‹ Les oscillations électriquesChapitre 2 sur 117 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

2. Les idées de Max-well. — Maxwell, avant de publier son grand et célèbre traité, avait écrit quelques ouvrages dans lesquels on trouve des idées qu'il a répudiées plus tard. Mais, même dans son ouvrage principal, on rencontre plusieurs théories peu conciliables. Hertz considère que le fond même des idées de Maxwell se trouve dans les équations qu'il obtient, et qu'une théorie peut être regardée comme équivalente à celle de Maxwell, pourvu qu'elle conduise aux mêmes équations. Ainsi, la théorie de Helmholtz contient, comme cas particulier, celle de Maxwell, et cependant Maxwell n'aurait pas admis cette interprétation, dans laquelle les actions à distance jouent encore un rôle.

3. Action électrique. — En allant de l'idée de la simple action à distance immédiate à l'action par l'intermédiaire d'un milieu, on peut se placer à plusieurs points de vue {*) :

(') Hkhtz, Vnleri^uchiinçjen ilber Aushreitimg der electrischen Kraft, p. 23 (Leipzig, liarth, 1892); voir aussi Lumière électrique du 21 mai 1892, p. 388.

ACTION FXEGTRIQUE 3

1° Action à distance. — Elle exige la présence des deux corps entre lesquels elle s'exerce ; tant qu'un des corps existe seul, il n'y a pas d'action électrique: c'est le point de vue astronomique de l'attraction réciproque.

2" Point de vice de la théorie du potentiel. — On suppose que, quand un corps électrisé existe seul, il émet déjà la force électrique, qui existe ainsi avant qu'on introduise dans le champ un autre corps électrisé. A ce point de vue, dans l'espace compris entre les deux armatures d'un condensateur s'exerce un phénomène mystérieux produisant le champ.

3° Polarisation du diélectrique. — On suppose les diélectriques formés de cellules qui s'électrisent par influence. Entre les armatures d'un condensateur se trouveraient les cellules électrisées par influence, et les forces seraient dues non seulement aux électricités des deux armatures, mais aussi aux électricités des cellules. C'est le point de départ de la théorie de Poisson.

On peut attribuer aux cellules le rôle principal : alors les forces à distance ne jouent plus qu'un rôle petit, mais on ne peut les supprimer sans supprimer aussi l'action par influence sur les cellules. C'est l'idée de Helmholtz.

4° Suppression de toute action à distance. — C'est l'idée fondamentale de Maxwell. Le champ consiste alors en une certaine polarisation du diélectrique. !Mais le livre de Maxwell ne s'explique pas complètement en partant de là. Hertz explique ainsi ce défaut de clarté :

1° Le mot électricité est employé dans plusieurs sens différents : le sens vulgaire, le sens de fluide incompressible, etc.;

2° Maxwell a publié d'abord une théorie compliquée qu'il a ensuite abandonnée, mais en en laissant subsister des débris. On retrouve le tout mélangé dans son livre classique.

En somme, la conclusion de Hertz est que le texte de Maxwell est obscur, mais que ses équations sont ce qui caractérise sa théorie. Il a donc essayé, en se plaçant au dernier point de vue, celui de Maxwell, de faire une théorie conduisant aux équations de ce dernier, en ne cachant pas que probablement Maxwell .l'aurait répudiée.

C'est cette théorie de Hertz que nous allons exposer.

4. Principes de ïa théorie de Hertz. — Hertz a publié un Mémoire : iSur les équations fondamentales de r électrodynamique pour les corps immobiles {*), et un autre : Sur les équations fondamentales de V éleclrodynamique pour les corps en mouvement (^). Il y aurait à faire des réserves sur cette distinction, car les actions électriques sont mesurées au moyen de petits corps qui sont mis en mouvement et changent ainsi le champ : on peut supposer qu'ils le changent peu.

Les notations de Hertz ne sont pas les mêmes que celles de Maxwell : nous les donnerons toutes deux.

Nous ne suivrons pas tout à fait l'ordre de 'Hertz : Hertz pose ses équations, puis montre qu'elles ne sont en contradiction avec aucun fait ; ici nous partirons des faits expérimentaux connus avant Hertz et, avec quelques hypothèses,

(') llv^RTz, Nachrichten von dei' Kœnigl. Gesellschaft, vciars I8d0, ou Lumière électrique du 19 juillet 1890 et numéros suivants.

('■') Uektz, Wied. Aiiti., t. 41, p. 369 ; ou Lumière électrique du 6 décvuilu'e 1890 et numéro suivant.

Page 1