‹ Les origines du schisme anglican, 1509-1571Chapitre 127 sur 253 · Odet de Sllve, Correspondance, pp · texte numérisé non relu

Odet de Sllve, Correspondance, pp

lord Seymour de Sudeley, qui avait épousé secrètement la veuve de Henri VIII, fut arrêté sur Tordre du protecteur, son propre frère, pour crime de haute trahison, condamné à mort et décapité le 20 mars 1549. A la même époque des soulèvements éclataient dans les comtés d'Hertford, de Somerset, de Lincoln, puis de Devon et de Cornouailles et dans seize autres comtés. La France déclarait la guerre à l'Angleterre et s'emparait d'Ambleteuse.

Le protecteur, pendant ces mêmes mois, bâtissait son magnifique palais de Somerset-House. Il avait d'abord voulu démolir l'abbaye de Westminster et construire le château à sa place ; le doyen avait réussi à sauver le monument en abandonnant vingt manoirs au frère du protecteur, un plus grand nombre à Somerset lui-même. Finalement, celui-ci démolit une église paroissiale, les résidences de trois évêques, le cloître de Saint-Paul, le clocher et la plus grande partie de l'église de Saint-Jean de Jérusalem. Il voulait abattre aussi la chapelle de Sainte-Marie de Westminster, mais les paroissiens s'ameutèrent et renversèrent les échafaudages.

Le plus grave de tous ces soulèvements partiels avait été celui de Kett, dans les comtés de Norfolk, de Suffolk et de Kent; il n'avait pas le caractère d'une opposition religieuse; les révoltés acceptaient les innovations imposées par les ministres d'Edouard ; dans leur camp et au « Chêne de la réforme » ils entendaient la messe anglaise, dite par leur aumônier, et les sermons de deux prédicateurs autorisés par Cranmer. Le gouvernement leur donna à la fin de juillet l'ordre de se disperser. Au lieu d'obéir ils entrèrent dans Norwich et repoussèrent un corps de troupes envoyé contre eux. On dut rappeler Warwick qui guerroyait sur les frontières d'Ecosse. 11 écrasa

les rebelles à la sanglante bataille de Dussindale\ avec l'aide de mercenaires aliens. Warwick se montra généreux; les autres chefs exercèrent d'atroces représailles et 300 rebelles furent pendus.

Kett et ses compagnons avaient essayé d'obtenir par la force l'abolition des abus et des misères provoqués par les grands propriétaires. Nous dirions aujourd'hui que leur mouvement était socialiste. Le soulèvement de l'ouest fut au contraire nettement religieux. Le Book of common prayer était entré en usage le 9 juin 1549, jour de Pentecôte. Le lendemain, lundi, les gens du village de Sampford Courtenay, à 20 kilomètres d'Exeter, obligèrent leur curé à dire la messe latine. Ils ne voulaient pas de changement dans la religion avant la majorité du roi. Les juges de paix intervinrent sans résultat. Les paroisses voisines avaient appris avec joie ce qui avait eu lieu à Sampford Courtenay. Les gens de cette localité, conduits par le tailleur Underhill et le journalier Hégar, s'avancèrent jusqu'au bourg de Crediton, sans être inquiétés, parce que les propriétaires sympathisaient à moitié avec eux.

Le protecteur envoya aux révoltés des prédicateurs luthériens pour leur enseigner les bonnes doctrines et deux gentilshommes du pays, nommés Carrew, avec quelques troupes. Les prédicateurs inquiétèrent les catholiques et les deux Carrew brûlèrent les granges de Crediton où les révoltés s'étaient fortifiés à la hâte. Le peuple se porta alors sur la ville d'Exeter et en fit le siège2. Les catholiques venus des comtés de Devon et de Cornouailles formaient à ce moment une véritable armée de 10.000 combattants. Chaque fraction avait à sa tête des nobles campagnards ou des

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