ESPÉRANCES DE RETOUR A L'UNITÉ CATHOLIQUE
nière ville restait la citadelle des doctrines catholiques, tandis que Cambridge, l'université sœur, favorisait les nouveautés. Les évoques emprisonnés entrevoyaient un terme à leurs souffrances et les réformés avancés s'attendaient à être chassés du royaume.
L'illusion ne dura pas longtemps. Ce fut Warwick qui, héritant de l'influence du protecteur, domina à son tour le conseil et le roi. Or Warwick, énergique, décidé, sans scrupule, hypocrite et jouant double jeu, avait toutes les aptitudes d'un chef révolutionnaire. S'il parut montrer quelque attachement à la religion catholique, ce fut pour la détruire plus facilement.
De leur côté le parlement et le conseil détrompèrent bientôt par des actes ceux qui avaient espéré une réaction catholique. Les députés, réunis le 4 novembre 1549, votèrent d'abord qu'un groupe de douze personnes, au minimum, complotant contre un des membres du conseil ou cherchant à morceler les grands domaines, se rendait coupable de haute trahison. Cette loi était dirigée contre Somerset. Les évoques tentèrent de faire rétablir leur juridiction par le parlement. Ils n'avaient plus aucun pouvoir, disaient-ils; ils ne pouvaient plus citer personne à leur tribunal et n'avaient pas le droit de punir. Les Lords leur demandèrent de présenter un projet qu'ils trouvèrent, à l'examen, trop envahissant. Un comité mixte en produisit un nouveau qui donnait aux évoques des pouvoirs plus restreints. Il ne passa jamais à la chambre des Communes.
Le 31 janvier 1550, les Lords votèrent la nomination, dans le délai de trois années, de la fameuse commission de trente-deux membres pour la révision des lois canoniques. On avait essayé vainement à trois reprises, en 1534, 1536 et 1544, de constituer cette commission. Les Communes acceptèrent le projet des Lords. Chose curieuse, l'opposition, à la Chambre Haute, réunit les
évèques de tendances très différentes. Cranmer et Tunstall, Goodrich et Heath, Aldrich, Thirlby, Day. IIolbeach, Ridley et Ferrar.
On nomma aussi une commission de douze membres, dont six évêques, chargée de rédiger les prières et d'arrêter Tordre des cérémonies qu'on devait observer à l'avenir dans la collation des divers ordres sacrés. Le projet appelait ce traité, dont elle confiait la rédaction à des commissaires, V Ordinal * . Le nom lui est resté dans l'Eglise anglicane. Tunstall, Heath, Day. Thirlby. Aldrich votèrent contre la proposition; neuf évêques l'approuvèrent : Cranmer, Ridley, Skipp, Barlow. Goodrich, Ferrar, Sampson, Holbeach et Wharton. Treize prélats étaient absents au moment du vote.
Le 22 janvier 1550, les Lords adoptèrent une loi qui ordonnait la destruction de tous les livres d'église, missels, bréviaires, antiphonaires, à l'exception du «Primer » ou manuel de piété de Cranmer, d'où cependant on devait faire disparaître toutes les invocations aux saints. Les images, peintures, sculptures qui restaient encore dans les églises devaient disparaître; étaient tolérés les monuments funéraires « de tout prince, roi, noble ou autre personne défunte qui durant leur vie n'avaient pas été considérés comme des saints ». Les Communes votèrent l'acte 2 le 25. 11 revint le même jour aux Lords qui l'acceptèrent définitivement. L'opposition se composa seulement de six évèques et de huit pairs laïques.
Ces mesures avaient pour but d'imposer l'usage du Book of common prayer dont 1rs prêtres de cam:
i. L'Ordinal parait avoir été en usage avant d'avoir reçu la Banclion officielle. D'Apres Strype, Cranmer^ p. 183-184, le primat, en sacrant Ferrar, septembre 1548, avait introduit quelques modifications au rituel catholique; en 1549, il aurait l'ait une ordination a St-Paul en se servant de l'Ordinal anglican non encore publié. [Ibidem, p. 191.
1 Statut** of ihe reolm,3 et '., Edward 17. chap. \, p. 110.