Baiser de paix
Ici encore peut-être Bickell a-t-il voulu pousser trop loin les analogies. Mais le fait lui-même de la ressemblance entre l’avant-messe et le service des synagogues, nous paraît incontestable. L'idée du reste n'était pas nouvelle, et, après Bickell, ces analogies ont été relevées par des hommes qui paraissent être arrivés à la même conclusion par une autre méthode, et
(1) La messe des catéchumènes est donnée ici telle qu’elle fut primitivement. Depuis ce temps elle a reçu diverses additions.
(2) Bickell croit que le baiser de paix appartient originairement à l’avantmesse, et que c’est l’Église de Rome qui l’a transporté après le Pater. On verra plus loin notre hypothèse sur ce point.
dont quelques-uns même semblent avoir ignoré son travail (1).
Toutefois la question demande à être approfondie; il y a d’autres conclusions à en tirer. C’est ce que nous voudrions faire ici.
Les différences au point de vue liturgique entre la messe des catéchumènes et la messe des fidèles sont si nombreuses qu'elles frapperont ceux-là mêmes qui n'ont en fait de liturgie que des connaissances très superficielles. Le cadre liturgique, la nature des formules et des rites, sont d’un caractère absolument différent. D'un côté (avant-messe), des lectures, des chants des prières d'intercession, une prédication; des rites presque disparates, à tout le moins sans liens entre eux, des chants d’hymnes comme le Gloria in excelsis, les litanies, le chant des psaumes, des lectures, des oraisons, une prédication. Le diacre, les ministres inférieurs y remplissent leur rôle, et y prennent la parole; les chantres et le peuple lui-même y interviennent fréquemment par la psalmodie. Dans la messe des fidèles la scène change; ici une succession de formules et d'actes liturgiques qui se suivent à peu près sans talus, qui s’enchaînent étroitement l’un à l’autre et sont ordonnés à une même fin, le sacrifice eucharistique; pas une lecture, pas un chant; les fidèles suivent silencieux et recueillis sans presque intervenir, que par les réponses aux paroles du prêtre ; celui-ci seul a la parole, du commencement à la fin, dans une série de formules qui toutes appartiennent à la classe des oraisons (2).
Y a-t-il un lien nécessaire entre ces deux cérémonies d’un genre si différent? La messe des catéchumènes est-elle une pré-
(x) Cf. Duchesne, Origines du culte chrétien, 2° édit., p. 46, 47; Chase, The Lord’s Prayer in the early Church (Textes a. Studies, t. 1); Skene, The Lord's supper and the Paschal ritual; Warren, Lightfoot, cités ci-dessus. Avant Bickell, Vitringa avait soutenu que le rituel chrétien, d’une façon générale, dérive des synagogues.
(2) Ceci ne convient dans toute sa rigueur qu’à la messe primitive. Le dessein antique a été quelque peu modifié par des additions, par exemple le chant de l’offertoire, de la communion, de l’Agnus Dei. Si le chant du Sanctus était primitif, ce serait la seule exception à la règle. La préface rentre dans le genre des oraisons.
paration à la messe des fidèles; fut-elle ordonnée à cette fin ? Nous ne le pensons pas. Rien ne l'indique en tout cas, et entre le dernier acte de la messe des catéchumènes et le premier de la messe des fidèles, il n’y a pas cette transition naturelle qui unit des rites coordonnés l’un à l’autre.
Nous croyons que la messe des catéchumènes, très impropre- « ment appelée avant-messe, a en elle-même son sens, sa signification liturgique distincte, son autonomie; nous croyons même
rnb
qu'elle a eu son existence propre pendant un temps et n'a été que plus tard rattachée à la messe.
L'avant-messe en eflet n’est autre chose, selon nous, que l'antique réunion chrétienne qui n’était pas nécessairement suivie de la messe, c'était ce qu’on appelle une synaxe aliturgique, ou, en d’autres termes, la vigile. De bonne heure elle a été rattachée à la messe, elle lui a servi d'introduction et a fini par s'y souder de telle sorte, qu'elle ne fait plus qu'un avec le sacrifice, mais le point de soudure reste apparent; entre la prédication sur l’évangile, qui est le dernier acte de l’avant-messe, et l'offertoire qui est le premier acte du sacrifice proprement dit, il . n’y a pas de connexion. L'avant-messe a conservé aujourd hui encore tous ses caractères ; toutefois par la force des choses, et par suite de l'attraction liturgique de la partie la plus importante, la messe des catéchumènes a été mise en relation plus étroite avec le sacrifice ; les lectures, les chants et les prières ont été choisis en rapport avec l'eucharistie ; certains rites même, dans la suite des temps, sont tombés de la première partie de la messe dans la seconde.
En dehors des convenances liturgiques que nous venons d'exposer et qui ont leur poids, nous croyons que notre système s'appuie sur des textes et des faits.
Il y a tout d’abord ce fait qui mérite bien d'attirer l’attention. Les textes ayant trait aux réunions chrétiennes. dans les Actes des apôtres et les Épîtres, se divisent naturellement en deux familles :
1° Les uns parlent d’une réunion où l’on prie, où l’on chante des psaumes et des hymnes, où l'on fait des lectures et des
prédications et des collectes pour les églises ; il n’y est pas question de l’eucharistie (1).
2° Les autres font allusion à la réunion où a lieu la fractio panis, la communion au corps et au sang du Christ, au pain sacré, et au calice de bénédiction. Parfois, mais non pas nécessairement, cette action eucharistique vient après la réunion précédente ; il ne paraît pas qu'elle lui soit indissolublement unie (2).
Pline dans sa fameuse lettre dit que les chrétiens se réunissent avant l'aurore pour chanter un hymne au Christ, comme à leur Dieu ; puis ils se retirent, mais il se réunissent encore ad capiendum cibum (3). Les deux réunions sont nettement séparées. Socrate témoigne qu à Alexandrie le mercredi et le vendredi, il y a une réunion dans laquelle on fait des lectures de l'Écriture sainte, les passages lus sont expliqués par les exégètes et l’on accomplit toutes les autres cérémonies des synaxes, mais on ne célèbre pas les mystères (4). N'avons-nous pas ici la description de notre avant-messe séparée de l’eucharistie? Au iv° siècle à Jérusalem on conserve encore si bien la notion de séparation des deux rites que la messe des catéchumènes se célèbre dans l’église du Golgotha et celle des fidèles dans l’église de l’Anastasie (5).
Mais les faits liturgiques parlent encore plus éloquemment que les textes et nous trouvons plusieurs vestiges de l'existence voisine séparée de la missa catechumenorum.
Mgr Duchesne avec sa rare perspicacité et la pénétration qu'il a apportées dans l’étude de la liturgie, a bien remarqué que les cérémonies du vendredi-saint et du samedi-saint, ainsi que les messes des Quatre-Temps et celles de certaines vigiles,
(x) Actes, x, 46; I Cor., x1v; Col., mr, 16; Eph., v, 19; I Tim., , 1 seq. ; IV, 13.
(2) Actes, x, 42, 46; xx, 7 sq.; Î Cor., x, 16,21; xx, 20.
(3) Pline, Lettres, 1. X, ep. xevir.
(4) Socrate, Hist. eccles., 1. V, c. xxx. J
(5) Peregrinatio Silviæ, ed. Gamurrini, p. 81. Cf. notre Étude sur les églises de Jérusalem, p. 55 sq.
avec leurs leçons, leur psalmodie, leurs oraisons, nous ont conservé le type des synaxes sans le service eucharistique (1). Primitivement en effet il y avait réunion ces jours-là, mais pas de messe ; la synaxe était occupée par des lectures, la psalmodie et des oraisons. Le même critique croit encore trouver un vestige de l'ancienne vigile dans la cérémonie qui à Jéru-« salem au 1v° siècle est distincte de messe et des matines (2). Si l’on veut étudier au point de vue liturgique les vigiles dans les différents rites ambroïsien, mozarabe et romain, on y pourra faire la constatation du même fait : une cérémonie qui primitivement ne se composait que de l’avant-messe. Cet argument liturgique mérite par son importance d’être traité à part, et nous nous proposons d'y revenir quelque jour. Remarquons encore ceci. Dans l'avant-messe se retrouvent un certain nombre d'éléments, qui ne lui sont pas spécialement affectés, mais qui ont leur place dans toutes les anciennes réunions chrétiennes : la confession des péchés, la litanie et la lecture même des diptyques, et le renvoi des fidèles. La confession des péchés est recommandée par saint Jacques, par la didaché, comme pratique pieuse, devant l'assemblée, sans qu'il lui soit assigné une place spéciale. Elle est aussi employée au baptème et à la pénitence. Nous avions l’occasion de faire remarquer dans notre étude sur Silvia ce fait nouveau de la lecture des diptyques et des litanies à d’autres offices qu à la messe; enfin la nissa ou renvoi des fidèles par une formule particulière terminait tous les offices, toutes les réunions (3). Il est même possible que la présence du baiser de paix soit un autre indice en faveur de notre hypothèse. Sa place dans la liturgie de la messe varie avec les différentes liturgies. Bickell, nous l’avons dit, croit qu'il appartenait primitivement à l’avant-
(x) Cf. Origines du culte chrétien, p. 219 et 237.
(2) Ibid., p. 219. Cependant nous serions moins porté à admettre cette dernière opinion, cf. notre étude sur la Peregrinatio Silviæ, p. 51. Bickell avait du reste déjà fait quelques-unes de ces observations, cf. ses tableaux que nous avons donnés ci-dessus.
(3) Les églises de Jérusalem, la discipline et la liturgie au IV° siècle, Paris, 1895, p. 41.
|: messe. En Orient et dans les liturgies gallicanes, il est avant la
F préface ; à Rome et en Afrique il est placé avant la commu-
k Eu A l'origine il est probable que le baiser de paix se donnait
à la fin de la synaxe avant la séparation; de là sa place à la fin de l’avant-messe. Quand celle-ci eut été réunie à la
« synaxe eucharistique, et que l'habitude se fut introduite d’admettre les catéchumènes, les pénitents et mêmes les gentils à l’avant-messe, on attendit que ceux-ci se fussent retirés pour accomplir la cérémonie du « saint baiser » qui ne devait se
- donner qu'entre fidèles. Mais comme il eût été superflu de le renouveler dans la même synaxe on le supprima une fois, à la fin de la cène eucharistique pour l'Orient, à la fin de la messe des catéchumènes pour Rome et l'Afrique (1).
On pourrait raisonner de même sur les diptyques et les litanies qui, dans beaucoup de liturgies, se trouvent une fois à l'avantmesse, et une fois à la messe des fidèles. On ne peut guère expliquer cette répétition d'un même rite que dans l'hypothèse de la combinaison que nous proposons.
La présence de tous ces éléments d'une synaxe commune à l’avant-messe est une nouvelle preuve qu'elle n’était pas primitivement ordonnée à la fin spéciale du sacrifice, mais qu’elle avait son existence indépendante.
À quelle date la vigile a-t-elle été rattachée à la messe? c'est ce qu'on ne saurait dire; les Actes et les Epiîtres des apôtres semblent indiquer, nous l'avons vu, que les deux cérémonies sont distinctes. Certainement leur réunion remonte à une époque très ancienne; peut-être lorsque l'agape qui précédait primitivement la scène eucharistique en eut été détachée, par suite des abus qui s’y commettaient, celle-ci se trouva comme naturellement rattachée à la vigile. Ce qui est certain, c’est
(1) La raison pour laquelle le baiser de paix est absent aux messes des morts et à la messe du jeudi saint est peut-être un souvenir très ancien de l'époque où le baiser de paix n'était pas encore à la messe des fidèles. Cependant Tertullien nous donne déjà une raison mystique de cette abstention pour le jeudi saint (De Orat., 14). Dans la liturgie milanaise le baiser de paix subsiste à l’avant-messe et à la messe des fidèles. Toutes ces divergences sont l'indice d’un changement dans la liturgie de ce rite.
est encore précédée de l'agape, et il n’est pas question d’une autre préparation au sacrifice, pas plus que dans aucun texte dun Nouveau Testament. La Didaché ne fait pas non plus allusion. à l’avant-messe. Mais le fait qu'elle existe dans toutes les litur= gies comme une sorte d'introduction à la messe, est un argu= ment en faveur de sa très haute antiquité. Il était assez naturel. du reste qu'après la synaxe où l'on avait lu les Écritures, chanté“ des psaumes et prié en commun, on eût la pensée de célébrer le sacrifice eucharistique qui donnait à la réunion chrétienne sa pleine signification, complétait toutes les prières par le rite. qui était la prière par excellence, la vraie action de grâces, enfin qui mettait à l'union des frères le sceau suprême de la communion dans le sang du Christ, et la participation à son corps. | Toujours est-il que la vigile était la partie la plus variée et qui donnait, si j'ose dire, à l'assemblée la note d'actualité. On
lisait non seulement l'Ancien Testament et les Évangiles, mais encore les lettres des apôtres, des évêques étrangers et des églises les actes des martyrs. Denys de Corinthe écrit à l’église de Rome qu'on lit le dimanche les lettres de Soter et celles de Clément, évêque de Rome (1). Les lettres de saint Polycarpem et de saint Ignace, celles de saint Cyprien et de saint Corneille étaient lues aussi durant les synaxes. On devine aisément les sentiments que devait soulever dans une réunion de frères law lecture d’une lettre dans laquelle les martyrs de Lyon, écrivant au fond de leur cachot, racontaient leurs supplices et l’héroïsme de leurs frères. Parfois même des églises éloignées et ignorantes se laissaient séduire et lisaient des récits apocryphes ou peu orthodoxes, comme l'évangile de Pierre et les apocryphes clémentins.
Enfin il y avait une prédication, qui permettait au président de donner les avis qui convenaient à chacun. L'assistance même est moins choisie ; on admet à cette première partie de la messe
(x) Eusèbe, Hist. ecclés., 1. IV, c. xxur.
" catéchumènes, les énergumènes, les pénitents, parfois les gentils.
La seconde partie de la cérémonie ou messe proprement
dite présente des caractères tout différents. Les chrétiens bapti-
sés et d'une vie irréprochable y assistent seuls. Le rite se développe selon une marche invariable, les formules elles-mêmes ‘sont immuables, du moins si elles changent à l'origine, c’est parce qu'une certaine liberté d'improvisation est laissée au pontife : le thème est du reste le même, comme on peut le voir en comparant les formules des diverses liturgies. De bonne heure du reste l'improvisation est complètement exclue, et les paroles prirent un fixité hiératique.
: Il nous reste à indiquer quelle est la relation entre l’avantmesse et l'office canonial. On avait déjà remarqué qu'il devait y avoir une certaine parenté entre la vigile et l'office de nuit, sans expliquer d’une façon précise en quoi consistait cette parenté. Nous croyons que c’est la vigile ou l'avant-messe qui a donné naissance à notre office de nuit, appelé aujourd'hui matines ; ce ‘dernier office est du moins calqué sur le même modèle liturgique. Les autres éléments liturgiques sont les mêmes de part et d'autre.
Pour que ces analogies prennent toute leur importance, il faut choisir les avant-messes du type le plus ancien, dégagées des éléments additionnels, par exemple les avant-messes des vigiles, des Quatre-Temps, et les offices des vendredi et samedi saints, et les comparer avec l'office de nuit du plus ancien modèle, alors que matines et laudes ne faisaient guère qu'un office. Le programme de l’avant-messe est celui-ci :
Lecture de l’ancien testament ;
Lecture des épiîtres ;
Lecture de l’évangile, prédication sur l’évangile.
Entre les différentes lectures prend place la psalmodie sous forme de trait, ou de répons (graduel et alleluia), ou bien une collecte. Il ne faut pas oublier que dans ces anciens offices la psalmodie et les leçons, ou encore la psalmodie et les collectes, sont en étroite connexion; ces dernières surtout semblent la
plupart du temps dépendantes d’une prière litanique, d’uné lecture ou d’un psaume qu'elles ont pour mission de com pléter ou de commenter (1). Au milieu des lectures et du chant des psaumes, ont trouvé place certains cantiques, le Glo ria in excelsis Deo, le Benedictus Dominus Deus Israel (à l'avant messe du rite gallican), le Benedictus es Domine Deus, de Da niel, les deux cantiques de Moïse (au samedi saint), enfin des rites comme la confession des péchés, la lecture des diptyques; et peut-être le baiser de paix, et le renvoi ou missa.
Or nous constatons à l'office de nuit la présence des mêmes éléments liturgiques, la même gradation entre les lectures & Ancien Testament, Épitres ou Actes des apôtres, passions des martyrs, évangile. La récitation des psaumes a pris, il est vrai, dans l'office un très grand développement, mais les lectures; généralement au nombre de trois, comme à l'avant-messe, sont, combinées d'après le même plan avec des répons ou des collectes. qui remplissent le même office qu’à l'avant-messe (2). Nous y retrouvons aussi le Gloria in excelsis (rite irlandais, et plu-
(1) Cette loi de connexité entre les rites et les différentes formes de prières, psalmodie, préfaces, collectes, n’a pas encore été observée. On pour= rait pourtant en tirer d'importantes conséquences pour la liturgie. De bonnes heure on a cessé d’en tenir compte dans les compositions liturgiques ù l'observation de cette loi est un signe à peu près certain de haute antiquité: Citons ce seul exemple pour les collectes dans les liturgies gallicanes :
Collectio post nomina.
Collectio post precem.
Collectio post prophetiam.
Collectio post evangelium le (Benedictus).
Collectio post sanctus.
Collectio post mysterium ou post secreta ou post pridie.
Collectio ad pacem.
Collectio post orationem dominicam.
Collectio ad panis fractionem.
Les mèmes formules se retrouvent chez les Grecs et en général dans les liturgies antiques. Ces rubriques indiquent bien, quand le sens ne l’indiquerait pas, que les collectes sont en fonction d’expliquer, de résumer, de préciser et de compléter le rite ou la prière précédente.
(2) Se rappeler en particulier les nombreux exemples dans la psalmodie ancienne de collectes après les psaumes (antiphonaires de Bangor et de Thomasi), collectes résumant l’évangile et faisant un peu l'office de l'homé=
APPENDICE I. — LA MESSE ET LE CANON ROMAIN 34r
sieurs autres rites), le Benedictus Dominus Deus Israel, le Be- “nedictus es Domine Deus de Daniel (mozarabe), les cantiques “de Moïse, même la lecture des diptyques avec le Kyrie eleison, la confession des péchés, peut-être le baiser de paix, et le renvoi où Missa (1).
Or les autres offices se sont formés sur le modèle de l'office ‘de nuit qui a seul existé dans le principe comme office public; “laudes n’est qu'un dédoublement, et à tout prendre l'office des vèpres n'en est probablement aussi qu'une préparation, une anticipation. Tierce, sexte et none, heures de la prière privée «de toute antiquité, même chez les juifs, sont bientôt devenues | heures de prière officielle ; prime et complies ont surgi plus tard. M Or les laudes et les vêpres conservent pleinement le dessin liturgique de l'office primitif de nuit en le résumant :
Psaumes antiphonés.
Capitule (faisant office des leçons).
Un répons bref.
| L'évangile (Benedictus à laudes, Magnificat à vèpres). Le Kyrie et le Pater (rites anciens, v. g. bénédictin).
L'oraison ou collecte.
Les petites heures sont dessinées sur le même modèle qu’elles résument encore.
On peut donc dire qu’en dernière analyse, c'estl’avant-messe qui a servi de prototype à tout l'office canonial. C’est donc la messe qui à été le centre de formation, et dans toute la rigueur du terme, le noyau de la liturgie catholique. Tous les offices de la journée et de la nuit pour garder leur signification liturgique doivent donc rester en étroite connexion avec la messe.
lie, dans l’antiphonaire de Bangor, collecte après l’'évangile à Jérusalem au 1° siècle (cf. mon étude sur la Peregrinatio Silviæ, p. 53), mème usage conservé dans l'office bénédictin, etc.
(1) Lecture des diptyques à l'office dans Sylvia (Étude sur la Peregrinatio Silviæ, p. 42). Un souvenir des diptyques dans le rite bénédictin du Kyrie eleison à la fin des offices. Si l’on ne retrouve pas le baiser de paix à l'office de nuit, le Pater qui termine laudes et vèpres dans certains rites, a souvent dans sa sphère d'attraction le baiser de paix. Dans tous les cas la signification du Pater est la même (Regula S. P. Benedicti, cap. xun).
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