‹ Les origines du schisme anglican, 1509-1571Chapitre 148 sur 253 · Les dernières mesures du règne d'Edouard VI · texte numérisé non relu

Les dernières mesures du règne d'Edouard VI

L'activité de Cranmer n'avait pas été entièrement absorbée par la révision du Book of common prayer. Dès les premiers mois de 1549, il avait rédigé un certain nombre d'articles de religion que les prêtres, qui venaient lui demander l'autorisation de prêcher, étaient obligés de signer. Plus tard, il soumit ce travail à l'examen d'un certain nombre d'évêques. Communiqués au conseil, puis à Cécil et à sir John Cheke qui les montra au roi, ils furent, le 21 octobre 1552, examinés sur l'ordre des ministres par six chapelains royaux, parmi lesquels se trouvait Knox. Ceux-ci les renvoyèrent au primat en signalant quelques passages à supprimer. Cranmer retourna le projet au conseil le 24 novembre, en le priant de le faire signer par le clergé. Au cours de ces examens successifs, les articles, qui étaient originellement au nombre de quarante-

cinq, furent réduits à quarante-deux; nous les retrouverons plus tard au nombre de trente-neuf. Edouard Y 1 les signa le 12 juin 1553. L'assemblée du clergé qui s'était réunie au mois de mars ne fut pas appelée à se prononcer sur ces articles. Ils parurent en même temps qu'un catéchisme del'évêque Ponet autorisé par lettres patentes.

Le parlement de 1552 s'occupa beaucoup d'affaires ecclésiastiques. Il décréta d'abord que ceux qui appelaient le roi hérétique, schismatique ou tyran, se rendaient coupables de haute trahison, mais l'accusation devait être soutenue par deux témoins. Une loi déclarait louable le mariage des prêtres que l'opinion publique persistait à condamner et légitimait les enfants issus de ces unions. Les anciens religieux et leurs enfants recevaient tous les droits civils ' . On vota aussi en faveur des indigents une curieuse loi qui est comme un premier essai de la fameuse taxe des pauvres. Elle donnait aux chefs des paroisses le droit d'élire les collecteurs des pauvres qui étaient obligés d'accepter cette fonction. Ceux-ci devaient demander à chaque paroissien une offrande proportionnée à ses moyens, et Tévêque avait le droit de punir des censures spirituelles les collecteurs négligents comme ceux qui refusaient une offrande. L'autorité ecclésiastique était à ce point méconnue qu'une loi spéciale détendit les rixes et les batailles dans les églises; il était interdit aussi d'y introduire des mules et des chevaux.

Le parlement avant de se séparer prolongea pour trois nouvelles années l'existence de la fameuse commission des lois ecclésiastiques. Elle avait réellement fonctionné. Le 11 novembre 1550, un comité préparatoire de huit membres, tous choisis parmi les réforma-

\. EDw.vr.n Statutes of the realm^ 5et 6, Edward F/,chap. xn, p. 146.

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