‹ Les origines du pangermanisme (1800-1888);Chapitre 63 sur 98 · LES RAISONS d'ÈTRE DE l' ALLIANCE AUSTRO-ALLEMANDE · texte numérisé non relu

LES RAISONS d'ÈTRE DE l' ALLIANCE AUSTRO-ALLEMANDE

Si nous avons à choisir entre les deux nations (Russie et Autriche), des raisons nationales et d'autres, nous portent

(i) M de Biilow, dans un discours de 1897 resté fameux, avait dit, et il a répété dans son livre sur la Politique allemande, 1914, p. 123, que la K politique mondiale > de l'Allemagne date de 1H97, cest-ù-dire de son ministère. Bismarck répond en souriant que l'Allemagne est puissance mondiale depuis 1870.

l'-a LES ORIGINES DU PANGERMANISME

toutes à opter en faveur de l'Autriche. Neuf ou dix millions de ses habitants sont Allemands et les Hongrois nous sont nettement favorables. Les Tchèques eux-mêmes veulent tout au moins ne pas devenir Russes. Une douzaine d'intransigeants au maximum est contre nous, mais ils n'ont aucune importance. Même si l'Autriche entière était slave, la Russie est un pays qui par lui-même est fort et nous ne pouvons pas lui être d'une grande utilité. L'Autriche est la plus faible — tout en restant une bonne alliée — et nous 2)ouvons lui être utiles.

Pour nous, elle peut être un appui dans ma politique pacifiste. Quand, avec nos deux millions de soldats, nous nous tiendrons dos à dos, formant carré, ils seront bien obligés d'abandonner leur politique nihiliste et de ne plus troubler la paix. Les princes allemands ont fort bien accueilli l'idée d'une telle entente. L'Angleterre l'a approuvée. Le Kronprinz est de mon avis : il est tout naturel, dit-il, que nous nous alliions à l'Autriche. Seul, l'empereur s'y est oj)i>osé longtemps.

Moritz Busch. Tagebiichblâtler (Mémoires i, t. II, p. 56i. — (î octobre 1879.

Je voulais une alliance publique, inscrite dans la Constitution <lcs «leux i)ays, contre toute coalition, indissoluble, ou du moins (pii ne pût être dissoute chez nous (|ue pai* l'Empereur, le (>)nseil ft'déral et l'EmpeitMir; chez eux (les Autrichiens) par l'Iùiipereur et les pouvoirs de la Trans-Leithanie et de la Cis-Leithanie.

Ibid., t. Il, p. .^()(5, \) mars 1880.

4. VXU^.X.nt DR OISMAUCK A i/aI.I.IANC'.K AUHTItO-AI.LKMANni:.

(l'est une des plus grandes enlomniesdirigées contre moi,

BISMAUC:iv 173

que de prétendre que je suis devenu un adversaire de Tallianee .

Mon intention est, tout au contraire, de démontrer que nous devons toujours rester fidèles à l'alliance, en toutes circonstances . Elle apporte une amélioration essentielle à nos anciens rapports. Du temps de l'ancien traité, nous n'avions droit en cas d'attaque, si je ne me trompe, qu'àgS.ooo soldats autrichiens. Aujourd'hui, nous pouvons compter sur l'aide de toute l'Autriche.

Pour l'Autriche aussi cette alliance apporte de plus grands avantages. Jusqu'ici nous ne devions protéger l'Autriche que jusqu'à la Leitha ; maintenant, c'est l'Autriche-Hongrie tout entière qui est sous notre pi-otection. Les deux Etats sont désormais unis beaucoup plus étroitement.

Discours à une députation des étudiants d'Iéna. 3o juillet 189'j.

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