L'INSTITUT DE FRANCE
Aucune loi spéciale ne prononça la suppression de rUniversité, I,e monument était si vieux, si décrépit, qu'il s'écroula de lui-mêtiie au milieu de la tourmente révolutionnaire, et que le bruit de sa chute fut à peine entendu.
Le 39 juillet 1789, M. Dumoucbel, le dernier recteur qu'ait eu l'Université ' se présenta, accompagné des procureurs des quatre Facultés, à la
1. Ce Dumoucbel, qui étsit alors dépuli!, fut élu éréquc de Nîmes en 1791. Il rentra dans la vie civile en 1794, se maria, devint chef de bureau au minialjire de l'instmclion publique, fut mis h la retraite en 1814. et mourut en 1820. — Voyez Rabbc, Biographie universelle des Conlemporama ; et P. Boileau, Étal de la Frani-e ™ 1789, p. 453.
barre de rAssemblée nationale ; il fit acte d'adbésion aux nouveaux principes politiques, et pria les représentants de jeter les bases d'une organisation universitaire qui conduisît à une « éducation vraiment nationale *. » « L'Université commence donc à se douter, dit à ce sujet Mirabeau, que l'éducation des collèges ne répond ni aux besoins de l'humanité, ni aux vœux de la patrie '. »
L'Assemblée nationale déclara le 22 décembre 1789 qu'il serait « établi une instruction publique, commune à tous les citoyens, et gratuite à l'égard •des parties de l'enseignement indispensables à tous les hommes ; » mars, malgré les efforts de Talleyrand, elle ajourna tous les projets de réorganisation qui lui furent présentés. Elle supprima la Sorbonne , mais voulut conserver provisoirement les établissements qui en dépendaient : de ce nombre était le collège des Quatre-Nations. L'Assemblée législative, fidèle aux mêmes principes, plaça les collèges sous la surveillance des autorités administratives. Elle ordonna même, en janvier 1792, au ministre de l'intérieur d'allouer une somme de cent cinquante mille francs pour l'entretien de ceux qui auraient perdu leur revenu par suite de la loi sur les dîmes, les bénéfices et les redevances féodales.
1. Moniteur universel, n^ du 30 juillet 1789. — Lameth, Histoire de l'Assemblée constituante, t. I, p. 79.