METHODE DE GORDON
Les plaques extrêmes A et E communiquent avec le pôle opposé de la pile, au potentiel V2 et en même temps avec la deuxième paire de quadrants.
Enfin, B et D communiquent avec l'aig-uille et sont à un potentiel V. La déviation de l'aiguille est proportionnelle à :
(V,-V,)(v-^^^^^tli)-
Si B et D sont situées exactement au milieu des intervalles des autres plaques, on a par symétrie :
et la déviation est nulle.
Introduisons une lame isolante entre D et E par exemple : une déviation se produira ; on peut alors éloigner le plateau E au moyen d'une vis micrométrique jusqu'à ce que l'aiguille revienne au 0 : c'est que la capacité du condensateur formé par DE est redevemie ce qu'elle était, ce qui permet de calculer la constante diélectrique de la lame.
On peut placer une deuxième lame entre A et B et comparer de la même façon sa constante diélectrique à celle de la première lame.
Cette méthode peut être modifiée de différentes façons :
l** On peut faire varier la durée de la charge et étudier l'influence de cette durée sur la valeur de la constante diélectrique ;
2° On peut comparer les capacités de deux condensateurs en faisant communiquer deux armatures avec un pôle d'une pile dont l'autre pôle est au sol, et chacune des autres arma-
tures avec une des paires de quadrants d'un électromètre dont l'aiguille est au sol [flg. 73).
Lorsque les capacités sont égales, il n'y a pas de déviation, et ces capacités peuvent être changées par l'introduction de lames isolantes entre les armatures ou en faisant varier la distance de ces armatures.
M. Lécher a employé cette méthode pour en comparer les résultats avec ceux qu'il avait déduits des expériences que nous avons décrites plus haut.
Fio. 73.
143. Méthode de l'attraction ('). — Deux petites sphères sont mises en communication avec les extrémités d'une pile dont l'élément central est au sol. Leurs potentiels sont + V et — V. Soit r la valeur commune des rayons des deux sphères. Les charges des deux sphères supposées placées dans l'air sont :
-fVr et — W,
et l'attraction qui s'exerce entre elles est mesurée par :
p désignant la distance des centres.
Si on les plonge dans un diélectrique de constante diélec-
1 Gouv, C. «., t. CVI, p. :;40(1888).
MÉTHODE "DE l'ÉLECTROMÈTRE DIFFERENTIEL 297 trique e, l'attraction devient :
expression qui permet de calculer e.
144. Méthode de lélectromètre différentiel. — Soient deux électromètres à quadrants plongés l'un dans l'air, l'autre dans le diélectrique à étudier ; on peut les mettre en communication avec les pôles d'une pile de façon à ce qu'ils soient en opposition : par exemple, s'ils commandent la déviation d'une même aiguille, l'un tendra à la faire dévier à droite, l'autre à gauche ; on s'arrangera de façon à réaliser l'équilibre et à pouvoir déduire de là la constante diélectrique.
FiG. 74.
Les dispositions ont été variées de plusieurs manières : 1° Thomson se sert de deux condensateurs dont les armatures supérieures sont suspendues aux extrémités du fléau d'une balance. L'un d'eux, AB,A'B', est plongé dans un diélectrique liquide [fig. 74), l'autre dans l'air. Les armatures
inférieures sont mises en communication avec un des pôles d'une pile, et les armatures supérieures avec l'autre pôle. Si les capacités des deux condensateurs sont égales, l'équilibre est établi.
On peut le réaliser en faisant varier la distance des arma tures d'un des condensateurs et déduire de cette distance la constante diélectrique de l'isolant.
2° On a aussi employé un électromètre à quadrants dont les deux plateaux sont situés à une certaine distance l'un de l'autre [Jlg. 75). Il y a deux aiguilles, chacune d'elles étant près d'un des plateaux : les deux aiguilles sont soudées à un même axe vertical. I.e système inférieur est plongé dans un diélectricpie liquide et l'autre est dans l'air ; on établit les communications avec les deux pôles d'une pile de façon que les deux aiguilles tendent à faire tourner l'axe en deux directions opposées : on peut faire varier la distance de chaque aiguille aux quadrants correspondants.
•M. Pérot a utilisé cette méthode pour étudier les variations de la valeur de s avec la durée de la charge. Si e était constant, l'équilibre une fois établi devrait subsister quand on fait varier la durée de la charge : or on observait, au contraire, une déviation de l'aiguille.
FiG. 73.