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Registre des délibérations municipales de

2. Registre des comptes municipaux pour 1559. — Pour la partie postérieure à la conquête, j'ai eu recours aux Notes historiques sur Besançon, par M. Gastan, qui renferment l'analyse des registres de délibérations dont je n'ai pas fait le dépouillement à partir de 1594.

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qu'une troupe passa à Besançon, elle donna ses représentations à l'hôtel de ville, le 24 septembre 1 674. Les registres municipaux constatent que ce fut un scandale public. La pièce n'était sans doute pas une « moralité » et ne ressemblait probablement pas à celles que l'on avait été habitué à voir au collège des Jésuites. La municipalité fit en vain des remontrances à l'autorité militaire pour protester contre ce qu'elle regardait conune une violation de son droit. Pour toute réponse, le commandant, M. de Montauban, lui contesta le droit d'ingérence en cette matière et s'attribua la faculté exclusive d'accorder ou de refuser les autorisations aux comédiens. Le clergé s'en mêla ; messire Vuillemenot, curé de Saint-Pierre, tonna contre eux dans un prône. Il était allé si loin que la municipalité dut le désavouer (1 681 , 22 et 23 avril). Plus tard, l'archevêque demandait qu'il y eût relâche au moins pendant le jubilé qui allait s'ouvrir ; le Conseil de ville, prié d'intervenir, répondit que c'était contre son gré qu'il y avait des comédiens, mais qu'il n'y pouvait rien (22 février 1698). Mais il eut, deux ans après, une légère satisfaction. Le lieutenant du roi avait, comme toujours, malgré la municipalité, permis à Joseph Toscano, dit Arlequin, comédien italien, de donner des représentations ; elles n'eurent pas longue durée, car bientôt il fut pris en flagrant délit de sodomie (1698, juin et juillet) et obligé de s'enfuir.

Cet incident n'était pas de nature à réconcilier

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les gouverneurs et les comédiens et encore moins ceux-là et l'autorité militaire. Aussi, le 14 juin 1 728, le Conseil refusa-t-il de louer à une troupe la salle du Jeu de Paume. Mais le duc de Tallard ne fut pas arrêté pour si peu. Il mit à sa disposition ses appartements du palais Granvelle, en dépit des protestations de la municipalité, qui prétextait qu'il pouvait en résulter des dégradations dans le palais dont l'entretien était à sa charge. A une autre objection du même genre, on lui répondit de faire une constatation de l'état des locaux et que l'on paierait les dégâts.

Dans d'autres circonstances, les gouverneurs s'opposaient à ce qu'il y eût spectacle pendant la quinzaine de Pâques, notamment en 1 736 et en 1738. Cette année-ci, le directeur Dubuisson représentait une pastorale héroïque intitulée Issé. Voici la réponse à sa plainte : « Le roi entend que les comédiens demandent permission de représenter à la municipalité, mais il veut aussi que celle-ci ne contredise pas les autorisations accordées par le commandant militaire de la province. » Cinquante ans plus tard, il n'en était pas différemment, car le marquis de Ségur, ministre de la guerre, décidait que le commandant militaire donnait aux comédiens le privilège, mais les directeurs de troupes n'en étaient pas moins tenus de demander au corps municipal un agrément qui ne devait jamais être refusé. La belle prérogative qu'avaient là les Bisontins !

Il est vrai que, quelques années auparavant,

radministration de la guerre avait daigné leur faire une gracieuseté : elle voulut leur construire un vrai théâtrç.

Le contrôleur général des finances, qui était alors de Clugny ou Taboureau des Réaux, — il y en eut deux cette année-là (1 776) ; il y en eut même cinq en 1 787, — leur accorda à cet effet une subvention de 80,000 livres à prendre sur le Trésor. Je ne sais si la proposition leur fut agréable. Ce qu'il y a de certain, c'est que les démêlés recommencèrent à propos de l'emplacement. Les Bisontins avaient un jardin botanique auquel ils tenaient beaucoup. C'est cet emplacement qu'on leur imposa, malgré leurs protestations et leurs instances pour qu'on le bâtît sur la Place Neuve ou au jardin Granvelle. Le maréchal de Duras fut inflexible. L'approbation de ce projet fut donnée le 210 décembre 1 777, et les travaux furent commencés au printemps suivant. Ils durèrent un peu plus de six ans et revinrent à 188,000 livres, sur lesquelles le roi accorda, en 1785, une nouvelle subvention de 45,000 livres. Il fut inauguré le 9 août 1 784, à l'occasion du voyage à Besançon de Louis-Joseph de Bourbon, prince de Condé, et de son fils, le duc Louis-Henri- Joseph.

Arrivée à ses fins, l'administration militaire se relâcha un peu de ses exigences et de ses prétentions; elle ne se réserva que la police du théâtre, pour expulser les perturbateurs. C'est la municipalité qui fixa l'ouverture à cinq heures et le prix des places : 50 sous pour les prenaières

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loges et les galeries, que pouvaient seuls occuper la noblesse et les notables bourgeois ; 25 sous pour les secondes; 15 sous pour les troisièmes et 1 sous pour les quatrièmes ; 1 00 livres par an pour une loge fermée et 6 livres par représentation pour une loge grillée (27 octobre 1784).

Voici encore les noms de quelques directeurs de troupes qui furent autorisés à donner des représentations et les titres de quelques pièces :

1707, 9 novembre et 19 décembre. Antoine, avec permission de représenter des pièces comiques ; la veuve Hubert, avec celle de faire jouer des marionnettes, en n'exigeant que 4 sous 6 deniers par spectateur.

1708, 7 avril. Georges du Londel.

1739, 5 et 23 décembre. Bonneval.

1759, 25 avril. Burgioni, avec autorisation de donner des opéras italiens.

1761, 6 et 20 avril. Belloti, vénitien; permission de montrer un « optique théâtral, » peut-être une sorte de lanterne magique dont il se disait l'inventeur.

1762, 27 mars. Permission de représenter Œdipe.

1762, 5 juin. Faisel, musicien, est autorisé à donner des concerts; — 3 juillet. Toscane, italien, à jouer des pantomimes et à danser sur la corde; — 24 et 28 juillet, Chavy et Palatini à faire de l'escamotage.

1764, 25 juin. J.-B. Renaud, comédien des rois de Pologne,

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1769, février. Représentation d'Êrycie ou les YestaleSj pièce interdite à Paris.

1781, 18-^30 novembre. Représentation de La fête des lys^ par Maurin de Pompigny, à l'occasion de la naissance du Dauphin.

1784, 21, 221-24 avril. Les comédiens que la veuve Duflachet, directrice de la comédie, ne pouvait payer, se mettent en grève. Sa caisse est séquestrée, et l'intendant Lacoré conseille à la ville de se charger de la direction du théâtre.

Pendant la Révolution, le théâtre de Besançon n'eut pas toujours de troupe régulière. Alors, les rôles étaient tenus par des amateurs. C'est ainsi, par exemple, que le Brutus de Voltaire fut une fois au moins interprété par des professeurs de l'École centrale. Guillemet, Jean-Jacques Ordinaire, plus tard recteur de l'Académie, et Joseph Droz, qui devint membre de l'Académie française*.

1. 8. Droz, Recherches historiques sur la ville de Besançon, collège, 2« partie, p. 39.

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