‹ Les origines du Musée d'Ethnographie. Histoire et documents (volume 2)Chapitre 78 sur 99 · N" LXXIII · texte numérisé non relu

N" LXXIII

A M. Fourtou, ministre, secrétaire d'Etat au département de rinstrttction publique et des Cultes.

Paris, le 11 novembre 1854.

Monsieur le Ministre, Permettez-moi de vous parler encore un instant de la subdivision et/mof/raphique à créer au département des cartes et collections géographiques de la Bibliothèque Impériale.

Depuis 1838, époque à laquelle MM. Edwards, de Santaremet

moi, joints à quelques autres savants, nous fondâmes, à Paris, la Société Ethnologique, je me suis souvent cnlrelonu avec mon respectable confrère, M. Jomard, de l'importance d'un musée ethnographique pour le département des cartes, et il a manifesté, toutes les fois, l'intention de saisir la première occasion favorable pour demander l'établissement de ce musée et me désigner pour en être le conservateur.

Votre Excellence a bien senti que le musée dont il s'agit est le complément des collections géographiques ; aussi, dans sou rapport àl'Empereur, en date du 31 août dernier', mentionne-t-il le Musée Ethnographique et des Voyages « dont les premiers éléments ont été déjà réunis et dont le plan sera courageusement poursuivi ».

Il ne manque, ce semble, qu'une personne spécialement chargée de cette branche si importante des sciences géographiques, pour que ce musée prenne tout de suite, ne serait-ce que par les cadeaux qui ne manqueront pas d'arriver de tous côtés, une certaine extension, en attendant le développement qu'il est nécessairement destiné à avoir. Il serait fâcheux que la France continuât à rester, sur ce point seul, en arrière des autres pays et que, tandis qu'à Londres^ à New- York, à Stockholm et ailleurs, il y a de belles collections ethnographiques, Paris en fut dépourvu.

Si Votre Excellence daignait me nommer conservateur-adjoint au département des cartes de la Bibliothèque Impériale pour la conservation du Musée Ethnographique, il me serait, je crois, possible, d'accord avec mon respectable confrère M. Jomard, de m'entendre avec l'architecte de la Bibliothèque pour obtenir, avant les constructions nouvelles, quelques salles provisoires, et, tandis que mes correspondances lointaines et variées me procureraient des objets curieux, ma connaissance ethnologique des langues de l'Orient me donnerait la facilité de classer les plus précieux.

A ces considérations d'intérêt général, j'oserai, Monsieur le

1) Voyez plus haut, n° LXXII.

Ministre, en ajouter de personnelles. Je ne suis pas professeur au Collèg^e de France, quoique j'en aie rempli, pendant cinq années, les fonctions à plusieurs reprises, et je n'ai que ma modeste chaire d'hindoustani créée à la demande de mon illustre maître et ami, le baron de JSacy.

Je suis avec respect, Monsieur le Ministre^ de Votre Excellence, le très humble serviteur,

Garcin de Tassy,

P. -S. — Je prends la liberté de rappeler à Monsieur le Ministre mon ami, M. Eichhoff, pour la quatrième année des études à organiser à l'Ecole normale.

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