SCÈNE III
ADELE, NICOLAS.
NICOLAS
Ah çà! dites donc, ma future belle-sœur, est-ce que dans nos dernières conversations, Anna n'a pas encore parlé de...
(Pa*l*mim« da*« Uqucll* il cipri*i I* mri>|«, ft qu’il ««rail* en frtdontuni l’air 4a : Allei-iaiti-en g*n* d« la *oc«.)
ADfiLB.
Je ne comprends pas... que voulez- vous dire?
NICOLAS
Eb bien ! de fixer l'époque de notre hyraénée?..
ADfiLB.
Non ! d'ailleurs M. Bcrtou la trouve encore si faible !
" NICOLAS
Laissez donc ! ces médecins ça se trompe si souvent ù force de savoir laiil de choses ! Anna est un peu fort enrhumée, voilà tout ; mais, le bonheur que je lui donnerai achèvera de la guérir. L’est que je me forme, voyez-vous, moi, pour que tout en moi soit digne d’elle, comme l’est mon cœur! Je travaille, je m'instruis, je me bats avec mes mauvaises habitudes, et, une à une, je vous les fiche par terre. Je siii> compositeur, je gagne de bonnes journées, on parle de me faire proie...
A OKI. K, V eUr-nOmovn n-gsnlant »-• d«b*r*.
Rien encore I Que veut donc dire cette absence?
NICOLAS, I» *urpr*nMi.
Ah! ahl nous regardons m lever le soleil, hein, par là, larifla! — Ce soleil-là ne se lèvera peut-être pas aujourd'hui!
ADELE, ItUxblàr,
Hein !.. comment !.. que voiiUz-vous dire?
NICOLAS
Je veux dire que j'ignore bien des choses, mais que je sais tout t
ADÈLE
Et que savez-vous donc?
NICOLAS
Que vous avez escamoté le cœur du beau ténébreux d'en face l Je dis le beau ténébreux parce qu’il ne se laisse jamais admirer, sa jalousie étant baissée à toute heure...
ADfiLB.
Ah!., mais... vous connaissez donc ce jeune homme?
NICOLAS
Bu loull mais eu fait de jalousie, le tigre nommé Othello n'était qu’un canard auprès de moi! Donc, dès que j 'ai eu entrevu par là (u ■Min n r»*d.) deux yeux clichés par ici les trois quarts du temps, l'ai voulu savoir à qui cos yeux-là avaient le front d'appartenir cl qui ils voulaieut incendier.
ADELE.
Et c'était ?...
NICOLAS
C'était vous.
ADÈLE, art* «motUa.
Ah !.. Mais qui a pu vous dire?
NICOLAS
Le portier, un être impitoyable que j'ai séduit, perverti, corrompu! Ebl mou Dicut il ne s’agit que de semer l'or à pleines mains... et une subvention dorée de vingt sous!
ADfiLB.
Et il vous a appris?
NICOLAS
Que le ténébreux s’appelle Aubin, qu’il le croit poêle OU rentier... comme si on pouvait s'y méprendre, larifla : — Enfin, qu’en faisant la chambre du ténébreux, ledit portier a trouvé un portrait qui ressemble à mademoiselle Adèle.
ADELE.
Mon portrait I
NICOLAS
Vous aurez été croquée de loin ; ne vous gênez pas, Monsieur, bon appétit I
ADfiLB.
Ce portier peut avoir mal vu?..
Lui! Oh I que non! il est borgne d'un oeil et U louche de l'autre, mais il est portier des deux yeux, et il y voit plutôt trop que pas assez! C’est comme, tenez, un portier qui serait sourd, n’est-cc pas?., une fois portier.il entendrait très-bien !.. et même une portière qui serait muette, en peu de temps elle bavarderait comme quarante perroquets!.. Si bieu quai ors, suivez mon idée, j’ai envie de faire une pétition au gouvernement ; et je lui dirai : Messieurs, voulez-vous guérir les aveugles, les sourds et les muets, faites-en des portiers, larifla!
ADfiLB.
Vous avez de grandes idées, vous, Nicolas ! Quant à ce que vous venez de me révéler, mon ami , pas la moindre indiscrétion, je vous en prie... Allons, je descends faire quelques petites emplettes.
NICOLAS
Allez, allez, si ma future s’éveille, je serai là.
ADÈLE
Air do la Filleule des Fées.
Pour un iuitant je vous laisse.
Restes, veilles sur sou sommeil.
NICOLAS
* En la r'gardanl plein d’ivresse.
Je vais attendre son réveil.
ADÈLE
Veillez bien, je vous en conjure.
NICOLAS
Allez, je suis uu bon mentor,
El je tais garder ma futur»
Comme un avare son trésor.