‹ Les origines du Musée d'Ethnographie. Histoire et documents (volume 2)Chapitre 86 sur 99 · T'ES ORIGINES · texte numérisé non relu

T'ES ORIGINES

toute la partie du palais comprise entre cette voie transversale de l'avenue Rapp et le jardin vers la Seine.

Les deux tronçons des galeries des Machines laissés du côté de l'École militaire jusqu'à cette voie transversale, seraient destinés à divers services, ainsi que le vaste espace vide situé entre elles deux. Quant à la partie avoisinant le jardin, côté de la Seine, elle serait réservée au placement de collections.

Ce vaste espace, non compris le jardin d'axe qui serait planté à la place des galeries des Beaux-Arls, donnerait une surface couverte de 64,000 mètres, le vestibule et les deux tronçons restant des galeries des Machines, compris.

La moitié de celte surface, prise soit du côté de l'avenue de la Bourdonnaye, soit du côté de l'avenue de Suffren, suffirait largement à l'installation du Musée ethnographique, d'autant que certains gros objets n'ayant pas à redouter les intempéries, pourraient être placés dans le jardin central et sous les portiques extérieurs que nous ne comprenons pas dans la surface couverte et close.

La galerie transversale en face de l'avenue Rapp, galerie dont la largeur est de 15 mètres, devrait être livrée jour et nuit aux piétons et aux voilures. Il y aurait donc à clore cette galerie du côté des musées qui prendraient leurs entrées dans cette clôture, ce qui permettrait aux visiteurs de descendre de voiture à couvert.

Chacune de ces moitiés, teintées en rose sur le plan joint au présent rapport, se compose, outre les tronçons des galeries des Machines et du vestibule, de trois nefs de 25 mètres de largeur chacune, séparées par des passages de 5 mètres.

Ces nefs peuvent être divisées, comme elles le sont déjà, par des cloisons ne montant pas de fond, de façon à permettre un classement disposé conformément à ce qui a été dit plus haut. Et, comme il faut prévoir, dans ce classement, des modifications fréquentes en raison des découvertes successives delà science et des apports nouveaux, il serait facile sur cette large surface couverte de modifier les divisions au fur et à mesure des nécessités.

Il ne serait pas très dispendieux, dans la galerie des Machines

DU MUSÉE d'ethnographie 301

et dans le vestibule, dont les hauteurs sous comble sont considérables, d'établir des galeries supérieures de quelques mètres de largeur, où quantité d'objets pourraient être placés et qui serviraient de magasins et de dépôt.

A rencontre de ce projet, une seule objection a été opposée. Sera-t-il possible de laisser, sans les chauffer, ces locaux, pendant l'hiver? Les objets qu'ils abriteront ne seront-ils pas altérés par le froid et l'humidité ?

A cette objection nous répondrons que ces locaux ne sont pas plus difficiles à chauffer que ne le sont les grandes serres, d'autant qu'ils sont élevés sur des sous-sols de 3 mètres de hauteur.

Au moyen de quatre générateurs disposés dans le sous-sol, on chaufferait facilement, à la vapeur circulante, le cube dair contenu dans ces salles, les grandes galeries exceptées, cube d'air qui serait environ de 130,000 mètres, et la dépense annuelle ne s'élèverait pas à 23,000 francs.

Les grandes galeries des Machines et du vestibule étant séparées des locaux plus bas, par des clôtures, ces trois galeries plus basses, au moyen d'un double vitrage remplaçant le vehnn tendu dans chaque division, seraient parfaitement à l'abri de l'humidité et dans des conditions excellentes, pour qu'on y pût maintenir une température sèche et égale.

Notre sous-commission s'est rendue au Champ de Mars pour examiner les locaux au point de vue du classement des collections ethnographiques, et cette visite l'a pleinement confirmée dans cette opinion, qu'aucun bâtiment ne saurait mieux se prêter à ce classement.

Elle a projeté sa visite à l'Exposition, pour passer en revue les éléments ethnographiques que l'État possède et qui sont répartis sur quantité de points, soit au Champ de Mars, soit au Trocadéro. Ces richesses sont considérables déjà, et même, en supposant un choix scrupuleux, conformément à la méthode scientifique, leur réunion couvrirait la moitié de l'espace que nous supposons devoir être affecté au Musée ethnographique. Or, nous n'ignorons pas que beaucoup de nos établissements

d'art et de science possèdent quantité d'objets en magasin, qui trouveront leur place dans un Musée ethnographique et que des particuliers n'attendent qu'une fondation de cette nature pour donner à l'État leurs collections ; il est donc sage en organisant ce musée et en choisissant un local, de prévoir celte abondance de biens.

Quant aux grandes galeries des Machines et du vestibule, elles pourraient être affectées plus spécialement au placement de spécimens et moulages de monuments qui se rattachent aux études ethnographiques, de plans en relief dont l'attrait est si grand pour le public ; spécimens et plans qui encombreraient les locaux plus spécialement destinés au classement des objets, • Paris possède aujourd'hui tous les éléments propres à rétablissement du plus beau Musée ethnographique du monde, mais, pour donner à ce musée toute la valeur scientifique qu'il doit atteindre, il sera nécessaire de procéder dans le choix et dans le classement des objets suivant une méthode rigoureusement suivie et d'après un programme dressé avec le soin le plus minutieux.

En conséquence, notre sous-commission a l'honneur de vous proposer d'émettre un avis favorable à l'affectation de la partie du palais du Champ de Mars dont elle vient de vous indiquer les dispositions futures, au Musée ethnographique.

Si la commission adopte ces conclusions, elle n'aurait plus qu'à prier M. le Ministre de poursuivre auprès du Parlement et des administrations compétentes, la réalisation d'un projet qui, certainement donnera satisfaction aux tendances tous lesjours plus prononcées, du public, pour les études qui se rattachent à la connaissance des travaux de l'homme, et qui par cela même ouvrent un champ de plus en plus vaste à notre industrie.

E. VlOLLET-LE-DuC.

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