LES 0RMEL1NES DE LA CHARITÉ
PAVILLON
Ah bah!...
CLAIRE
Si depuis deux ans, qu'ils se sont rencontré en Suisse, Horace était devenu l'unique pensée de mou enfant, l’espérance de ses jeunes années, le bonheur de toute sa vie? Croiriez-vous encore avoir tout réparé in assurant sa fuite h lui, et ne comprendriez-vous pas que son bannissement éternel, c'est la condamnation de Frédérique?...
VA» DKLUFllG.
Grand Dieu!...
CLAIRE, a*ec d^attfolr.
Oui... oui... vous l'aurez sauvé, lui!... mais vous aurez tué ma tille...
VAN DELBERG.
Non, non, madame; Dieu m’éclaire par votre voix et me dicte mon devoir... Je suis homme et j'ai dû sauvai* monsieur d'Albaret, je suis père et je sauverai ma Hile.
• CLAIRE
Comment ?...
VAN DELBERG.
Je suis le premier magistrat de celte ville; mais dans trois mois, mon mandat s'achève, dans trois mois, j’aurai payé ma dette à la Hollande.
CLAIRE
Que dites- vous?
VAN ULLUERG.
Je dis que ce pays a mille citoyens dignes de me remplacer, mais que Dieu ne m'a donné qu’une fille, à moi; je dis que les honneurs , la gloire, la popularité ne sont rien auprès d'une larme de mon enfant; je dis enfin que je pourrai bien pleurer ma patrie absente, mais je ne veux pas pleurer sur la tombe de ma fille.
CLAIRE
Ah ! je vous ai compris, mon ami. .. et je vous bénis du fond de mou Aiue...
PAVILLON, plcor»M.
Moi, je ne comprends pas, mais je le bénis tout de môme.
VAN DELiiERG.
Monsieur d'Albaret partira tout à l'heure, et dans trois mois nous lui amènerons sa (lancée.
TAVILLON, au foo.i .
Ah ! je comprends : ils se marieront en France.
Ainsi, mon ami, vos titres, vos honneurs et ce poste élevé que vous occupez si noblement, vous sacrifierez tout sans regret.
VAN DELBRRC.
Ces titres, ces honneurs, ces richesses, ce n’est pas pour moi , Claire, que je les ai ambitionnés; vous étiez jeune et belle, et j’ai voulu vous entourer d’éclat; vous aviez l'Ame noble et Gère, et j’ai voulu être le premier de ce pays; pour tout cela vous m’avez donné vingt années de bonheur.
CLAIRE, IremLtuU).
C'est pour moi... pour moi! (a p »«.) Oh! mon Dieu! mon Dieu!
VAN DELUfcRG.
Aujourd’hui il faut sauver notre enfant, et ce que j'ai acquis pour vous, je le sacrifie pour elle; votre bonheur, le sten, c’est toute la joie de ma vie, et je n'ai pas de mérite à vouloir être heureux.
CLAIRE
Ah! vous êtes le plus noble, le plus généreux des hommes.
VAN DF.LBKIIG.
Venez! venez annoncer à Frédérique la détermination que j’ai prise.
CUIRE
C'est la vie que vous allez lui rendre!
(Ha «orient par U droite.)
PAVILLON, lef ukiot.
C’est ça!... et moi je vas préparer la barque.
(U va pour sortir au fond, & gauche, cl rencontre Wilfrid. )