‹ Les orphelines de la Charité drame en cinq actesChapitre 21 sur 87 · SCÈNE XV · texte numérisé non relu

SCÈNE XV

HORACE, FHANTZIA.

iFraoliia partit A l.i galerie extérieure sur laquelle donne «a chambre, «t apercevant Horace qui rrcutrduil Wilfrid, elle a’tvance jusqu'à l'eitré. mité de celte galerie, à l'arant-scfue.)

FRANTZIA.

Le voilà!... Jeune... riche... uoble... Il me semble que le démon se penche à mon oreille , et me dit : Frautzia , il est étranger I il est étranger 1 ...

(Elle descend.)

HORACE, rvaliaol fur le fovl.

Irai-je aujourd'hui même nu château de monsieur Van Delborg, ou bien attendrai je à demain? la journée s’avance; il est un peu tard... Mais si je n’y vais pas, que ferai-je dans ce pays, où je ne connais personne ? (Aporamn mnun.) Ah I je

n’iraî que demain, (franlila puut o»prr* d'Horace, t'urilt comme finenée à ta eue, pou le tatue léiuseiuetit et te dirige vert L pi le da Food.)

Mademoiselle...

FRANTZ1A , Ut itot Lüttét.

Vous désirez me parler, monsieur?

HORACE

Oui, mademoiselle, je désire vous présenter mes excuses.

FRANTZIA, radMOOWlaal U tevee.

Des excuses?...

IIOIUCE.

Ce matin, sur le bateau, je crains que ma conduite ne vous ait blessée.

Blessée!... non, monsieur.

HORACE

Alors, c’est que vous n'avez pas remarqué que mes yeux étaient obstinément fixés sur vous?

FRANTZIA.

Je l’ai remarqué, monsieur...

HORACE

El cette inusUoce 11e vous a pas irritée outre moi?

mmu.

Non... car vous sembliez avoir compris que je n’élais qu’une pauvre orpheline, el je ne lisais dans vos regards aucun sentiment qui dût m'irriter ou me faire rougir.

HORACE

C'est que mes yeux exprimaient fidèlement ce que ressentait mon cœur... c’est qu’ils disaient : Il y a en vous, mademoiselle, un charme qui m'attire, me captive... Je voudrais être votre ami, maintenant, et...

FRANTZIA, J'InlcrrnmpMt.

Mon aini... vous!... un gentilhomme!... Vous savez bien que ce serait trop d'honneur pour que je ne dusse pas en être Hère.

Ainsi donc, nous voilà amis.

FRANTZIA, muriaut el lut teintant la main qi»M faitlt.

Nous sommes auiUr

HORACE

Mais vous ne m’avez pas laissé terminer ma phrase... Je disais votre ami... maintenant, et je rêvais pour plus tard un bonheur plus précieux el une intimité plus douce.

FRANTZIA, aprÿ* an lilenca.

Je ne comprends pas bien, monsieur; expliquez-vous donc.

HORACE

Eh bien, mademoiselle... (L’tnlcrrofi’ant. ) Mademoiselle?...

FRANTZIA.

Frantzia.

HORACE

Eh bien, Frantzia...

FRANTZIA, Mariant.

Ahl prenez garde...

HORACE

Puisque nous sommes amis?... D'ailleurs, si je vous appelle Frantzia, je ne vous empêche pas de m’appeler Horace.

FRANTZIA.

Monsieur Horace! c'eut un joli nom!

Bien plus joli quand on retranche ce glacial : monsieur.

FRAFiTZIA.

Vous croyez?...

HORACE

Essayez... allons, allons... essayez, Frantzia.

FRANTZIA, a»c nue rmntMin ceaienoc, et I* reganlinl lire enqwlUrif.

Horace!...

UORACE, lui tartinant la tnno qu'il port» A tôt Itirr».

Vous êtes adui aille! et vous ne vous fâcherez pas si je vous dis ce que j'osais rêver.

FRANTZIA.

Dites... nous verrons après.

(Elle passe devant lui ttee coquetterie el va a'aueoir devant la table à

gauebe.)

HORACE, I'; Mitant el l'anrpal auul.

Eh bien, Frantzia, je vous aime!

FRANTZIA, n*.Mv«m*nt Jn >»le qu'elle rtprlne a**itAt,

Vous m’aimez... sérieusement?

IIORACt ,

Tiès-séricusernenl.

FRANTZIA.

Prenez garde!... arec moi, c'est un mot qui engage peutêtre pins que vous ne le pensez.

HORACE, trn-galrmaat.

Oh! je calcule toujours l'étendue des obligations que je prends, cl quand je dis à une jolie femme : Je vous aime! je m’engage... à I aimer.

FRANTZIA.

Et... voilà tout?

HORACE

Je suis un honnête homme, mademoiselle... Je l’aime... el... voilà tout...

FRANTZIA, te lovant.

Je suis une honnête tille... mol... monsieur, et je dois vous prévenir qu’avec moi, il n’en wrail pas tout à fait de même, et que celui dont j’accepterais l’amour deviendrait inon fiancé.

HORACE, ae levant A *on tour, KM vlMtnaaam.

Votre fiancé?... (Apec. u« aie*** «t mufimi.) Eh bien, soit! irn».

«« J'ai deux mois à passer en Hollande... deux mois à cUe votre fiancé.

FRANTZIA, <1tauOa*a«/a.

Et mon mari? quand cela?...

HORACE, mal.

Ah! quand j'aurai demandé mes papiers... En France, nous demandons toujours nos papiers... ils viennent rarement, par exemple.

FRANTZIA. *

Oh! les vôtres viendraient.

IIORACE.

Vous pourriez vous tromper... Aussi, mon enfant, je vous conseille de m'accepter pour fiancé. .. éternel, mais de ne poiut me compter pour futur mari... Je promettrais le contraire, que je serais bien coupable, puisque je saurais que je ne lien drais pas ma promesse.

FRANTZIA, vivement, «n te levant.

Seriez-vous marié?...

HORACE, daaraatdaat la «cr-ne.

Non.

FRANTZIA, le Mivant.

Foi de gentilhomme?...

HORACE

Foi de gentilhomme!

FRANTZIA.

Alors, libre à vous de m'aimer, monsieur Horace; mais souvenez-vous que je vous ai dit : {appajaat sur <*>qac iji.w) Vous serez mon mari.

HORACE, rivai.

Vous êtes spirituelle et gracieuse, mon enfant; vous avez tout ce qu’il faut pour enchaîner un homme à vos pieds; mais de l'amour au mariage, il y a loin, très-loiu!

FRANTZIA.

Non! pas pour moi!

HORACE

Mais enfin, si je refuse?...

Vous ne le pourriez pas.

HORACE, a. « on effroi o-«nlqn*.

O mon Dieu !... vous avez donc des armes bien redoutables?...

FRANTZIA, mariant.

Peut-être 1

HORACE

Un protecteur puissant?...

FRANTZIA. d'un ton grava.

Peut-êlret...

IIORACE.

Un père terrible... sans doute?

FRANTZIA.

Je snis orpheline.

HORACE

C’est vrai, je l'oubliais... Un frère, alors?

FRANTZIA.

Je n’ai aucun parent.

El vous dites que je vous épouserai, fût-ce malgré moimême?

FRANTZIA.

Oui, malgré vous-même.

HORACE

Mais il y a là un grand mystère qui m'intrigue beaucoup.

FRANTZIA, (ttiiant A droit».

Je vous le dévoilerai quanti vous voudrez.

HORACE

Quand je voudrai... même, si je le veux, ce soir?...

FRANTZIA, *prè* an altaice.

Oui.

IIùRaCE, WvrmeaT.

Vous consentirez donc à me recevoir?...

FRANTZIA-

Pourquoi pas... un fiancé?

HORACE, ttra-irocm.

Un fiancé... éternel... vous savez?...

FRANTZIA.

Rien n’est éternel, monsieur le comte.

(Ella lui fait U révérence et t'éloigne.)

Au revoir!

FRANTZIA.

Au revoir!

(EU- disparaît dam l'cscalicr qui conduit h la galerie.)

LKS ORPHELINES DE LA Cil A RITE

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