découvertes: nou--
velles de Halley.
Après Gilbert, l'étude: de l'électricité ne: fit que-de très faibles progrès, il faut attendre les membres de l'Académie de Florence : Bacon, Boyle, Otto de
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Guéricke, Newton, Hauksbee, qui: firent faire un: grand pas à celte partie: de-Faphysique (5).
C'est vers le milieu du: xvie siècle: que: Otto de Guéricke (a) imagina la première machine sta. tique: |
Une première: ébauche avait été faite dans: lai seconde moitié du, xvi° siècle. Elle était fort simple et consistait en un tube dë: verre. que l’on frottait avec-une étoffe de laine. C’est avec ce tube de verre que Gilbert. fit toutes:ses expériences sur l’attraction électrique: Mais le premier dispositif qui mérité vrais: ment le nom:de machine est dû:à Otto de Guéricke:! c'était une sphère de: soufre: traversée en son centre par une tige de fer. Les deux extrémités de la tige étaient, soutenues par des supports et l’on faisait tourner rapidement la: sphère autour de cet axe en la frottant avec du drap.
Au commencement du xvan' siècle, un physicien, anglais Hauksbee (b) substitua au globe de soufre: de Otto de Guéricke un cylindre de: verre: auquel il: imprimait mécaniquement un mouvement de rota-
a. Otto de Guéricke, physicien allemand, né à Magdebourg en 1602; mort à Hambourg en 1686, patronné et encouragé par les.prinees de son pays qu'il avaitsu intéresser à ses-expériences, il se distingua par des travaux importants : le premier il soupconna que les étincellès qu’il tirait de son globe de soufre pourraient bien être de même nature que l'éclair qui. précède le bruit du tonnerre, le premier aussi il réussit à soutirer l’air d'un vase clos, et après divers essais arriva à exécuter une machine pneumatique. Il fit aussi de bonnes observations astronomiques.
b. Hauksbee, physicien anglais, 1650-1509. On a peu’de:notes biographiques sur ce savant.
tion, tandis qu’on le frottait avec une étoffe de laine ou simplement avec la main bien sèche. Bose de Wittemberg, en 1535, remplaça le cylindre par un globe de verre creux ; il y adapta un conducteur de fer-blanc qui servait à recueillir et à emmagasiner le fluide électrique. Cette machine reçut quelques perfectionnements de Wolfius puis de Haëüsen, professeurs à Leipzig, puis de Winkler qui imprimait au globe de verreune vitesse de cent quatre-vingtstours à la minute. En tournant, ce globe de verre frottait chez Winkler contre un coussin en crin:; mais l’abbé Nollet, dont les expériences eurent tant de célébrité, préféra toujours le frottement de la main à celui de toute substance. C’est à cette époque que l'on obtint les premières contractions avec la machine statique devenue assez puissante pour donner des étincelles.
Mais ces machines électriques à globe de verre donnaient lieu quelquefois à un accident assez singulier pour l'époque; le globe éclatait tout à coup et ses morceaux projetés an loin blessèrent plusieurs fois quelques assistants. Le désir d'empêcher un pareil effet conduisit un opticien anglais Ramsden à substituer,sur les indications de Sigaud de Lafond (a), au globe où au cylindre de verre un plateau circulaire de même substance qui tournait entre quatre coussins de peau rembourrés de crin.
Cette machine fut très répandue en France dès
a. Sigaud de Lafond, né à Dijon en 1740, mort à Bourges en 1810 où il était professeur de physique. :
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1969, date à laquelle l’abbé Boriot en fit venir le premier modèle chez nous. En 1793, Nairne construisit une machine nouvelle composée de deux pièces séparées : l’une produisait l'électricité par la rotation d’un cylindre de verre appuyé sur un frottoir et mis en mouvement par un système de poulie ; l’autre placée à une distance convenable sur une même table recevait le fluide. Malgré sa simplicité celte machine fut peu employée et on lui préféra généralement celles à plateaux. La machine de Van Marum fut inventée en 1788. Celle de Wimsbhurtz le futen 1506 et je crois devoir rappeler ici que le premier modèle français fut construit par la maison Breguet surles indicationsde mon regrelté maître Romain Vigouroux. C’est d'elle que dérivent toutes les machines actuellement employées en électrothérapie.
Pour employer l'électricité que fournissaient les primitives machines du xviu° siècle, on électrisait les objets ou les personnes en les mettant en communication avec la machine après les avoir isolés : Nollet, par exemple (8), explique que la personne à électriser se tenait debout sur un gâteau de résine, de soufre, de pois ou de cire, ou bien s’asseyait ou se couchait sur une planche suspendue avec des cordons de soie ou de crin. On l’électrisait en lui faisant approcher de fort près le globe que l'opéraleur frottait ou bien en passant près de son corps le tube qui venait d'être frotté.
C'est à cette époque (1535), ai-je dit, que les pre-
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mières élincelles, ou tout an moins les premières aigreltes, furent tirées du corps humain : c'est au | physicien français Dufay (&)et au philosophe anglais Gray, travaillant ensemble, qu'en revient l'honneur. Le fait a été relaté en ces termes dans l'éloge funèbre de Fontenelle (10):
«llss'éclairèrent, dit-il,.en parlant de la coltaboration de ces deux savants, ils s’amimèrent mutuellement et arrivèrent ensemble à des découvertes si surprenantes et si inouïes. qu'ils avaient besoin de s'en altester et de s’en confirmer l'un à l’autre la vérité ; il fallait, par exemple, qu'ils se rendissent réciproquement témoignage d’avoir vu l'enfant devenu lumineux pour avoir été électrisé. »
C'est aussi vers ceite époque que furent faites les premières applications de l'électricité à la médecine : Jallabert en est l'auteur (b). Ses essais et le résultat de sa première cure sont relatés par lui-même dans un livre paru en1749 et je ne peux mieux faire que de donner ici le résumé des passages les plus intéres-. santes de cet ouvrage (1x).
a. Dufay, né à Paris le 14 septembre 1698, physicien et chimiste:
remarquable, membre de l'Académie des Sciences, fit les travaux sur les sujets scientifiques les plus divers, mais se distingua surtout par ses récbereben sur l'électricité. IE mournt à quarante et un an, en 17939. Sa vie a fait l'objet d'un des plus remarquables éloges die Foitenelt.
b. Jallabert Jean, né à Genève en 1712, mort à Genève en:1768; où il fut professeur de physique expérimentale, puis de mathématique et de philosophie, Son éloge par de Ratte a été inséré dans les Recueils de l'Académie de Montpellier, Différentes observalions de Jallabert furent publiées dans les Mémoires de l'Académie des Sciences (1741 et années suivantes).