‹ Les orphelines de SaintSever comédievaudeville en un acteChapitre 49 sur 87 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

Les mêmes, ANNA, c»«b«e.

ANNA, » paru

Au docteur?..

NICOLAS, prra.ol la main d« ratdune Jnlibsii.

Si?..

MADAME JOLIBOIS

Si lu étais capable d'en vouloir à quelqu’un.

NICOLAS, l'aircj-uit à tvU iTeLI*.

Madame Jolibois, vous ne dites pas tout, cl il faut tout dire! Parlez! vous en serez récompensée. Je vous trouverai uti mari, oui; je ferai faire de* affiches pour ça dans mon imprimerie, mais parlez. Il y a un secret, n’cst-ce pas?

MADAME JOLIBOIS

Eh bien, oui, il y a un secret qui m’étouffe, qui trouble mes repas.

NICOLAS

Faut que ça soit grave! Et ce secret... j’ai bonne mémoire, moi. — Parions que vous l’avez surpris le jour où M. Daniel est venu pour la première fois clics les deux sœurs à Paris... Le père et le (ils se croyaient seuls et vous les écoutiez cachée dans l’alcôve, est-ce ça, voyons?

MADAMR JOLIBOIS.

C'est ça, Nicolas, et ça va me soulager de tout votu'ifire. Laquelle des deux sœurs aimes-tu, demanda le père?

NICOLAS. i«p»tiem.

Et le fils répondit?

MADAMB JOLIBOIS.

Adèle!

ANNA, Jwoffmt bu cri.

Ah!

MADAME JOLIBOIS

Ça vous fait soupirer de satisfaction, ça, hein, Nicolas?

NICOLAS

Je ne soupire pas ! Je ne suis pas étonné pon plus que M. Daniel aimât Adèle, je le savais : un agent à moi avait vu le portrait d’Adèle chez lui. Mais continuez donc, larifla !

MADAME JOLIBOIS

Pour lors, le père dit au fils : Anna t’aime et se croit aimée par loi ; elle est en danger de mourir à la fin de l’automne, prolonge sa vie en lui laissant son erreur; si elle se croit aimée, elle traversera l'hiver en souriant et au printemps elle est sauvée ; alors, je désabuse Anna et je le rends ta libellé!

NICOLAS

Et Daniel a accepté! pauvre brave M. Daniel! (R«<nrhma»t.) Pauvre Adèle aussi! — Mais il pnruil cependant qu’il va épouser Anna et que les papiers seuls retardent le mariage?

MADAME JOLIBOIS

Oui ! mais qui est-ce qui retarde les papiers? — Voilà tout le mystère, mon garçon.— Souvent le courage de Daniel faiblit, mais le docteur le relève... Il avait dit jusqu’au printemps, nous y sommes, et Anna est guérie; mais il n a pas encore osé lui dire la vérité, c’est donc qu’il craint une rechute... et Daniel couflrc, il est jaloux de M. Raoul, et tout prêt, j’en ai peur, à faire quelque imprudence fatale à Anna... Et dame! tout peut éclater d’un moment à l’autre... demain, aujourd’hui!

NICOLAS

Quelle histoire! mon Dieu! Mu pauvre Anna ! qu’éprouverat-elle? Que se passera-t-il dans son cœur au moun-nl où on lui apprendra ce que vous venez de m’apprendre? C’est alors qu’il y a tout à craindre... (au» fer», u p»r». — joi.bo...

W*M — lin pmil et remporte U ublp.)

NICOLAS, preornt ton chapeau et te dUpMtatt sortir.

A bientôt, madame Jolibois!

MADAME JOLIBOIS

Nicolas, où vas-tu?

NICOLAS

Trouver M. Daniel.

MADAMI JOLIBOIS.

Pourquoi?., pour le menacer? le provoquer?

NICOLAS

Le provoquer! Ah! bien oui! l’embrasser bien plutôt! lui dire : Vous avez fait semblant d’aimer Anna, aimrz-fa tout à fait, je vous le permets, je vous en prie! Ça ne doit pas être difficile d’ailleurs, un ange pareil! Adèle aussi vous en priera * Sacrifiez-vous! Je me sacrifie bien, moi, qui aime Anna, qui

LES ORPHELINES DE SAINT-SEVER

l'adore! El je vous aimerai, je vous adorerai, vous ! car vous l'aurez vraiment sauvéel Nous tommes au printemps, et elle vil encore, aimez -la cl ce sera toule sa vie le printemps I — Voilà ce que je vais lui dire.

ANNA, MIUM de U chambra où elle «lit *.

Bonjour. Nicolas! EU bien qu’avez-vous donc?., on dirait que vous pleurez !

NICOLAS

Moil c’est que j’ai.. .j'ai mal aux dents, voilà!

HADAMB JOLIBOIS, k per».

Tiens t moi aussi !

ANNA

Mais embrassez -moi doncl

NICOLAS

De tout mon cœur! ciel de Dieu! (a p»n.) Est-elle gentille!

ANNA, le f<-p»rd»m n<« «MtiM.

Nicolas, mon aini, mon frère!.. J'ai trompé vos espérances, mais je n’ai pas reste de penser à vous, de vous aimer, de vous estimer du fond de mou âme ; et vous pouvez me croire, mon ami, si je n’avais pas connu Daniel, vous êtes le seul homme que l'eusse choisi avec joie pour epoux... Voua me croyez, Nicolas?

NICOLAS

Je vous crois, ma bonne et bion-aimée petite sœur... mais vous me rappelez que, j'ai a le voir, votre Daniel, et je vais à lui ri vous le permettez.

ANNA

Allez! s'il n’est pas sorti encore, dites-lui que je l'attends ici, voulez-vous?

NICOLAS

Oui ! ouil et je vous reverrai aussi, moi! à bientôt! (n»®«

p»r le fend.)

MADAME JOLinOIS,

Moi, je vais voir le docteur et lui avouer que j’ai tout avoué !

(Elit >«ti par U fond.)

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