‹ Les orphelines de SaintSever comédievaudeville en un acteChapitre 61 sur 87 · SCÈNE · texte numérisé non relu

SCÈNE

Les mêmes, CLAMPIN.

MIETTE

Et ça va bien, Clampin?

CLAMPIN

Pas mal, madame Bemouillet... sauf que je viens de faire quatre lieues à cheval... et quand on en n pas l’habitude...

MIETTE

Faut t’asseoir...

CLAMPIN

Non... au contraire... je... Droit*.) Oh! marne Bo-

livar... faites excuse , marne Bolivar... je voua avais pas aperçue... ça va bien, marne Bolivar?..

DENISE

Je vous remercie, monsieur Clampin.

CLAMPIN

El M. Bolivar?., il va bien, M. Bolivar?..

DENI8E

Je vous remercie, monsieur Clampin.

CLAMPIN , k port.

Elle ne me regarde seulement pas...

MIETTE

Eh ben!., cs-lu content de ta place?., te v’ià dans les honneurs... on va plus oser te parler...

CLAMPIN

Oh! je suis pas fier... on peut oser... certainement la place est belle... trois cents francs par an... et un cheval à nourrir... c’est superbe... l'ambition est satisfaite, je ne dis pas... c’est superbe... mais c'est égal... c'est joliment dur de quitter son lieu de naissance... ceux et celles qu'on aimait...

MIETTE

Pauvre garçon!

CLAMPIN

On n’a pas vécu vingt ans dans un village sans avoir des attaches... et quand il faut laisser tout ça...

MIETTE

Eh ben... on revient... on les revoit... et ça fait plaisir...

CLAMPIN

Oht oui que ça fait plaisir!.. (U mpin irèo-foct.)

MIETTE, k part.

Bon!., le v’Ià qu'y recommence à souffler... (Prwaaai le pon«noBteao d« ciam F ia. — lu*!.) Donne-moi toulça... je vas le porter dans la chambre, (eu* «tr« à droite.)

CLAMPIN , à luLoatna.

Nousv’là seuls. (Haut.) Denise?..

DENISE

Monsieur Clampin?..

CLAMPIN

Si vous saviez combien je souffre!..

DENISE

Dame!., quatre lieues à cheval!..

CLAMPIN

Vous vous méprenez sur le siège de mes souffrances... c'est le cœur...

DENISE, avec dépit.

Ah ! oui, je sais... parait que vous êtes amoureux...

CUMPIN.

Oh! joliment... allez... J’en rêve le jour, la nuit... à pied, à cheval...

DENISE, à part.

Eh ben! c’est gentil... c’cst à moi qu’y dit ça... (na«i.) Vous pouvez ben être amoureux tant que vous voudrez...

M. ET MADAME IUGOLO.

ttUBW.

Ça ne vms fait rien?..

btnin.

Une voulez-vous que ça me fisse?., maintenant que je suis

mariée.. ,

clam ris.

C'est juste !

Duras.

Autrefois, je ne dis pas... pan:*- que quand on est encore garçon... mais maintenant que je ne le suis plus... (Mxtie rentre.)

Mil. TT K , » CUmpi®.

Là... maintenant, si tu veut déjeuner?..

CLAMPIN

Mem, manie BcrnouitluL . mais j'ai pas faim... j'ai comme une barre...

MIETTE, k part.

Pauv’ bonhomme! l'émotion lui coupe l'appétit, (Haut.) Hé ben ! attends un peu... lu déjeunera.-. avec Bernouiilel... et le* autres... quand y reviendront.

CLAMPIN

Ab! Beruouillet est sorti...

MIETTE

Il est allé A l'incendie de la ferme de la Palud... ctjutrifi.

Alors, il sa arriver... le feu est éteint depuis longtemps.

von en dtbort.

Vive Bcrnouillel!

aiem.

Quel est ce bruit t

DENISE, qui «1 allée à U fenêtre.

C'est Beraouillet qu'on ramène en triomphe... tout le village l'accompagne.

SCftNE lit.

Us mêmes, BERNOUILLBT , BOLIVAR, patsar»,

PAT9AMUBI.

GBEUR.

Air.

Par «on «ang- froid -I «otl courage,

• Il obtint un «orcès complet !..

C'e»t la gloire de ont’ village,

Honneur, honneur A Itemouilletl Vive, vive Bcn-millot !..

srtsoDiurr.

Air.

Ah ah! ah! vh! «'est fini!

Ab ! ah ! ah ! mai*, !

Que j’ai ri ! (bit.)

Que j'ai donc ri!

Qur j'ai donc ri! (ter.)

C'c»! bîr, *ur mou Ame,

D' »".uiiu««*r autant:

Figui'-toi, ma femme.

Si c’étaU plaisant :

Un feu formidable...

(.a grau#’ qui tu Alnit,

Ft pui», dan* l’étlilc,

Tout ça qui bcusl II!

Un la» d* ptuvret b>He*,

Lee An’», le» rlrmii,

Qui faiMieut de* tète*!..

Fallait voir lac veaux...

Ala! ah! ah ! ah! cV*t fioil... «te.

ENSEMBLE

Ah! ah! ah! ah! c*e»t fini!

Ahf ali! ah! ah' vvprîiti'

Qu'il .1 ri! (bf*.)

Qu'il a donc ri!

Qi'il a dote ri ! {ter.)

MIETTE

Veux-tu bien ne jias rire .. tous- mur...

BMIXOl ILLE I , n «al.

Ah!., j'peux lien... Ce?! assez farce... (Apewmat cumpia.) Tiens, clam pin... ça va bien, loi?..

Tout de même...

brrnoiullkt.

Moi, itou... sauf que j’ m’ai brûlé les cheveux ., j’aans le roussi, (a Mlrltc en riul.) Sens dvUC ! . .

MIETTE, lai tiraal le» dwm.

Bétâ ! •

NPRNOUILUiT. riant

Ali! ah! ah! J' l’ydis que j’ sens le roussi, et ell' m’ tire les •aavaux... (oo m.)

•OUVAR.

Oui , mais ce qu'il ne vous dit pas, c'est aue c’est en sauvait la Thérèse qu'il s'est brûle!... I Am pijmi.j N'est-ce pas, uies amis.

les paysans.

Oui... oui...

MIETTE

T’as sauvé la Thérèse?

nouai.

La vieille vachère?..

BF.RNODii.’.KT.

Elle était dans l'étable avec !«>*» veaux. . Elle beuglait aussi, (u H*.i J’ l'ai flanquée sur mes épaules. . et je Tons emportée... seulement j* m'ai roussi...

•OUVAR.

Tu m’fe rappelé Entre, /«rus Ænetu sauvant son perc an siège de Troie...

BENNol ILLRT.

Ah! je l'oos point vu... j'y étions pas...

MIETTE

Oh !.. c’est gentil c’que t’as fait là... Embrasse-moi pour ça...

BERNOCILLKT.

J' voulons ben... ht IW*.*** eu riaat.)

Mll-TTS.

Mais te ris donc pas, quand lu m'embrasse».

DENISE

Embraaaei-uioi aussi, monsieur bcrmruillul...

iumoiuet.

Y a pas de refus. .

BOLIVAR, aut paytaa*.

Mes amc», Bernoiullel a bien uienlé du village; que sa conduite d'aujourd'hui vous serve d'exemple. . . imitez-le... rodoublez de courage, comme disaient les ancien-., maeteanhno... BUMOVILLST.

Bon !.. v' là qu’il leur flanque dt-s sottises en latin...

BOI.IVAR.

Vive Bernouillct I

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