SCÈNE
Les mêmes, CLAMPIN.
MIETTE
Et ça va bien, Clampin?
CLAMPIN
Pas mal, madame Bemouillet... sauf que je viens de faire quatre lieues à cheval... et quand on en n pas l’habitude...
MIETTE
Faut t’asseoir...
CLAMPIN
Non... au contraire... je... Droit*.) Oh! marne Bo-
livar... faites excuse , marne Bolivar... je voua avais pas aperçue... ça va bien, marne Bolivar?..
DENISE
Je vous remercie, monsieur Clampin.
CLAMPIN
El M. Bolivar?., il va bien, M. Bolivar?..
DENI8E
Je vous remercie, monsieur Clampin.
CLAMPIN , k port.
Elle ne me regarde seulement pas...
MIETTE
Eh ben!., cs-lu content de ta place?., te v’ià dans les honneurs... on va plus oser te parler...
CLAMPIN
Oh! je suis pas fier... on peut oser... certainement la place est belle... trois cents francs par an... et un cheval à nourrir... c’est superbe... l'ambition est satisfaite, je ne dis pas... c’est superbe... mais c'est égal... c'est joliment dur de quitter son lieu de naissance... ceux et celles qu'on aimait...
MIETTE
Pauvre garçon!
CLAMPIN
On n’a pas vécu vingt ans dans un village sans avoir des attaches... et quand il faut laisser tout ça...
MIETTE
Eh ben... on revient... on les revoit... et ça fait plaisir...
CLAMPIN
Oht oui que ça fait plaisir!.. (U mpin irèo-foct.)
MIETTE, k part.
Bon!., le v’Ià qu'y recommence à souffler... (Prwaaai le pon«noBteao d« ciam F ia. — lu*!.) Donne-moi toulça... je vas le porter dans la chambre, (eu* «tr« à droite.)
CLAMPIN , à luLoatna.
Nousv’là seuls. (Haut.) Denise?..
DENISE
Monsieur Clampin?..
CLAMPIN
Si vous saviez combien je souffre!..
DENISE
Dame!., quatre lieues à cheval!..
CLAMPIN
Vous vous méprenez sur le siège de mes souffrances... c'est le cœur...
DENISE, avec dépit.
Ah ! oui, je sais... parait que vous êtes amoureux...
CUMPIN.
Oh! joliment... allez... J’en rêve le jour, la nuit... à pied, à cheval...
DENISE, à part.
Eh ben! c’est gentil... c’cst à moi qu’y dit ça... (na«i.) Vous pouvez ben être amoureux tant que vous voudrez...
M. ET MADAME IUGOLO.
ttUBW.
Ça ne vms fait rien?..
btnin.
Une voulez-vous que ça me fisse?., maintenant que je suis
mariée.. ,
clam ris.
C'est juste !
Duras.
Autrefois, je ne dis pas... pan:*- que quand on est encore garçon... mais maintenant que je ne le suis plus... (Mxtie rentre.)
Mil. TT K , » CUmpi®.
Là... maintenant, si tu veut déjeuner?..
CLAMPIN
Mem, manie BcrnouitluL . mais j'ai pas faim... j'ai comme une barre...
MIETTE, k part.
Pauv’ bonhomme! l'émotion lui coupe l'appétit, (Haut.) Hé ben ! attends un peu... lu déjeunera.-. avec Bernouiilel... et le* autres... quand y reviendront.
CLAMPIN
Ab! Beruouillet est sorti...
MIETTE
Il est allé A l'incendie de la ferme de la Palud... ctjutrifi.
Alors, il sa arriver... le feu est éteint depuis longtemps.
von en dtbort.
Vive Bcrnouillel!
aiem.
Quel est ce bruit t
DENISE, qui «1 allée à U fenêtre.
C'est Beraouillet qu'on ramène en triomphe... tout le village l'accompagne.
SCftNE lit.
Us mêmes, BERNOUILLBT , BOLIVAR, patsar»,
PAT9AMUBI.
GBEUR.
Air.
Par «on «ang- froid -I «otl courage,
• Il obtint un «orcès complet !..
C'e»t la gloire de ont’ village,
Honneur, honneur A Itemouilletl Vive, vive Bcn-millot !..
srtsoDiurr.
Air.
Ah ah! ah! vh! «'est fini!
Ab ! ah ! ah ! mai*, !
Que j’ai ri ! (bit.)
Que j'ai donc ri!
Qur j'ai donc ri! (ter.)
C'c»! bîr, *ur mou Ame,
D' »".uiiu««*r autant:
Figui'-toi, ma femme.
Si c’étaU plaisant :
Un feu formidable...
(.a grau#’ qui tu Alnit,
Ft pui», dan* l’étlilc,
Tout ça qui bcusl II!
Un la» d* ptuvret b>He*,
Lee An’», le» rlrmii,
Qui faiMieut de* tète*!..
Fallait voir lac veaux...
Ala! ah! ah ! ah! cV*t fioil... «te.
ENSEMBLE
Ah! ah! ah! ah! c*e»t fini!
Ahf ali! ah! ah' vvprîiti'
Qu'il .1 ri! (bf*.)
Qu'il a donc ri!
Qi'il a dote ri ! {ter.)
MIETTE
Veux-tu bien ne jias rire .. tous- mur...
BMIXOl ILLE I , n «al.
Ah!., j'peux lien... Ce?! assez farce... (Apewmat cumpia.) Tiens, clam pin... ça va bien, loi?..
Tout de même...
brrnoiullkt.
Moi, itou... sauf que j’ m’ai brûlé les cheveux ., j’aans le roussi, (a Mlrltc en riul.) Sens dvUC ! . .
MIETTE, lai tiraal le» dwm.
Bétâ ! •
NPRNOUILUiT. riant
Ali! ah! ah! J' l’ydis que j’ sens le roussi, et ell' m’ tire les •aavaux... (oo m.)
•OUVAR.
Oui , mais ce qu'il ne vous dit pas, c'est aue c’est en sauvait la Thérèse qu'il s'est brûle!... I Am pijmi.j N'est-ce pas, uies amis.
les paysans.
Oui... oui...
MIETTE
T’as sauvé la Thérèse?
nouai.
La vieille vachère?..
BF.RNODii.’.KT.
Elle était dans l'étable avec !«>*» veaux. . Elle beuglait aussi, (u H*.i J’ l'ai flanquée sur mes épaules. . et je Tons emportée... seulement j* m'ai roussi...
•OUVAR.
Tu m’fe rappelé Entre, /«rus Ænetu sauvant son perc an siège de Troie...
BENNol ILLRT.
Ah! je l'oos point vu... j'y étions pas...
MIETTE
Oh !.. c’est gentil c’que t’as fait là... Embrasse-moi pour ça...
BERNOCILLKT.
J' voulons ben... ht IW*.*** eu riaat.)
Mll-TTS.
Mais te ris donc pas, quand lu m'embrasse».
DENISE
Embraaaei-uioi aussi, monsieur bcrmruillul...
iumoiuet.
Y a pas de refus. .
BOLIVAR, aut paytaa*.
Mes amc», Bernoiullel a bien uienlé du village; que sa conduite d'aujourd'hui vous serve d'exemple. . . imitez-le... rodoublez de courage, comme disaient les ancien-., maeteanhno... BUMOVILLST.
Bon !.. v' là qu’il leur flanque dt-s sottises en latin...
BOI.IVAR.
Vive Bernouillct I