‹ Les Origines et le développement de la Réforme à LyonChapitre 1 sur 30 · AVIS AU LECTEUR · texte numérisé non relu

AVIS AU LECTEUR

En publiant cet opiiscide sui- « Les Origines et le Développement DE LA Réforme a Lyon », nous éprouvons le besoin de le faire précéder de quelques lignes explicatives à l'adresse du lecteur.

Dire ce qu'est, en lui-même, l'ouvrage et ce qu'a été son jeune auteur, tel est le double but de cette préface.

Le travail que nous éditons est le fruit des recherches et du labeur d'un étudiant en théologie âgé de dix-neuf ans. yoilà la première et grande raison qui en fera, à la fois, apprécier la valeur et excuser les défectuosités.

Alfred Aeschimann avait composé ce mémoire en vue d'un coticours à la Faculté de Théologie de Genève. C'était là une première ébauche, un premier jet de rédaction un peu hâtive, à cause de son départ pour le service militaire. Nul doute qu 'avec sa scrupuleuse conscience, jamais satisfaite du premier effort, il n'eût retouché, complété et probablement remanié de fond en comble cette étude, s'il eitt décidé plus tard de la livrer au public.

Aussi ne faudrait-il pas aborder la lecture de ces pages en rendant l'auteur responsable des imperfections que certainement il eût corrigées. Qu'on ne cherche donc pas ici une étude déforme impeccable, de documentation complète et définitive, de mise au point rigoureuse, de maturité en pleine maîtrise d'elle-même et en pleine possession du sujet traité !

Il est évident que l'érudit, l'historien de profession pourroîit relever j de-ci, de-là, certaines lacunes dans les matériaux employés, certaines fautes de proportions dans les développements. Il est évident même que le style aurait besoin de retouches par en-

droits et qu'on pourra sourire de certains jugements qui témoignent d'une ardeur ou d'une candeur un peu juvéniles. Nous reconnaissons toute la justesse de pareilles critiques.

Mais nous n'avons pourtant rien voulu changer au manuscrit du jeune historien si brusquement ravi à notre affection. Nous bornant simplement à faire appel à la compétence de quelques Maîtres et amis d'A. Aeschimann et à l'estime pleine de bonté qu'ils avaient pour cet élève, si sympathique et si bien doué, nous avo7is demandé en particulier à MM. les Professeurs Choisy et de Crue et à M. le Bibliothécaire Gardy

— et nous leur en exprimons ici tous nos remerciements — de bien vouloir, tmiquement, vérifier les citations.

Notre intervention n'a pas été plus loin. Nous avons tenu à respecter cette œuvre dans sa forme première ; nous l'imprimons telle qu'elle est sortie de la plume et du cerveau de l'étudiant. Il nous a semblé, en agissant ainsi, que nous accomplissions un pieux devoir. C'est une palme, c'est la fleur suprême faillie de son cœur que nous déposons aujourd'hui sur la tombe du petit soldat, 7nort au champ d'honneur.

Tout remaniement eût été une profanation.

Ces réserves faites — très loyalement, comme nous le devions

— nous avons la conviction qu'on goiitera d'autant mieux la saveur de forme et le contenu de cet ouvrage. On appréciera, à leur pleine valeur, les qualités de l'esprit si fin, si judicieux, si lumineux qui l'a composé ; on se sentira attiré par cette âme si profondément imprégnée de vie spirituelle et de sève religieuse et qui se révèle, tout entière, dans un ardent et fier désir de découvrir la vérité immuable et divine à travers les lentes évolutions et les contingences obscures de l'histoire.

Devant ces constatations, on ne pourra que déplorer, une fois déplus, la disparition de caractères d'élite comme celui du jeune auteur et regretter les vides irréparables, creusés par l'affreuse guerre, dans les rangs de notre jeunesse studieuse et chrétienne.

Et, pour toutes ces raisons, nous souhaitons que cette Histoire des Origines et du développement de la Réforme à Lyon

devienne comme un manuel familier et familial dans tous les foyers protestants de notre chère Eglise, aussi bien que dans tous les milieux intellectuels de notre grande cité.

Qiie ce petit livre trouve donc des lecteurs nombreux et de tout âge ; qu'il soit lu, par ceux d'hier et d'aujourd'hui comme tar ceux qui viendront demain ! Et alors, la trop courte vie de notre jeune ami n'aura pas été inutile ; quoique mort prématurément, Alfred Aeschimann parlera encore et pendant longtemps.

De la seule poignée de bon grain qu'il lui aura été donné de jeter ici-bas, au matin de sa journée, des germes féconds lèveront, grâce à lui, dans plusieurs âmes et pendant plusieurs géfiérations. Car aucun de ceux qui ouvriront ces pages ne pourra lire, sans sentir monter à ses yeux des larmes de poignante émotion, le supplice des cinq étudiants de Lyon, en i ^^^, raconté par un étudiant de 191 4 mort, lui aussi, héroïquement, pour une grande cause.

G. Blot,

Pasteur.

Lyon, Juillet 1916.

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