Rymkr, Fœdera, t. VI, pp
prison. Ceux qui s'adresseraient au pape seraient considérés comme coupables de haute trahison.
Les Lords paraissent n'avoir offert qu'une faible résistance au projet royal. Plusieurs membres de l'opposition avaient reçu l'ordre de ne pas assister aux séances ; un plus grand nombre n'avaient pas été convoqués. La chambre des Communes, pourtant si servile, refusa d'abord de suivre le roi. La majorité répugnait à augmenter la puissance du primat de Cantorbéry. Les députés des villes industrielles redoutaient le schisme qui menaçait leurs intérêts, en ouvrant la porte à de redoutables complications internationales. Enfin, s'ils consentaient volontiers à ennuyer le pape par des mesures vexatoires, ils ne songeaient pas à détruire son autorité. Le 31 mars, Chappuys écrivait à son maître { :
« Les députés séculiers des Communes ont refusé de consentir aux demandes du roi contre l'autorité du pape; ils ont même énergiquement combattu, alléguant surtout les dangers pour le commerce de la laine. » L'ambassadeur ajoute que les ministres ont cependant vaincu cette résistance à force de machinations et après trois semaines d'efforts. On a assuré qu'ils ont voté la suppression des appels à Rome pour éviter l'ingérence du pape dans l'affaire du divorce, car si elle s'était produite, le roi aurait pu les accuser tous de trahison.
L'attitude du représentant du pape à Londres contribua à affaiblir la résistance. Ce prélat, qui ignorait totalement le mariage secret d'Anne et d'Henri, conservait toujours l'espérance de terminer le différend par la conciliation. Le roi l'entretenait très habilement dans ses illusions en le comblant d'attentions flatteuses. Le 8 février, de Burgo fut invité à accompagner le