‹ Les orphelines de la Charité drame en cinq actesChapitre 37 sur 87 · SCÈNE X · texte numérisé non relu

SCÈNE X

HORACE, FREDERIQUE.

HORACE , freinât» la lettre, et à put.

Elle me poursuivra donc toujours !

FRÉULRJQI F, , troc NtenlMiL

Vous ne Usez pas celte lettre ?

HORACE , ircmbld.

Celte lettre?... non... je sais... je devine ce qu'elle renferme.

FRÉDÉRIQUE

Monsieur Horace, je n’ai pas encore le droit de connaître vos secrets.

HORACE

Je n’ai pas de secrets pour vous, Frédérique... Il n'y arien dans celle lettre qui puisse vous intéresser.

frédérique.

Alors, pourquoi avez-vous pâli, quand vous en avez reconnu récriture ?

Moi?...

FRÉDÉRIQUE

Pourquoi avez-vous froissé cette lettre sans l’avoir lue? Pourquoi votre main tremble- t-clle, maintenant ?

HORACE

Frédérique ! je vous jure...

FRÉDÉRIQUE, t rca-in oe.

Oh! ne jurez pas... je ne suis qu'une enfant, et j'ignore encore les choses de la vie; mais ce que je comprends, à la douleur que j’éprouve, c'est qu’il y a là un malheur, c'est que déjà vous n’arex pas confiance en moi, (pleurant) c’est que vous ne m'aimez pas, Horace !

HORACE

Je ne vous aime pas, moi!... moi qui mourrais sans regrets pour racheter une seule des larmes que vous versez !

FRÉDÉRIQUE

Mais ces larmes, vous pouvez les sécher à l’instant, mais vous pouvez d’un mot rendre le calme à mou cœur, (eu* êùi-

g»e la lettre.)

HORACE , avec Aouknr.

C'est impossible.

FRÉDÉRIQUE

Impossible! ah! je disais bien, que vous ne m'aiuiiez pas...

HORACE

Osez dire que cette lettre n’est pas d’une autre femme !

HORACE

D’une autre? Eh bien, oui! Vous disiez vrai, Frédérique, il y a là un malheur...

FRÉDÉRIQUE

Un malheur !

HORACE

Plus qu’un malheur, une foule. Mais avant toute chose, écoutez le serment que je fois : Frédérique, je jure sur le salut de mon aine, sur mon honneur, je jure que je n’aime que vous au monde, que je vous aime plus que ma vie! Depuis le jour ou je vous ai vue pour la première fois, je n’ai pas cessé de vous adorer; une autre a pu me paraître belle...

FRÉDÉRIQUE, avec Jouira.

Et cette femme, vous l’avez aimée ?

HORACE

Non, non, je ne l’ai pas aimée, celte fille étrange, inconnue, qui s’est jetée sur mon passage; je ne l’aipas aimée, elle que ma rude franchise n'a point rebutée. Le lendemain de cette fatale rencontre, le ciel m’envoyait la plus grande joie de ma vie. Je vous retrouvais, Frédérique, pouvais-je encore songer à revoir cette femme? Ce n’était pas l’amour d'un inconnu, c’était l’éclat, la richesse qu'elle avait pu rêver , et en lui écrivant un éternel adieu, je lui envoyai une part de cette fortune, objet de ses désirs; et depuis, j’aurais banni de mon cœur jusqu'à l’ombre d’un souvenir, si !a folie de la veille ne m’était apparue le lendemain comme une faute, comme un remords! Vous savez tout, Frédérique. Et maintenant vous pouvez me condamner ou m’absoudre; prenez cette lettre, (u i* Ni décidez de mon .-ort. {l'rJOerMpM pc*d N lettre ei U decRir*

eu pj»wci detu* lui.) Frédérique, vous me pardonnez donc?

variilKWK.

Monsieur Horace, si j’ai accepié votre main, si je suis heureuse de notre prochain mariage , ce n'est pas seulement parce que ma famille s'est montrée satisfaite de l'éclat de votre rang, de votre noin. Ce nom, je le sais depuis deux ans, depuis le jour où je l’ai lu dans votre alhum, au lias de mon portrait. Depuis deux ans par mon frère, qui ignore ce qui se passe en moi, mais dont l'amitié vous exaltait dans ses lettres, je connais la droiture de votre caractère, l'élévation de votre esprit, la noblesse de votre 4me. Depuis deux ans... je suis avec vous par la pensée, par le cutur. Depuis deux ans, je vous aime.

.Uorace tombe à it» pieds.)

HORACE

Vous m'aimez depuis deux ans ?

FRt'DEJUQlX.

Vous voyez bien, monsieur, qu'il faut que je vous pardonne , et que, sans cela, ce n’est pas vous seul que je punirais.

HORACE

Frédérique î Frédérique!

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