‹ Les oscillations âelectriques. Leðons professâees pendant le premier trimestre 1892-1893Chapitre 70 sur 124 · INFLUENCE DE LA. DIFFUSION · texte numérisé non relu

INFLUENCE DE LA. DIFFUSION

lier ici une théorie complète du pliénomène et je me contenterai d'un aperçu. Tout doit, en somme, se passer comme si une partie de l'électricité se mouvait avec la vitesse même de la lumière, pendant que le reste suivrait avec une vitesse moindre et d'ailleurs variable. Nous aurions alors une forte tête de colonne s'avançant avec une vitesse de 300 000 kilomètres, mais en laissant en arrière des traînards qui s'éparpilleraient sur la route.

La méthode de M. Fizeau mesure non pas la vitesse maximum, c'est-à-dire celle delà tête de colonne, mais la vitesse moyenne qui doit être notablement moindre. C'est ce qui explique pourquoi la vitesse observée est très inférieure à 300 000 kilomètres.

La vitesse moyenne dans le fer est moindre que dans le cuivre pour deux raisons : 1" parce que le fer est magnétique, ce qui augmente la self-induction à cause de l'aimantation transversale ; 2° parce que sa résistance spécifique est plus grande que celle du cuivre, ce qui augmente l'influence de la diffusion .

Les expériences de M. Fizeau ne sont donc pas en désaccord avec la théorie.

87 /'. Expériences de Siemens. — Siemens a repris la question, en 1875, à l'aide d'un appareil qui se compose essentiellement d'un cylindre d'acier tournant rapidement et dont la surface est enduite de noir de fumée. Près de cette surface sont placées deux pointes métalliques P et P' ; deux perturbations électriques se produisant simultanément au même point, arrivent la première en P par un chemin très court, la seconde en P' après avoir parcouru une longue ligne.

190 propaptAtion le long d un fil

Deux étincelles éclatent, la première entre la pointe P et le cylindre tournant, la seconde entre la pointe P' et ce même cylindre; chacune d'elles laissent sur la surface du cylindre une trace facilement perceptible.

La distance de ces deux traces permet d'apprécier le temps qui s'est écoulé entre les deux étincelles, c'est-à-dire le temps que la seconde perturbation a mis à parcourir la longue ligne.

Voici comment on obtenait la simultanéité des deux perturbations. On se servait de deux bouteilles de Leyde, dont les armatures extérieures étaient réunies par un fd métallique ; l'armature intérieure de la première bouteille était en communication avec la pointe P, celle de la seconde avec la longue ligne et la pointe P'. Quant au cylindre tournant, il était en communication avec le sol.

Les bouteilles étant chargées, on les déchargeait en touchant le fd qui joint les armatures extérieures. Les électricités des deux armatures intérieures devenaient ainsi libres en même temps et s'écoulaient dans le sol, la première par la pointe P et le cylindre, la seconde par la longue ligne, la pointe P' et le cylindre.

La pointe P donne une trace unique; la pointe P' donne une série de traces se succédant à intervalles plus ou moins réguliers sur une même ligne ; il se produit donc en P' non pas une seule étincelle, mais une série d'étincelles. C'est là l'effet de la diffusion. Il ne faudrait pas croire que cette série d'étincelles est la preuve de l'existence d'un phénomène oscillatoire et l'explication donnée par Siemens paraît préférable.

La première étincelle en échauffant l'air, fraye un chemin

Page 1